La Balméenne : Apporter de la stabilité à la production des vergers

Publié le 02 août 2021

L’assemblée était clairsemée cette année pour la Balméenne, mais le bilan n’était pas moins important. (© ML)

Le 6 juillet se tenait enfin l’assemblée générale de la coopérative de la Balméenne. Marquée par l’absence d’un grand nombre de ses coopérateurs, elle actait une petite récolte 2020, mais conserve l’ambition des plus grands.

Ils sont plus de 1 300 adhérents, mais seule une quarantaine de coopérateurs étaient présents (quorum atteint) le mardi 06 juillet pour faire le point en assemblée. Alors que celle-ci se tient habituellement en février, l’équipe dirigeante a fait le choix de la décaler début juillet à cause de la crise du covid. « Au début nous avions pensé à un vote électronique, mais compte tenu du fait que certains de nos coopérateurs n’ont pas internet, nous avons préféré nous réunir. Le contexte est toujours tendu, mais c’était nécessaire que nous nous retrouvions physiquement », estime Stéphane Meissonnier, président du conseil d’administration de La Balméenne.

Après avoir précisé que, malgré la date décalée, la discussion porterait sur l’exercice du 1er octobre 2019 au 30 septembre 2020, l’assemblée générale a pu débuter. Fabien Arnaud, directeur de la coopérative est revenu sur la bonne campagne 2019-2020 avec une récolte culminant à 445 tonnes d’olives, soit une production d’environ 35 000 litres d’huile d’olive commercialisées après extraction. Un chiffre satisfaisant, d’autant plus que la récolte de la campagne en cours fait état de 244 tonnes d’olives ramassées. « Je constate que nous produisons bien une année sur deux », déclare un coopérateur dans l’assistante. Les chiffres le confirment, le directeur également : « D’une année sur l’autre, il y a une vraie variation de la production, ça fait partie de la dynamique de vos vergers ». En partie responsable de cette quantité réduite cette année, le gel d’avril. « N’hésitez pas à faire remonter vos observation aux équipes », ajoute Fabien Arnaud.

Cette année, le moulin a ouvert plus tôt qu’à l’habitude pour permettre la production d’une huile de meilleure qualité, d’autant plus qu’avec les années qui filent, la garantie d’une bonne récolte est de moins en moins assurée. Il conviendrait alors de stabiliser la production afin d’assurer une juste rémunération des coopérateurs. « A l’avenir, nous vous encouragerons à ramasser le plus tôt possible. La coopérative a également un rôle d’assemblage, nous avons donc besoin d’un produit fiable et qualitatif d’une année sur l’autre pour le consommateur », précise le directeur. Le stock s’élève à 35 812 litres pour la campagne 2019-2020, une augmentation (21 747 litres l’année précédente) qui aurait pu être limitante, mais sera finalement salutaire compte tenu des prévisions pour 2020-2021.

« Une excellente assise financière »

Avec un chiffre d’affaire culminant à près de 4 433 000 euros et une trésorerie de plus d’un million d’euros, Grégory Herbet, l’expert-comptable de La Balméenne se veut rassurant : « Vous constaterez que vous avec une coopérative qui a une excellente assise financière ». Une somme confortable qui a permis de proposer aux coopérateurs une ristourne de 4%. Le chiffre d’affaire a augmenté, mais Fabien Arnaud le rappelle, « cette évolution est due à l’inflation plus qu’à autre chose. En 8 ans, nous avons progressé de 16%, à raison de 2% d’inflation par an ». Une certaine restructuration de ce chiffre peut toutefois être constatée lorsqu’il est étudié plus en détail. Cette campagne, à cause du covid, la boutique a évidemment pris une part des ventes moins importante qu’habituellement. Elle ne représente effectivement plus que 58% des ventes contre 80% l’année précédente. Un ‘plus que’ à prendre avec des pincettes car si l’activité a baissé, le chiffre d’affaire n’a pas tant diminué (514 000 euros contre 570 000 en 2019). Cela s’explique par une vente en ligne dynamique, passant de 36 000 euros annuels (5%) à 160 000(18%) et un réseau MDD en croissance (64 000 euros en 2019 contre 131 000 en 2020). « Là où il fallait être fort sur un poste, maintenant, il faut l’être sur plusieurs. La spécialisation est aujourd’hui bien plus risquée », développe le directeur de La Balméenne.

Une ambition non-dissimulée

Malgré toutes les incertitudes pouvant peser sur les futures récoltes, La Balméenne ne dissimule pas sa motivation à prospérer. Depuis début juillet, le moulin à huile est officiellement recommandé par le guide régional Gault & Millau 2021-2022 pour la région Paca Corse, ce qui l’encourage à aller de l’avant. De nombreux projets sont d’ailleurs d’actualité. Un des points centraux porté par le directeur est, entre autres, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Cette démarche initiée en avril pousse ainsi les équipes à trouver des solutions sociales et environnementales. Parmi elles, la valorisation des déchets* issus de l’extraction d’huile. « Il s’agit de mettre la naturalité au service de la coopérative. 100% des productions des coopérateurs seront valorisées », développe Fabien Arnaud. Une économie circulaire que le conseil d’administration veut développer afin de faire des choix forts en faveur du territoire. La RSE implique également une meilleure formation des administrateurs, une limitation des intrants hors sud-est ou encore des produits plus respectueux de la santé du consommateur, comme par exemple l’huile Cœur d’épice* dont la campagne de financement a été menée à son terme le 12 juillet, atteignant son objectif à 150%.

« Nous devons poser des jalons pour les années à venir. 2030 peut peut-être vous paraitre loin, mais à l’échelle de la vie d’un olivier, c’est demain. Nous devons donc prendre des décisions dès maintenant », poursuit le directeur. La Balméenne souhaite ainsi par exemple engager le processus de diversification avec un palissage performant, mais aussi accompagner à la performance économique des entreprises en ciblant la marge €/ha par la productivité plutôt que par la limitation des dépenses ou encore maintenir l’innovation et la valorisation pour compléter les recettes. « Nous devons ensemble imaginer notre coopérative afin de sortir du modèle qui consiste à gagner plus d’argent par la vente des intrants que par la distribution des récoltes », estime le conseil d’administration. Il s’agira donc à l’avenir de pérenniser le modèle coopératif pour et par les coopérateurs.

 

Manon Lallemand

 

Contact

Coopérative oléicole La Balméenne
82 Avenue Jules Ferry – 84190 Beaumes-de-Venise
04 90 62 93 77 ; moulinahuile@labalmeenne.fr

 

*voir notre article dans l’édition du 07/05/2021


La production s’annonce moins importante que la campagne précédente malgré une belle floraison. (© ML)

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