Inter-Med : Bulles et rosés, le duo gagnant pour l’IGP Méditerranée

Publié le 10 juin 2019

Roger Ravoire, président d’InterVins Sud-Est, Thierry Icard, président d’Inter-Med, et Olivier Nasles, président du comité bio de l’INAO.

C’est dans les locaux flambant neuf de son nouveau siège que s’est tenue l’assemblée générale d’Inter-Med, le 25 avril dernier, à Salon-de-Provence. Après une campagne 2018 marquée par une baisse de récolte significative, le prévisionnel de la campagne 2018-2019 est plus souriant, avec « une base normale », rappelait le président de l’ODG, Thierry Icard, en accueillant les participants.

Créé en 1999 et lancé à Vinexpo, le vin de pays Portes de la Méditerranée est une dénomination jeune : elle devient ‘Vin de pays de Méditerranée’ en 2007 pour évoluer en Méditerranée, Indication géographique protégée (IGP) en 2009. Son 20e anniversaire sera d’ailleurs fêté le 5 juillet prochain, à Marseille. Aujourd’hui, la fédération Inter-Med couvre dix départements, gérés par sept syndicats, également Organismes de défense et de gestion (ODG) de leur département. « Ce choix a été fait pour optimiser l’organisation de l’IGP Méditerranée, qui travaille en étroite collaboration avec les ODG départementales, et qui gère directement les négociants et tout ce qui a trait au contrôle des vins conditionnés », notait Thierry Icard en ouvrant l’assemblée générale de la fédération et en saluant une vérité bien installée : « L’IGP Méditerranée est une valeur reconnue. Ces nouveaux locaux augurent de notre collaboration avec Coop de France Alpes Méditerranée et CER France, et, surtout, devraient permettre d’assurer de nouveaux services, optimisés pour nos adhérents. Nous ne sommes ni le maillon faible, ni le chaînon manquant. Et ce n’est pas fini ! Depuis deux ans, nous allons conquérir de nouveaux marchés vrac, grande distribution, export… dans le sillon des vins de pays. La prochaine étape, ce sont les effervescents. Et pour développer ce segment, il nous faut des volumes conséquents ».

Consolider le segment et miser sur les bulles.

Après une construction qui aura duré deux décennies, « l’IGP Méditerranée a trouvé son rythme de croisière », relançait Thierry Icard. Et pour préserver cette bonne dynamique, pas question de se reposer sur ses lauriers. « Nous devons continuer à investir et être irréprochables sur nos produits, accentuer les politiques de prospections et optimiser notre gouvernance régionale. Car il va nous falloir développer des actions régionales et faire bloc. Nous pesons, dans le paysage viticole, et nous devons renforcer cette position, tout en respectant nos spécificités départementales. »

Car le président est conscient que les années difficiles à répétition peuvent s’enchaîner, comme cela fut le cas en 2017 et 2018. « Gérer le manque de vin est un travail difficile. Nous avons bataillé pour avoir les effervescents et nous devons pleinement développer cette catégorie à l’avenir », lançait-il, avertissant qu’il fallait continuer à se remettre en question, et être prêt à de nouveaux défis. « Méditerranée a des atouts à préserver, notamment ses assemblages rosés et ses bulles. La loi santé 2018-2022 va malmener la viticulture et veut considérer le vin comme une drogue. C’est une menace supplémentaire, au même titre que la flavescence dorée qui touche notre vignoble. La réglementation va nous imposer la Haute valeur environnementale d’ici 2030. Nous pourrons compter sur les cépages résistants, une alternative qui contribuera à calmer l’opinion publique et offrira des solutions aux vignerons que nous sommes. D’ici là, nous devrons conforter la ‘Méditerranée attitude’. Profitons de cette période confortable économiquement pour consolider notre segment, car nous avons en face des prétendants qui ne nous ferons pas de cadeau. Mais qu’on se le dise, nous veillerons au grain… » a conclu Thierry Icard, avant de passer à la table ronde sur la protection internationale1.

Céline Zambujo


ViticultureInter-med rosé bulles effervescents igp méditerranée