Maraîchage : L’Aprel toujours au centre de l’expérimentation

Publié le 21 juin 2021

Avec à ses côtés, le président, Gérard Roche, Claire Goillon et Anthony Ginez à qui elle laisse la main, Catherine Taussig (à droite) semble déjà regarder dans une autre direction.

La station provençale – qui fait le pont entre la recherche fondamentale et les producteurs sur les cultures légumières dans le Sud-Est – reste un outil indispensable pour faire avancer l’agriculture.

Comme les années précédentes, l’Aprel a bouclé un programme d’actions très chargé en 2020. Avec l’évolution des critères en matière environnementale et une demande sociétale qui oblige les agriculteurs à faire rapidement évoluer leurs pratiques, la protection des cultures est la thématique qui a le plus mobilisé les conseillers sur le terrain de l’expérimentation, qu’il s’agisse d’espèces spécifiques, comme la tomate ou le melon, ou bien de protections systèmes qui touchent plusieurs productions.

Avec le concours des Ceta maraîchers et des Chambres d’agricultures de la région, un important travail a été aussi mené sur les bioagresseurs telluriques, les nématodes notamment. D’autres actions ont conduit les conseillers de l’Aprel et leurs partenaires à mener des essais sur la fertirrigation sur laitues et tomates.

Avec la diversité de cultures sous abri et plein champ pratiquées en région, l’évaluation variétale reste importante à l’Aprel, et représente le deuxième volet de l’action de la station. Année après année, crise sanitaire ou pas, les essais se poursuivent et les préconisations variétales sont diffusées auprès des producteurs sur tomates, laitues, melons et fraises, mais aussi sur de la diversification.

Les questions autour du recyclage ou du paillage ont aussi fait l’objet en 2020 d’actions, qui seront renouvelées l’année prochaine.

Comme l’expliquait Claire Goillon à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de l’Aprel à Saint-Rémy-de-Provence, le 10 juin dernier, sur les 35 actions conduites en 2020 (une action pouvant représenter un projet ou plusieurs essais), une très grande partie intègre des travaux avec des financeurs et partenaires différents. Onze ont notamment été pilotés par l’Aprel, soulignant ainsi le rôle moteur de la station légumière provençale dans la proposition d’actions, la réalisation, le dépôt et le suivi de projets.

Hors expérimentations, les ingénieurs de la station ont aussi répondu présents sur l’actualisation et la rédaction d’outils précieux sur la protection phytosanitaire, les préconisations variétales, sur l’élaboration des BSV (tomate, aubergine et melon), mais pour animer aussi une cellule de veille sur les organismes émergents ou concernant l’évolution de l’agrivoltaïsme.

Solutions attendues sur le nettoyage des plastiques

En 2021, pas moins de 39 actions sont au programme autour des thématiques clés que sont l’innovation variétale, les techniques de productions respectueuses de l’environnement ou la compétitivité des exploitations.

Mais en marge de ces questions, l’Aprel sera aussi impliqué sur des projets innovants tout aussi importants pour les professionnels. Dans le projet 'Vespa', l’expertise de la station de Saint Rémy sur la gestion agroécologique des effluents agricoles est déjà sollicitée. Piloté par le CEA de Cadarache et financé par l’Ademe, ce projet – qui fédère de nombreux partenaires – vise à valoriser la biomasse produite par les effluents agricoles. Un procédé de traitement des effluents, de purification de l’eau et d’élaboration d’engrais organiques est à l’étude. La prochaine étape du projet va consister à implanter le système pilote dans une serre expérimentale de tomates hors-sol, au CTIFL de Balandran. Le projet court jusqu’à la fin 2022.

Un autre projet très attendu, sur le machinisme cette fois, s’annonce également prometteur pour la profession. Les plastiques agricoles font partie des préoccupations majeures des exploitants maraîchers1. Le projet Rafu concerne l’élaboration d’outils pour générer des plastiques suffisamment propres et recyclables. Le programme – financé par l’Ademe et la Région Sud et qui implique le Comité français des plastiques en agriculture, l’Aprel et Adivalor – travaille sur ces solutions de nettoyage mécanisé au champ. Sachant que la qualité du paillage déposé a un impact direct sur le coût de leur traitement avant recyclage, l’objectif est de réduire le taux de souillure des paillages usagé. Plusieurs nouvelles machines de retrait des paillages sont à l’étude sur la salade sous abris et plein champ, et une tournée de démonstration est prévue pour l’automne 2021 dans la région.

Une page se tourne pour la station provençale

Une importante page de l’histoire de la station s’est aussi tournée cette année. Catherine Taussig a fait valoir ses droits à la retraite. L’ingénieure – qui s’est vue confier dès son arrivée, en 1987, l’expérimentation plein champ – a grandement participé au déploiement de l’Aprel et du réseau d’expérimentation que la station coordonne depuis. La fraise et le melon ont été les deux productions emblématiques de la région qu’elle suivra jusqu’à la fin de sa carrière. Mais Catherine Taussig, chargée de l’administration et de la comptabilité de la structure, a également œuvré à la recherche et à l’élargissement de nouvelles sources de financements. Avec elle, au fil des ans, les projets en collaboration avec des partenaires techniques et financiers ont pu se multiplier au bénéfice de la profession.

Le président Gérard Roche a logiquement salué "le travail et l’implication", de Catherine Taussig qui a su "dynamiser l’Aprel et permis de faire reconnaître la station bien au-delà de la profession". Pour sa part, "passionnée par son travail d’expérimentation", Catherine Taussig retient "les échanges passionnés, sur le melon notamment" que le travail de terrain pouvait générer avec les conseillers, techniciens et producteurs. "Les échanges d’expérience, c’est la richesse de notre métier", concluait-elle.

Le départ de Catherine Taussig, cheville ouvrière de la structure depuis 33 ans, contraint l’équipe à revoir son organisation interne. Claire Goillon et Anthony Ginez s’occuperont désormais des comptes et de la partie administrative de la station. Les responsabilités et les postes de chacun ont été naturellement redéfinis, et l’équipe sera renforcée sous peu par l’arrivée d’une nouvelle ingénieure.

Emmanuel Delarue


Fruits & légumesFraise aprel variété essai PBI rendement cléry gariguette