Le panier provençal : Le transformateur vise un développement franco-français

Publié le 15 décembre 2020

Premier fournisseur de tomates en première transformation en France, l’usine de Tarascon reste un ‘tout-petit’ par rapport à ses concurrentes espagnoles ou italiennes (© E. Delarue)

Le transformateur de tomate de Tarascon vient de boucler sa première campagne sous les couleurs de la CAPL. Un exercice bien négocié, en dépit d’une saison où la production de matière première a manqué. L’objectif affiché est le marché français avec des produits origine France.

‘Le panier provençal’ a transformé 64 000 tonnes de tomates au final pour cette campagne. « Nous espérions plutôt atteindre 70 000 tonnes, mais au vu du déroulement de la campagne, nous sommes satisfaits. Satisfaits aussi de la qualité de la matière première également : elle a été très bonne sur les deux tiers de la campagne, et correspond à ce que l’on attendait », explique Frédéric Baeza, directeur de l’entreprise.

L’activité a démarré le 29 juillet pour finir très tardivement, le 18 octobre. Les multiples arrêts dus à la pluie ont perturbé les récoltes dans les champs, et aussi pénalisé les approvisionnements de l’usine. Au final, il manque des produits finis, mais l’usine de Tarascon n’est pas la seule à avoir moins traité de matière première cette année. Pour rappel, l’outil repris par la CAPL l’année dernière transforme la tomate fraîche en trois grandes familles de produits (les jus, les purées et les concentrés) utilisés par les industriels pour la fabrication de sauces, de jus, de pizzas, de plats cuisinés, etc.

Valoriser le produit local

La reprise de l’usine n’a pas modifié, pour le moment, les activités du premier fournisseur français de dérivés de tomates à usage industriel. Mais c’est sur le marché français et la demande des industriels de seconde transformation de l’Hexagone que veut désormais se concentrer l’entreprise de Tarascon. « Nous avons engagé une phase de transformation de nos débouchés, et nous visons clairement la réduction, voire l’arrêt, de certains contrats à l’export », explique Frédéric Baeza.

L’objectif est de « mieux valoriser nos produits avec l’origine France et même locale, puisque nous travaillons exclusivement avec des produits à 100 km autour de notre site ». L’ambition est également d’élargir la gamme des produits fabriqués à Tarascon. La tomate conventionnelle restera malgré tout le gros du volume de l’activité. Mais « la demande sur le bio et les spécialités – comme des produits avec de la tomate cerise, de la tomate jaune et des produits spécifiques dans les préparations des industriels – se développe », explique le directeur.

L’usine du ‘Panier provençal’, capable de traiter de très gros volumes, n’est pas aujourd’hui dimensionnée pour répondre à cette demande. « Nous avons un très bel outil qu’il est très compliqué de faire fonctionner sur de petites séries, puisque nous n’avons qu’une seule ligne », précise Frédéric Baeza.

Investissements productifs à l’étude

En effet, les volumes sur ces spécialités de tomates et produits bio restent beaucoup plus faibles par rapport aux produits conventionnels, et contraignent l’usine à modifier ses process au cours de la campagne pour les élaborer. Pour s’orienter plus sereinement sur ces produits à transformer, des investissements productifs sont donc à l’étude. « Nous sommes en train de chercher des pistes pour financer l’investissement d’une ligne totalement indépendante de notre ligne principale, et qui permettrait de traiter toutes ces gammes à plus faibles volumes », explique le directeur de l’usine.

Les investissements visés sont conséquents, de l’ordre de 1,5 à 2 millions d’euros. ‘Le panier provençal’ étudie la possibilité de bénéficier d’aides au titre du plan de relance déployé par l’État.

Dans son fonctionnement, l’entreprise ‘Le panier provençal’ a maintenu ses contractualisations sans grand changement et, pour la suite, les deux organisations de producteurs avec lesquelles elle travaille, Apto2 et Apaaf, devraient continuer d’alimenter en tomates ‘Le panier provençal’. D’ailleurs, la campagne 2021 se prépare et les négociations ont débuté.

« Depuis la reprise de l’usine, nous avons des projets et une stratégie. On espère que le marché de la tomate nous permette de valoriser nos productions. Nous savons qu’il peut être porteur à des moments, et très fluctuant à d’autres. À nous de trouver des solutions à plus long terme », conclut Frédéric Baeza.

Emmanuel Delarue


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