Jeunes Agriculteurs 84 : une présidente pour regarder vers l’avenir

Publié le 11 avril 2022

Le nouveau bureau presque au complet et les partenaires historiques du syndicat ont pris la pose, le temps d’immortaliser la passation. (© ML)

Vendredi 1er avril, les Jeunes Agriculteurs du Vaucluse se retrouvaient au château Beauchêne, à Piolenc, pour leur assemblée générale. Au programme : récapitulatif des actions menées, grandes orientations du syndicat et, surtout, élection du nouveau bureau avec, pour la première fois depuis 2012, une présidente à sa tête. Audrey Piazza, agricultrice à Châteauneuf-de-Gadagne prend les rênes pour deux ans.

Dans le Vaucluse, après la Chambre d’agriculture, la FDSEA et la MSA, au tour des Jeunes agriculteurs (JA) d’élire une femme à la présidence. Audrey Piazza, agricultrice en polyculture installée à Châteauneuf-de-Gadagne depuis 2019, a effectivement pris la suite de Bruno Bouche lors de la passation qui a eu lieu vendredi 1er avril, pendant l’assemblée générale du syndicat. "J’ai une pensée particulière pour mes prédécesseurs et particulièrement pour Bruno [Bouche, le précédent président, ndlr], ainsi que nos partenaires et à vous, tous les JA, présents ou pas aujourd’hui. Nous allons poursuivre dans la continuité des démarches déjà engagées, pour représenter haut et fort les valeurs de l’agriculture vauclusienne, à coups de partages, d’échanges et de collectif", annonce la présidente nouvellement élue. Si la période actuelle est compliquée – que cela soit pour des raisons climatiques, géopolitiques ou sanitaires – Audrey Piazza invite à "porter le regard vers l’avenir", présentant ainsi les quatre grandes orientations qui animeront son mandat.

D’abord, la mobilisation se poursuivra, pour une application stricte de la loi Egalim. Le renouvellement des générations est au cœur du sujet, avec la nécessité d’axer la réflexion sur la promotion des pratiques et des métiers. "Rappelons-nous que nous sommes une des agricultures les plus vertueuses du monde", insiste la présidente. Exit le discours d’agribashing, elle souhaite dorénavant parler "d’une agriculture positive". La garantie de l’accès à l’eau est également sur la table, et l’agricultrice à bon espoir de voir les projets d’hydraulique agricole avancer dans les prochaines années (lire également notre dossier dans ce numéro). Enfin, la jeune femme aborde la question de l’assurance multirisque : "La situation a encore été particulièrement complexe en 2021 et même si tous n’ont pas été touchés, ou non pas affronté de difficultés dans leurs dossiers, il serait impensable que ne serait-ce qu’un seul agriculteur reste sur la touche" !

Pour cette 67e assemblée générale, et sa dernière en tant que président, Bruno Bouche rappelle son plaisir d’avoir travaillé auprès des Jeunes Agriculteurs vauclusiens. "JA, ce n’est pas juste un syndic, c’est une école. On apprend à devenir un homme, à devenir un paysan, et il n’y a pas de pays sans paysan", glissait avec émotion l’agriculteur qui, récemment devenu une nouvelle fois papa, a été chaudement applaudi par l’ensemble de la salle, y compris les nombreux partenaires présents pour l’occasion. Si Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud en charge de l’agriculture, a pris le temps de revenir sur le récent transfert de la Dotation jeunes agriculteurs (DJA) à la collectivité territoriale, Christian Mounier, vice-président du Département en charge du secteur agricole, a lui aussi rappelé l’engagement du Conseil départemental auprès du syndicat. "En tant que partenaires, nous sommes une grande famille qui se doit d’être aux côtés des jeunes pour leur avenir", insiste-t-il.

Problématique du foncier, réflexion sur l’utilisation des friches, hydraulique agricole, accompagnement de la recherche ou encore le renouvellement des générations, tous ont le même discours. La Chambre d’agriculture, au travers sa présidente, Georgia Lambertin, a assuré "vouloir participer d’avantage et mieux travailler ensemble", qu’il s’agisse de la communication, de la révision du Sraddet, du projet Hauts de Provence rhodanienne (HPR) ou encore des crédits carbones. Le Crédit Agricole et Groupama soulignent quant à eux leur entente pour avancer sur le sujet de l’assurance climatique, particulièrement en cette année 2021 difficile.

