Lycée François Pétrarque d’Avignon : Clap de clôture gourmand

Publié le 24 juin 2019

Malgré l'absence des ministres annoncés – Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, et Brune Poirson, secrétaire d'état auprès du ministre de l'Écologie – les 300 convives présents ont célébré le dernier thème de cet anniversaire, placé sous le th

‘Pétrarque printemps’, la 4e et dernière saison des célébrations du 50e anniversaire du lycée François Pétrarque d'Avignon, s'est déroulée le 7 juin dernier, sous un soleil estival et des bourrasques venteuses, dans la joie et la bonne humeur.

Malgré l'absence des ministres annoncés – Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, et Brune Poirson, secrétaire d'état auprès du ministre de l'Écologie – les 300 convives présents ont célébré le dernier thème de cet anniversaire, placé sous le thème du « temps du partage ». Et pour résumer cela, quoi de mieux qu’un repas préparé à six mains, par Nadia Sammut, cheffe de l'auberge ‘La Fenière’, Guilhem Sevin, chef du restaurant Christian Étienne, Cédric Castanier, chef cuisinier de la préfecture de Vaucluse, sans oublier la collaboration de l'équipe de cuisine du lycée ?

Cet anniversaire original, découpé en quatre saisons, avait débuté le 31 mai 2018. Et le 7 juin, après l'accueil des invités par la présidente du lycée, Sophie Vache, le directeur de l’établissement, Pascal Laborde, revêt son costume de guide pour présenter son établissement et les diverses activités. Rappelant les trois grands principes des pères fondateurs du lycée – la compétence professionnelle, l'ouverture à la société et le corps favorisant l'apprentissage – il a fait le lien avec le travail mené à l’époque par les concepteurs du projet : le ministre de l'Agriculture, Edgar Pisani, l'architecte-historien, Roland Bechman, et François Girard, son architecte associé : « Construit en 1969 selon ces trois principes, l'architecte a disposé les bâtiments selon un plan en aile de moulin, s'écartant de la symétrie : salles de classe et les laboratoires en quinconce à partir d'un bâtiment central ; un amphithéâtre spacieux pour 400 personnes ; un gymnase de grande dimension ; et deux internats permettant d'héberger 250 élèves. Le tout, au centre d'un domaine de 12 hectares des cultures maraîchères et légumières en bio ». Une réussite architecturale originale qui a conduit le ministère de la Culture à l'inscrire au titre des monuments historiques, dès 1989, puis à le labelliser patrimoine du XXe siècle, en 2001.

Enrichissant.

La visite débute par la rencontre de trois élèves qui parlent de leurs conditions de vie au lycée et de leurs motivations. David, en terminale S, qui habite pourtant sur place, a préféré l'internat : « C'est un choix. De cette façon je suis plus concentré, moins distrait, et je trouve une bonne entente dans la vie de groupe, c'est enrichissant ». Ylan, lui, a trouvé une passion : « Je suis responsable de la salle de musculation ! », tandis qu’Angélique a été conquise par le Service national universel (SNU), le Vaucluse étant l’un des 13 départements pilote retenus. « J'ai été conquise par l'idée de servir les autres et je me suis inscrite. » Retenue, elle est officiellement devenue ambassadrice du SNU pour le département.

La visite se poursuit avec la présentation par des élèves de BTS ‘Horticulture’, d'une spirale réalisée en permaculture. Comme l'explique Rachelle : « L'objectif est la réduction des intrants. On choisit des espèces adaptées au climat et à une ressource en eau plus ou moins limitante. (...) Nous avons été sensibilisés à la question du 4 pour 1000, technique qui concentre le carbone dans le sol plutôt que dans l'atmosphère (...) Nous voyons la question actuelle de la sortie du glyphosate comme un nouveau challenge. Cela va être, comme les enjeux précédents, l'occasion d'innover ».

Suit la présentation des innovations culinaires. Alexandre et Emilien donnent la recette étonnante leur ‘Bug's cake’, « un gâteau à base de farine de grillons, de canneberges, de vanille et d'oranges confites ». Ibtissam raconte comment concocter « ‘l'incompréhensible’, un smoothie à base de butternut, de graines de chia, de mangue et de coco ». Quant à Quentin, il dévoile aussi les secrets de fabrication de son macaron qu'il a appelé, non sans humour, ‘Macarré’ : « Il est fabriqué à base de patate douce, de basilic, et le blanc d'œufs est remplacé par le jus de cuisson de pois chiches ».

Puis, petit tour dans le gymnase, l'occasion de rappeler que le lycée Pétrarque est labellisé ‘Génération 2024’ (seuls trois établissements en région Sud le sont) en regard de sa grande culture sportive, avec 130 licencié(e)s toutes disciplines confondues et notamment le rugby, qui se pratique au féminin comme au masculin. Les deux sections sportives se sont d’ailleurs rendues dix jours au Sénégal, alliant le sport à l'humanitaire : « Nous avons apporté 250 kilos de matériel sportif pour les jeunes du village », rapporte l’une des participantes.

Un pôle de compétences en formation.

« J’ai vu des jeunes heureux de travailler dans cet établissement. Je suis très sensible à cette formation, si importante pour faire face aux défis de demain », note Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d'agriculture, en félicitant le directeur de l’établissement avant de s’adresser aux jeunes élèves : « On doit travailler différemment, avec moins d'intrants. L'agriculture doit changer, s'adapter, et elle ne pourra pas le faire sans vous ». La maire d’Avignon, Cécile Helle, se félicite pour sa part de voir les liens que tisse le lycée agricole, « notamment avec la ville : j'ai participé à la plantation de courges sur un terrain préparé par le lycée, et ces légumes se retrouveront à la rentrée sur les tables de nos cantines ».

« Le lycée Pétrarque est le pôle de compétences en formation agroalimentaire de la région Sud », reprend alors Pascal Laborde : « Il forme en production agricole, en transformation agroalimentaire et, dans un avenir proche, en contrôle alimentaire, d'où le symbole de ce repas. Le repas, c'est s'alimenter en produits sains, équilibrés, goûteux, d'origine locale. Mais c'est aussi, dans notre culture, le temps de se retrouver, le temps de l'échange et le temps du partage. C'est ce que nous vous proposons aujourd'hui en guise de clôture de notre anniversaire ».

Le préfet, Bertrand Gaume, a clôturé ce 4e temps d’anniversaire : « Il me revient, protocolairement, le mot de la fin. Mais je crois qu'il conviendrait mieux de dire, à cette heure, le mot de la faim », donnant ainsi le top départ pour déguster le buffet du partage tant attendu. Un régal qui met un point final aux festivités du cinquantenaire.

Francis Pabst, CLP


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