Lycée Louis Giraud de Carpentras : Un lycée à Haute valeur

Publié le 15 avril 2019

Un groupe d’élèves en filière STAV préparent leur voyage d’étude en Suisse avec Isabelle Pélegrin. Ils seront reçus en juin par l’école du Valais à Châteauneuf.

L’exploitation du lycée Louis Giraud de Carpentras est une des premières du Vaucluse à obtenir la certification Haute valeur environnementale de niveau trois. La boutique-école apporte, elle, un autre type de valeur ajoutée.

« La certification HVE n’enlève rien au fait d’être en bio ou raisonné », précise Isabelle Pélegrin, directrice de l’exploitation. En effet, à partir de 2022, les collectivités auront l’obligation de s’approvisionner en produits locaux, avec 50% minimum de produits labellisés ou certifiés, dont la HVE. « L’obtention de cette certification est donc un véritable atout commercial pour les exploitations, au-delà de l’atout environnemental », note-t-elle. « Pour le lycée, c’est aussi l’opportunité de communiquer autour de la HVE auprès des apprenants, lorsqu’on ouvre les parcelles à la cueillette, lorsqu’ils viennent entretenir les haies composites qui séparent les parcelles par exemple… » explique la professeur, consciente de la diffusion à venir : « À leur tour ensuite, ils pourront rapporter ce message au sein de leurs familles agricultrices ou consommatrices ».

Mieux, l’obtention de la certification HVE est « aussi une reconnaissance du travail du personnel de l’exploitation » reconnaît-elle. « Le plus important c’est le partage de nos expériences que nous pourrons faire à partir du macaron qui éveillera la curiosité. »

La grande distribution connaît déjà la HVE. Les responsables des cuisines des collectivités, qui se fournissent sur la plateforme Agrilocal84 aussi. Cela entre dans le cadre du développement durable, qui touche à la fois aux axes social, économique et environnemental.

Au départ, une formation.

L’exploitation fait partie du réseau Dephy Ferme pour la production de raisins de table, de cuve et de pommes. « Dans ce cadre, nous avons participé à une formation, début 2018, sur la HVE », relate Isabelle Pélegrin. « En mai 2018, nous avons procédé à un premier audit interne avec la Chambre d’agriculture. Celle-ci nous a délivré une attestation de niveau 1, indispensable pour demander la certification de niveau 3, la seule autorisant l’emploi du label HVE. » Concrètement, une grille d’auto-évaluation est à remplir par l’exploitation qui prétend à la HVE. Un organisme certificateur intervient ensuite lors de l’audit externe final. L’exploitation a obtenu le label le 22 novembre 2018. Il est valable trois ans, avec un contrôle plus léger à mi-parcours.

« Ce travail a permis de clairement identifier les points à améliorer pour progresser dans notre démarche. Cela m’a permis, en particulier, de constater que je dois être plus régulière dans mes enregistrements. D’autant plus que je dispose d’un outil très pratique pour la traçabilité, avec le logiciel ‘Mes P@rcelles’ de la Chambre d’agriculture, qui me facilite ensuite l’autocontrôle HVE. » Concrètement, c’est la formation de départ qui aura pris le plus de temps. « Au bureau, 2 heures auront suffi pour reporter les enregistrements sur la grille d’auto-évaluation. L’audit externe a duré 5 heures. »

C’est aussi une motivation : « Ça apporte un cadre, ça me conforte dans ma façon de travailler ».

Vive le collectif.

« Évidemment, cette démarche a un coût, et nécessite de nombreux enregistrements. C’est donc une contrainte pour les agriculteurs, mais les GMS se tournent déjà vers la HVE. Avec Rhonéa, qui monte un collectif auquel nous participons, la cuvée 2019 sera HVE », annonce Isabelle Pélegrin. Une démarche collective permet en effet un coût de certification moindre, de par la mutualisation des moyens. Autre avantage : les exploitants se retrouvent déchargés en partie de contraintes administratives et des audits qui sont faits par sondage sur un échantillon d’exploitations. D’ailleurs, de plus en plus de démarches collectives encouragent leurs adhérents à s’y engager, comme le font le Syndicat général des vignerons des Côtes-du-Rhône, les Cerises Coteaux du Ventoux, la Fraise de Carpentras, le Melon de Cavaillon…

Cécile Poulain


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