Journée filière blé dur : Un plan pour sauver le blé dur

Publié le 21 février 2020

En région Paca, la culture traditionnelle du blé dur est aujourd’hui clairement en danger.

La 22e journée blé dur, organisée par Arvalis Institut du Végétal à Aix-en-Provence, était largement consacrée au plan stratégique initié par la Région Sud pour relancer la filière. Innovation et création de valeur sont au programme.

L’ensemble des opérateurs nationaux de la filière blé dur était réuni le 4 février dernier, pour la 22e journée nationale de l’institut technique consacrée à la production, à Aix-en-Provence. Dans cette grande région céréalière, la culture traditionnelle du blé dur est aujourd’hui clairement en danger. Après la réduction des soutiens européens, la filière se heurte à la difficulté de fournir les marchés, aux fluctuations des cours mondiaux, mais également aux aléas climatiques récurrents et très impactant. La rentabilité des outils de production est maintenant directement menacée par l’effritement des surfaces et la perte de volumes.

Producteurs, responsables des organismes stockeurs et transformateurs de la zone tirent la sonnette d’alarme depuis de nombreuses campagnes. La filière céréalière régionale est consciente des leviers qui peuvent permettre aux agriculteurs de se déconnecter du marché mondial. Objectifs ? Se positionner sur des niches de production et générer plus de valeur ajoutée. Mais aujourd’hui, elle peut compter sur l’action d’un partenaire de poids pour les activer.

Quatre axes stratégiques

En effet, la Région Sud a pris la mesure des problématiques qui menacent la céréaliculture de son territoire. La collectivité territoriale a travaillé avec ses partenaires de la production, de la transformation et de la recherche et développement sur « une déclinaison spécifique régionale du plan de filière du ministère de l’Agriculture issu des États généraux de l’alimentation ». Comme l’a expliqué Bénédicte Martin, présidente de la commission agricole, la Région Sud ne sera pas seule pour la mise en œuvre de ce plan stratégique, mais complétera les actions de l’État, de la Draaf et des interprofessions.

Le plan de filière proposé par la Région a été acté en décembre dernier, et Bénédicte Martin a présenté les différentes pistes de travail amorcées aux plus de 300 représentants du secteur du blé dur présents. « Quatre grands axes forment l’ossature des actions à mener dans le sud : l’adaptation de la production et l’amélioration de la compétitivité des exploitations ; l’amélioration de la résilience des exploitations aux changements climatiques ; l’amélioration de la structuration de filière et la création de valeur ; et enfin l’amélioration de l’attractivité des métiers et la formation ».

Sur le premier axe, « la Région n’a pas tous les leviers, celui des charges, des normes, etc., mais peut actionner ceux qui visent à aller chercher des marges de compétitivité comme la recherche et l’expérimentation. L’adaptation variétale est essentielle et les programmes sur les techniques culturales, les rotations, sur le travail du sol aussi ». Dans ce domaine, la Région, qui accompagne déjà Arvalis, a l’intention de « systématiquement aller chercher à optimiser les fonds européens ».

L’accompagnement technique renforcé

La profession ne peut en effet envisager de relever les défis sociétaux et environnementaux, de produire de manière différente et de produire pour des signes de qualité, sans un accompagnement technique à la hauteur. Comme l’expliquait Édouard Cavalier, céréalier à Fourques (Gard) et président de l’Association blé dur développement (ABDD), « cet accompagnement technique doit être collectif ; c’est déjà le cas avec l’ABDD, qui le délivre en s’appuyant sur les diagnostics des Bulletins de santé du végétal. Il se double aussi d’un conseil individuel capable d’aller jusqu’à la parcelle, avec l’outil e-pilote développé par Arvalis ». Déjà testé, l’outil délivre au jour le jour un conseil très précis, et permet le suivi de l’azote et du besoin en eau des cultures, en fonction de leur stade de croissance.

La résilience des exploitations aux changements climatiques est un défi majeur pour les exploitations de la zone. Sur ce volet, la Région Sud entend notamment soutenir la filière, par le biais de la Société du canal de Provence et de son programme d’aides, adossé aux fonds européens en faveur de l’irrigation agricole. « 300 projets ont été déposés et nous avons 800 millions d’euros de projets en portefeuille », rapporte Bénédicte Martin.

Emmanuel Delarue


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