Moissons de blé dur : la qualité sera satisfaisante

Publié le 26 juillet 2021

Dans certains secteurs épargnés par le gel, la CAPL constate des rendements beaucoup plus élevés que d’habitude. Du côté de Bollène, d’Orange ou en Camargue, la quantité et la qualité des blés récoltés sont très satisfaisantes. (© CAPL)

Très échelonnée cette année, la collecte blé dur touche à sa fin dans le Sud-Est. Le manque de pluviométrie sur le printemps pourrait plus ou moins impacter les rendements selon les secteurs, mais la qualité des récoltes est bel et bien au rendez-vous.

Aujourd’hui, la quasi-totalité des chantiers dans le Sud-Est sont terminés. Mais, cette année, les moissons ont débuté timidement et avec globalement une dizaine de jours de retard en moyenne sur une année ‘normale’. Il faut dire que le printemps sec a beaucoup stressé la végétation. Le mois de mai n’a pas été des plus chauds non plus, et les plantes n’étaient pas en avance. Mais les quelques pluies enregistrées fin avril ont toutefois permis de remplir les grains. En Camargue, secteur le plus précoce dans la région, les moissons ont débuté entre le 15 et le 18 juin. Vers le 20-22 juin, bon nombre de chantiers avaient déjà bien avancé. Dans la plaine du Comtat, tout était quasiment terminé autour du 10 juillet.

Les conditions ont toutefois été très hétérogènes cette année. Les dates de semis et la capacité du sol sur la rétention d’eau ont aussi souvent changé la donne. Le potentiel a été très bon sur les terres qui ont conservé un fond d’humidité. En vallée du Rhône, la sécheresse ressentie sur les sols avec le mistral durant les mois de mars et avril a beaucoup impacté le potentiel de production et les rendements. La basse vallée de la Durance est moins concernée par ce facteur défavorable.

Bonne qualité agronomique et sanitaire

Pour la CAPL, le potentiel de récolte en blé dur qu’il restait sur son territoire au 15 juillet était encore de 40 %. La collecte a démarré autour du 20 juin alors qu’habituellement les orges commencent à être moissonnées autour du 10 juin. Le responsable de marché semences et de l’appui technique sur la collecte, Geoffrey Marchand, constate que celle-ci a été aussi "très échelonnée, en raison de la météo notamment et des petites pluies qui ont dans certains secteurs ralenti et retardé les chantiers".

Les rendements sur blé dur semblent, en revanche jusque-là un peu plus élevés que les autres années. Tout dépend bien entendu des zones de production, sachant que le gel a quand même impacté les cultures cette année. "C’est par exemple le cas sur certaines parcelles du côté d'Apt ou du Thor. Mais sur les autres secteurs, on observe des rendements une fois et demi-supérieurs à ce que l’on enregistre en temps normal", explique le responsable de la CAPL.

Le groupe CAPL peut aussi envisager une campagne commerciale avec sérénité puisque la qualité est aussi un rendez-vous. Et c’est du côté de Bollène, d’Orange et en Camargue que les résultats tant sur la quantité récoltée que sur la qualité des blés est au rendez-vous. "Les blés sont très sains et la teneur en protéines tout à fait dans la norme, entre 12,5 % et 14 %, ce qui correspond aux critères requis de nos marchés", relate Geoffrey Marchand.

Très peu d’eau cette année

Même satisfaction sur la qualité du blé dur collecté cette année dans le Sud-Est pour Alex Cacelli, vice-président du Comité régional des céréales. Ce dernier se veut cependant plus réservé sur le potentiel quantitatif de la campagne. "Qualitativement ce sera intéressant pour les acheteurs, mais ce ne sera pas une grosse récolte en volume." La raison ? La faible pluviométrie durant des périodes clés et l’insuffisante hygrométrie des sols. "Cette année, il n’a pas plu cet automne, il n’a pas plu cet hiver. Il a plu juste à certains moments durant le printemps pour rattraper des situations quelques fois désespérées. Mais durant la montaison, quand les plantes ont eu le plus besoin d’engrais et d’eau, sur les mois de mars et avril, elles se sont mises en ‘mode économique’ par ce qu’elles souffraient du sec", explique Alex Cacelli. Et le problème est récurrent. La région subit davantage d’aléas climatiques, de stress hydrique et thermique ces dix dernières années. Il est difficile d’obtenir des rendements élevés et stables. Mais le blé dur n’est pas le seul à être pénalisé. "Les cultures de printemps ont aussi souffert cette année en raison des sols sont trop secs", ajoute vice-président du Comité régional des céréales.

Au niveau national, après quatre années de repli, la production de blé dur affiche une nette progression cette année. 1,6 Mt de grains serait moissonné durant l’été, soit 300 000 tonnes de plus que l’an passé (+24,5 %). Mais cette production reste inférieure de 4,5 % à la moyenne des cinq dernières années (2016-2020) et de 500 000 tonnes par rapport à la récolte de 2017-2018. Cette hausse de la production est permise par un regain d’intérêt pour cette culture (288 000 ha ; +32 000 ha sur un an) et une hausse des rendements (56,4 q/ha ; +4,4 q/ha sur un an). Comme la consommation française de blé dur resterait quasiment inchangée (550 000 tonnes), 1,1 Mt de grains serait ainsi exportée au sein de l’Union européenne (850 000 t) et vers les pays tiers (250 000 t). Il y a cinq ans, 1,7 Mt de grains avait été vendu car la France avait produit 2,1 Mt de blé dur.

Emmanuel Delarue


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