Des actions et événements au rendez-vous

Une assemblée générale élective certes, mais pour laquelle le bureau est d’abord longuement revenu sur les activités d’une année passée perturbée, sans pour autant être moins riche en événements. Tour à tour, Florian Duc, secrétaire renouvelé, les évoque, se félicitant du "maintien des activités syndicales et d’animation, pour lesquels nous sommes restés très présents sur le terrain". 2021 avait commencé fort, en janvier, avec la mobilisation contre la non-application de la loi Egalim, à Orange. L’Association pour la promotion et la protection de l’irrigation (APPI) en Drôme Provençale et Vaucluse a été créée le 25 janvier, une centrale d’achat à Châteaurenard a été bloquée mi-février, la présence de Renaud Muselier, président de la Région Sud, avait été soulignée lors de l’épisode de gel des 7 et 8 avril, le préfet, Bertrand Gaume, avait quant à lui rencontré les syndicats concernant la question de la réglementation européenne 'Reach' sur la lavande et le lavandin…

Côté promotion et animation, de nombreux événements ont également pu se tenir, tels que le 'Trophée du savoir-faire vigneron vauclusien', dont la 22e édition se prépare et pour laquelle les inscriptions sont encore ouvertes. Les JA 84 ont également eu l’opportunité de tenir plusieurs bars à vins, comme sur 'Terroirs en fête' ou 'Millévin'. "Nous avons également pu mener une opération fruits et légumes sur le tracé du Tour de France, avec des produits mis à la vente, ce qui pourrait être reconduit selon les futures éditions", ajoute Florian Duc. Les paniers de Noël se sont écoulés à près de 250 ventes, 'Vin’Arôme' a accueilli 40 caves et domaines au théâtre antique d’Orange, et le 'Wine Day' a eu lieu aux Fines Roches, "un très bel endroit dans un cadre magnifique et avec des gens passionnés qui nous ouvrirons d’ailleurs de nouveau leur porte pour la prochaine édition de l’événement, cet été". Les rendez-vous ont été nombreux et seront donc, pour la plupart, reconduits… ce qui devrait donner de quoi faire aux équipes, particulièrement en termes de communication !

Mettre en avant le métier d’agriculteur

"On se rend compte qu’il est de plus en plus nécessaire que nous communiquions au niveau départemental", estime Florian Duc. Le secrétaire des JA 84 a annoncé, dans la foulée, qu’une commission 'Communication' était en cours de création et "déjà bien avancée". Dans la salle, tous semblent approuver la nécessité de s’emparer de ce sujet. Pour les accompagner, ils peuvent d’ores et déjà s’appuyer sur l’association 'Demain je serai paysan', fondée par Rémi Dumas, viticulteur dans l’Hérault et secrétaire général adjoint du syndicat national. S’il était absent, il a toutefois réalisé une vidéo à l’attention de la section vauclusienne, afin d’expliquer le pourquoi du comment de cette nouvelle association : "DJSP est une marque qui appartient déjà à JA. Mais, avec l’absence du Salon de l’agriculture l’année dernière, nous nous sommes demandé comment faire pour communiquer autour du métier. Un appel à projets a été lancé à hauteur de 25 000 € et huit actions vont être réalisées pour différentes cibles", à savoir les écoles, collèges, lycées, publics en reconversion et étudiants en apprentissage. Un journal trimestriel est également à l’étude.

La communication semble ainsi prendre un nouveau virage, dont il est indispensable que les agriculteurs s’emparent. Le national et le local devraient pouvoir s’entendre pour donner un élan à cette promotion d’un milieu qui, encore aujourd’hui, souffre beaucoup de son image. "Je vous promets qu’on ne sortira pas les violons. Mais je vous assure qu’on fera du bruit", conclut Audrey Piazza.

Manon Lallemand


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