Millésime Bio 2022 : le bio, une évidence

Publié le 14 mars 2022

Qu’on se le dise, le salon est bien la ‘Mecque’ des vins bio dans le monde. Au terme de sa 29e édition, qui s’est déroulée du 28 février au 1er mars, Millésime Bio a accueilli 7 000 visiteurs, dont 20 % d’étrangers, selon les organisateurs. Paroles d’exposants.

Ce Millésime Bio démarrait bien pour Sébastien Clément, avant même que le salon n’ouvre ses portes. Auréolée d’une médaille d’or lors du Challenge Millésime Bio, début février, la cuvée ‘Amista’ (2020) du Domaine des Garriguettes, est issue d’une sélection parcellaire d’un hectare de vieux grenache en gobelets, et d’une pointe de syrah, sur le terroir de Châteauneuf-de-Gadagne. En AOP Côtes-du-Rhône et en AOC Côtes-du- Rhône Villages Gadagne, ainsi qu’un Châteauneuf-du-Pape (encore en conversion), les cuvées sont issues des 24 hectares de vignes conduites en biodynamie et certifiée AB, produites en moyenne à 55 000 bouteilles (34 hl/ha), et une petite part de vrac.

Embouteillée à 3 400 unités, la nouvelle cuvée doit son nom aux vendanges manuelles entre amis et en famille, sur les vignes du grand-père de Sébastien, installé avec son père depuis 2010. Saluant la démarche de l’interprofession de "mettre en avant cette typicité du sud de la vallée du Rhône", le président de l’appellation Gadagne ne cache pas son plaisir de "se remontrer auprès des clients après une période de creux". Travaillant essentiellement sur le local auprès des restaurants, cavistes et des épiceries fines, le domaine compte également sur la vente directe, et compte se développer à l’export, pour renforcer sa présence sur le marché européen, la Canada et les États-Unis. "J’ai envie de voyager", sourit le vigneron.

L’appellation Villages a de l’avenir

"La force de Gadagne, c’est d’être un vignoble détenu par des familles, et pas par des investisseurs", insiste Sébastien Clément. "Nous sommes quatre producteurs présents au salon. Il y a une nouvelle génération qui arrive." Alors que les metteurs en marché "s’intéressent de plus en plus aux appellations Villages, la production doit travailler de pair avec le négoce", estime- t-il. Et pourquoi pas un passage en cru ? Ce n’est pas à exclure, selon lui, à la demande des producteurs pour faire "reconnaître cette identité".

En raison d’une demande de produits sourcés sur la Vallée du Rhône, la clientèle se tourne de plus en plus sur des vins de cépages, à la typicité reconnaissable. Idem pour les certifications AB et Demeter. Sébastien en est convaincu, à la fois pour les clients comme pour les vignerons. "Je veux laisser à mon fi ls des vignes en bonne santé." Si le gel de l’an dernier l’a privé de 40 % de sa récolte, le Domaine des Garriguettes n’observe pas de variation à la baisse sur son rosé, "au contraire, on manque de vins !". Quant au blanc, qui a le vent en poupe, Sébastien Clément compte replanter de la clairette, du grenache blanc et un peu de roussanne, sur les bas coteaux du village, aux sols argilo-calcaires et argilo-limoneux, pour le viognier. Car "c’est le blanc qui va nous permettre de diversifier notre offre", assure le vigneron


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