Maraîchage bio : Un programme innovant pour optimiser les systèmes diversifiés sur petites surfaces

Publié le 30 octobre 2019

Afin d’accompagner la filière et les installations, Bio de Paca a lancé en 2018 un groupe opérationnel dédié à l’étude des systèmes maraîchers diversifiés sur petites surfaces.

Face aux nombreuses installations en maraîchage diversifié sur petites surfaces et au manque de références disponibles en la matière, le réseau des Agribio de Provence Alpes Côte d’Azur travaille à la caractérisation de ces systèmes et à l’expérimentation de pratiques innovantes.

« Il y a dans la région de plus en plus d’installations sur petite surface, en particulier dans le Var et les Alpes-Maritimes, en raison du manque de disponibilité et des difficultés d’accès au foncier. Et cette tendance se développe aussi dans le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Souvent, ces systèmes sont intéressés par de nouvelles pratiques. L’idée est donc d’acquérir des connaissances et de tester différents leviers, pour mieux accompagner les installations ou les changements de pratiques sur ces systèmes. Le but est d’apporter aux producteurs des éléments de réflexion dans leurs choix stratégi­ques, et dans la mise en place de prati­ques innovantes, efficaces et durables », résume Marie Rabassa, conseillère en maraîchage d’AgribioVar, association de producteurs bio varois.

Afin d’accompagner la filière et les installations, Bio de Paca a lancé en 2018 un groupe opérationnel (GO) dans le cadre du Partenariat européen pour l’innovation (PEI). Le projet est dédié au maraîchage diversifié sur petites surface, qui a été défini à moins de 1,5 ha par ETP (équivalent temps plein), avec une diversité d’un minimum de 20 espèces cultivées. Le programme, qui court jusqu’en 2020, est mené sur le terrain avec les Agribio des départements du Vaucluse, des Alpes-Maritimes, du Var, et des Bouches-du-Rhône, et accompagné par le Grab et l’Inra.

Le GO PEI ‘systèmes maraîchers biologiques diversifiés sur petites surfaces en région Paca’ se décline en deux axes principaux : des enquêtes et des expérimentations.

Des expérimentations en conditions réelles

Le travail d’enquête est mené auprès d’une vingtaine de producteurs concernés. Objectif ? Décrire, analyser et caractériser les modèles de système maraîchers bio sur petites surfaces, sous les angles technique, économique, environnemental et social. « Il s’agit de mieux les connaître. On s’intéresse à leur fonctionnement, leurs pratiques, leur commercialisation, leur temps de travail », précise Marie Rabassa.

En parallèle, des expérimentations de terrain sont mises en place sur des exploitations volontaires sur des thématiques variées. « Les sujets d’expérimentation sont fixés en fonction des objectifs et des conditions de travail des producteurs. C’est une démarche dynamique », relève Marie Rabassa. Les départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône s’intéressent notamment à la fertilité des sols sur planches permanentes, à l’impact de la biodiversité fonctionnelle sur des cultures de tomates sous abris, à l’utilisation d’huile d’oignon contre la mouche de la carotte, ou encore aux modalités de palissage de culture de tomates. Dans les Alpes-Maritimes, les expérimentations sont tournées vers l’utilisation et l’impact d’extraits végétaux sur le développement de cultures légumières, les effets de différents paillages sur le fonc­tionnement du sol et la pression des adventices, ou encore sur la gestion de l’enherbement sur les passe-pieds.

Dans le Var, trois fermes participent à cette démarche expérimentale. La première, située à Draguignan, teste des associations de cultures sur très petite surface. Des essais ont été conduits en première année sur l’association tomate/salade et cette année sur tomates et haricots verts. « L’objectif est d’améliorer la performance économique en obtenant un gain d’espace et un gain de temps de travail », explique Marie Rabassa. Plusieurs modalités sont ainsi répétées de sorte à pouvoir mesurer les rendements en matière de quantités et de calibres, calculer les temps de travaux, identifier les éventuelles concurrences, ainsi que les atouts ou problématiques sanitaires.

Deux autres producteurs ont quant à eux souhaité réaliser des tests de petits matériels. Pour le premier, installé à Cogolin, l’expérimentation a d’ores et déjà permis d’essayer trois semoirs multi-rangs sur radis et carottes, et vise un double objectif d’intensification et de praticité. « Ce maraîcher recherche un outil performant, mais aussi réglable et facilement manipulable, pour pouvoir déléguer les opérations de semis », indique Marie Rabassa. « Pour ces expérimentations, nous mesurons plusieurs variables : la durée de l’opération, la densité du semis, le pourcentage de levée, la densité de peuplement, les rendements en quantité et en calibre… la praticité et la maniabilité du matériel sont aussi évaluées », conclut la conseillère en maraîchage.

Gabrielle Lantes


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