La Durette : de ferme pilote à site multi partenarial pour l’agriculture bio

Publié le 26 octobre 2021

La ferme pilote de La Durette a accueilli ses nombreux partenaires et plusieurs élus locaux afin de leur représenter le projet et ses évolutions. (©ML)

Début septembre, La Durette accueillait ses partenaires et plusieurs élus locaux. Sur la ferme pilote, les projets de recherche en agroécologie et agroforesterie se poursuivent. Une agricultrice supplémentaire, un troupeau de canes pondeuses et des bureaux – où se sont installés certains des partenaires dans la préservation du foncier, la formation ou encore le développement de la bio – font partie des nouveautés.

La Ferme de La Durette a vu le jour en 2013 dans la ceinture verte d’Avignon, sous l’impulsion du Groupe de recherche en agriculture biologique (Grab) et d’une quinzaine de partenaires, après quelques années de conception d’un projet scientifique. Projet de recherche en agroforesterie et agroécologie, le site s’étend sur cinq hectares de vergers et maraîchage, cultivés depuis 2015 par deux agriculteurs, Julien et Maxime, ainsi que quelques saisonniers. De ce symbole d’un véritable partenariat entre le milieu agricole et celui de la recherche, Chloé Gaspari, cheffe de projet au Grab, espère "une symbiose un peu plus écologique". Alors que le niveau de compréhension de l’agroforesterie augmente – et que la demande de compétences se faire plus pressante de la part des agriculteurs – la ferme pilote a ouvert ses portes aux officiels le mois dernier, pour (re)présenter le site et ses évolutions.

Une synergie entre acteurs

Autour de la ferme pilote, Bio de Provence, le Grab et le CFPPA Provence-Ventoux se sont effectivement installés l’année dernière, mais le Covid n’a pas aidé à la communication sur le sujet et l’inauguration a dû être repoussée. Accueillir les partenaires du site en ce retour de la période estivale paraissait ainsi nécessaire. Vianney Le Pichon, directeur du Grab, accompagné de Chloé Gaspari et des agriculteurs de La Durette ont donc procédé au tour du propriétaire, en présence de Cécile Helle, maire d’Avignon, de Bénédicte Martin, conseillère régionale présidente de la commission 'Agriculture', ou encore de Joël Guin, président du Grand Avignon.

Après une acquisition du site par la foncière 'Terre de liens' Paca via la Safer, en 2020, notamment grâce à une campagne d’épargne citoyenne, puis la création du Gaec des deux fermiers présents sur site, la grande nouveauté du site pilote est l’ouverture de bureaux partenaires. "Le projet va au-delà des missions de 'Terre de liens', mais nous ne pouvions pas faire autrement que nous investir afin de sécuriser les terres agricoles et le projet de recherche. La proximité physique avec les autres associations dans les bureaux permettra le développement de toute cette agriculture de demain, et la création d’une dynamique pour que l’agriculture reconquiert ses lettres de noblesse auprès des citoyens", affirme l’association acquisitrice.

Dans une forme de synergie entre la recherche et le développement, ainsi que la formation, les différents partenaires voient en ce nouveau site multi partenarial un ensemble qui donnera une dynamique dans la préservation des terres agricoles et le développement de l’agriculture biologique.

Une ferme en constante évolution

Le développement du site se poursuit par ailleurs avec l’installation de Julia, qui viendra compléter le binôme d’agriculteurs déjà en place. Le trio participera donc activement à la continuation des initiatives menées en agroforesterie : il a notamment accueilli cette année un troupeau de 50 canes pondeuses, qui pâture et chasse dans les vergers. Animaux rustiques tolérant une grande gamme de conditions climatiques, ces 'farfouilleuses' valorisent mieux le parcours que les gallinacées, pondent plus tôt et sont plus faciles à guider. "C’est vrai qu’elles font partie des curiosités de la ferme", admet Julien.

Dans le seul bâtiment agricole de la ferme, les frigos construits en balle de riz de Camargue – grâce aux financements du Grand Avignon – ont trouvé leur place. La recherche œuvre ici aussi, participant au développement de pistes pour des frigos moins coûteux pour les agriculteurs. D’ici quelques années, La Durette souhaite également se doter d’une laverie de légumes dans le même espace, ainsi qu’améliorer le stockage et le local de commercialisation.

Enfin, une parcelle est en phase de reconception avec des engrais verts. Ici, l'idée est de permettre aux sols de se régénérer et d’installer de nouvelles cultures. Fruits à pépins ? Tunnels supplémentaires ? Cultures maraîchères pluriannuelles telles que les artichauts ? La réflexion est en cours, dans l'idée d'une intégration de cette parcelle dans le parcours des canards de la ferme pilote.

Manon Lallemand


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