Groupement des trufficulteurs de Vaucluse : Importants sujets au menu

Publié le 13 octobre 2020

Au cours de la présentation de l’intérêt de créer un GIEE sur la truffe, les questions ont fusé, en particulier sur le financement de la recherche ou sur l'étude sur les ombrages et paillages. (© F. Pabst)

Le syndicat des trufficulteurs de Vaucluse a tenu son assemblée générale au centre culturel de Vaison-la-Romaine, samedi 3 octobre. Au cœur des débats : le renforcement des appuis techniques auprès de la Chambre d'agriculture avec la création d'un GIEE, le plan de relance à la plantation et la récurrence des vols et des dégradations par les sangliers.

D'emblée, la présidente du Syndicat des trufficulteurs de Vaucluse, Véronique Michelet, avertit : « Cette assemblée générale aurait dû se tenir en avril, aussi je vais largement déborder sur 2020 pour vous informer des derniers travaux aboutis ou en cours du syndicat ». Ainsi, dans son rapport d’activité, elle insiste tout d’abord sur la rencontre qui a eu lieu avec une délégation de sénateurs, à Grignan, à laquelle participait Michel Tournayre, président de la Fédération française des trufficulteurs ; puis à Richerenches, avec les présidents des Syndicats de trufficulteurs de la région1. À chaque fois, le même sujet : « Nous avons insisté sur la nécessaire prise de conscience que la truffe est un produit du terroir, que l'on doit valoriser et préserver » Pour ce faire, les syndicats ont mené des campagnes de communication, afin de « mettre en avant notre produit et expliquer au grand public cette production : sa saison de la truffe, ses différents marchés, ses prix, ses vols… ».

Tout au long de la campagne, la présidente n’a pas manqué de représenter le syndicat au travers de diverses réunions proposées par les fédérations régionales et nationales des trufficulteurs, le GDA du Ventoux, lors de l’assemblée générale de la Confrérie des rabassiers du Comtat ou encore lors de la présentation de la fête de la truffe d'Apt. La présidente a également insisté sur l’importance des formations proposées en interne aux adhérents – en mars, à Mornas, en juin, à Flassan, ou encore à Saint-Didier, en novembre –, regrettant que deux conférences aient dû être annulées en début d'année, la première sur le comportement et le dressage truffier du chien, la seconde sur les différentes espèces d'arbres et plantes amies.

Enfin, Véronique Michelet alerte sur « la multiplication des manifestations » ayant trait à la production qui se tiennent « sans connaissance en matière de truffes, et sans expertise ». Heureusement, la Fédération française des trufficulteurs vient d’établir « une charte qualité qui devra être affichée à l'entrée de toute fête », afin de garantir aux consommateurs et visiteurs qu’il s’agit bien de truffe française.

Sangliers et vols toujours problématiques

Autre sujet de préoccupation pour les trufficulteurs : les dégradations causées par les sangliers. Pour preuve, quelques chiffres rappelés par la présidente. Ainsi, 8500 prélèvements sont été réalisés en 2019, contre plus de 11 000 en 2017. Mais Véronique Michelet alerte : « Moins de prélèvements ne veut pas dire moins de sangliers ! Et il n'y a pas d'indemnisation sur la récolte. Pourquoi ? J'ai posé la question à la Fédération nationale des chasseurs, j'attends la réponse ».

Second sujet d’inquiétude : le problème récurrent des vols. « Certes, ils ont été moins présents cet hiver, mais ils ont bien existé. Et compte tenu de la faible production, les voleurs se sont reportés sur les plants truffiers dans les pépinières ou sur les chiens ! », constate-t-elle, amère. Avec la gendarmerie, des dispositions ont été prises pour une meilleure prise en compte des sinistres : « Nous avons convenu d'établir, avec elle, une convention de collaboration et un protocole commun de prise des dépositions » annonce la présidente.

Plan de relance

Heureusement, tout n’est pas noir. Ainsi, la conseillère régionale chargée de l'agriculture, Bénédicte Martin, a développé le dispositif de soutien à la plantation mis en place par le Conseil régional : « C'est un plan signé pour trois ans, avec une dotation de 100 000 euros pour les trufficulteurs, et un plafond de 60 hectares aidés par an ». Pour avoir accès à ce plan de relance, les bénéficiaires doivent être affiliés à la MSA, établis en région Sud et adhérents au syndicat départemental. Par ailleurs, le projet de plantation de nouvelles truffières doit faire la preuve de la qualité des parcelles choisies (avec expertise de qualité du sol), tandis que la densité de plantation doit être comprise entre 150 et 300 plants/ha, avec des plants certifiés Inrae ou CTIFL.

Sont alors éligibles : le coût des plants certifiés et un forfait plantation (2000 €/ha). Le taux d’aide est de 30%, majoré de 10% pour les exploitations certifiées Haute valeur environnementale ou Agriculture biologique. Toutes les informations et les dossiers sont à retrouver sur le site du Conseil régional sud (www.maregionsud.fr). « Au-delà du soutien à la plantation, ce plan de relance est une véritable reconnaissance de notre action professionnelle », a insisté Véronique Michelet.

Francis Pabst, CLP


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