Pépinière : Vitipep’s, plus proche des viticulteurs

Publié le 10 novembre 2020

Giovanni Varelli, président de la marque Vitipeps et président du Syndicat des pépiniéristes viticoles de Vaucluse, et David Amblevert, président de la Fédération française de la pépinière viticole.

Érigée en 18 mois, la marque Vitipep’s connaît un fort engouement parmi les pépiniéristes français. En 2021, c’est auprès des viticulteurs qu’elle entend se déployer. Et elle veut des adhérents 100% audités et formés, chaque année.

De moins en moins nombreux ces dernières années, les pépiniéristes français craignent qu’un durcissement réglementaire aggrave ce mouvement, décourageant certains professionnels1. Pourtant, ils ont renouvelé leurs parcs de vignes-mères et ont mis en place des contrôles sanitaires exigeants. Cette année, alors qu’ils affrontent des restrictions globales des échanges internationaux de bois et plants de vignes, les pépiniéristes français veulent miser sur leur marque professionnelle Vitipep’s, la renforcer et la diffuser.

« En 2015, nous avons eu la volonté de bâtir un outil collectif, pour valoriser notre savoir-faire français, et nous avons créé Vitipep’s, marque privée indépendante, qui a beaucoup d’écho aujourd’hui » souligne David Amblevert, lors de l’assemblée générale de la Fédération française de la pépinière viticole, le 21 octobre en visioconférence. Fin 2018, la marque est née : c’est un label pour certifier une provenance 100% française. Les parutions dans la presse professionnelle, la participation aux salons Sitevi et Sival, ainsi que l’obtention du prix Sival d’or (dans la catégorie démarche collective) rendent alors Vitipep’s visible.

Première réussite.

« Avec 350 entreprises fédérées par la marque dès la première campagne, c’est un véritable engouement ! » se réjouit Giovanni Varelli, le président de la marque et du Syndicat des pépiniéristes de Vaucluse. « La marque représente 75% de la production française » estime Prune Seroul, chargée de communication. « Les structures adhérentes ont des tailles variées : ce sont aussi bien des pépiniéristes producteurs que des pépiniéristes négociants, et ils couvrent l’ensemble des bassins viticoles » précise Christophe Raucaz, secrétaire général de Vitipep’s.

Mieux : un questionnaire – posé via le Plan national dépérissement du vignoble auprès de 200 techniciens viticoles – révèle que, parmi eux, trois sur quatre connaissent le nom Vitipep’s. C’est une première réussite. Mais en 2021, Vitipep’s veut aller un cran plus loin, en développant la communication de terrain dans chaque bassin de production, afin de se faire connaître auprès des viticulteurs. Pour cela, elle encourage à l’organisation d’événements chez chaque adhérent, avec le soutien de l’association sur le plan logistique. L’occasion, pour chaque pépiniériste, de montrer son savoir-faire et son engagement dans la marque. Et le président national d’encourager : « Que Vitipep’s enfile ses bottes et se retrouve sur les plantiers français ! ».

S’appuyer sur ses piliers.

Pour essaimer, Vitipep’s s’appuie sur deux points forts. Tout d’abord, 100% des adhérents sont audités chaque année, en présentiel puis sur documents déclaratifs l’année suivante, alternativement. « C’est la preuve de la qualité de notre marque » souligne le président.

Autre point clé : la formation annuelle. « Cela répond aux exigences réglementaires en cours de négociation au niveau national » précise Giovanni Varelli. L’Académie du plant a donc été lancée en 2020, en partenariat avec l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), l’Institut de Richemont, en Charentes, et le CIVC, en Champagne. Elle propose deux journées de formation, sur 28 dates cette année, avec une partie consacrée à la reconnaissance des maladies et l’autre à l’ampélographie. Et le programme est évolutif, afin d’assurer une montée en compétences des professionnels. « Nous avons déjà formé tous nos adhérents, dans leur région, cette année » observe Prune Seroul. Et le coût est pris en charge par la marque.

Toutefois, pour la prochaine saison, reste une inquiétude de la filière pépinière sur l'accès à la main-d'œuvre saisonnière. Elle a en effet peu de visibilité sur la possibilité d'entrer sur le territoire des contrats OFII.

Cécile Poulain

(1) Lire notre édition de la semaine dernière, page 3.


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