Groupement des oléiculteurs de Vaucluse : Une année marquée par le Covid

Publié le 20 octobre 2020

Les actions du Groupement des oléiculteurs de Vaucluse ont, comme d’autres, été fortement limitées du fait de la crise de la Covid-19, et du confinement printanier. (© P. Nicolas)

Dans un contexte morose, de faibles rendements et de faibles récoltes, le Groupement des oléiculteurs de Vaucluse, fort de plus de 300 adhérents, tient bon la barre et le cap. En assemblée générale à Oppède, samedi dernier, l’association a fait le point sur ses actions et la situation de la filière.

Tandis que, sur la tribune, on dispose quelques rameaux d’oliviers, Éric Mathieu accueille la bonne cinquantaine de producteurs et de mouliniers présents, ce samedi 10 octobre matin, à Oppède. Le président du Groupement des oléiculteurs de Vaucluse (GOV) est visiblement satisfait : « Malgré le contexte du Covid-19, nous sommes nombreux ce matin, ce qui prouve bien la vitalité de notre association, et de la filière oléicole vauclusienne ».

Après quelques mots d’accueil du maire de la commune, Jean-Pierre Gérault, Frédéric Nibbio, du Moulin Saint-Augustin – l’un des 11 moulins partenaires du GOV – ouvre la séance avec son point de vue sur la campagne à venir. « Nous avons prévu d’ouvrir le moulin le 26 octobre. La campagne s’annonce plutôt dans la catégorie ‘moyenne moins’, mais je pense que nous produirons quand même plus que l’année dernière. » Et le moulinier d’inciter à suivre son exemple : « Nous avons planté 2700 arbres en six ans, il nous faut absolument développer notre capacité de production ».

Une récolte plus que moyenne

Après qu’Éric Mathieu ait remercié les partenaires financiers du GOV – la Région Sud, le Département de Vaucluse, le Crédit Agricole, le Comité de promotion des produits de Vaucluse et France Olive – c’est Isabelle Casamayou, coordinatrice de l’association depuis sa création il y a 25 ans, qui présente le bilan de l’activité de l’année écoulée. Elle commence, naturellement, par le bilan de la campagne 2019-2020, qui fut particulièrement médiocre. « La production française a peiné à atteindre les 3000 tonnes, le Vaucluse apportant pour sa part 380 tonnes. Les causes de cette faible production sont multiples : 2019 a été une année sèche, avec des températures élevées en juin, et beaucoup de pluies en automne. Les attaques de mouches ont été difficilement contrôlées, et l’œil de paon a provoqué des défoliations continues depuis 2018. »

Malheureusement, la campagne à venir n’apparaît « pas enthousiasmante », dans le Vaucluse ailleurs. De nombreuses disparités de charges sont observées entre des parcelles parfois voisines, sans qu’une cause précise puisse l’expliquer. « Malgré une floraison satisfaisante, la coulure est fortement marquée. Et, de nouveau la dalmaticose est présente, avec une présence accrue », précise la directrice.

Un programme d’action bousculé par le Covid

Les actions du Groupement des oléiculteurs de Vaucluse ont, comme d’autres, été fortement limitées du fait de la crise de la Covid-19, et du confinement printanier. Beaucoup d’opérations ont ainsi dû être tout simplement annulées, qu’il s’agisse d’actions techniques ou d’opérations de communication, comme la Fête de l’olive de Gordes, en août dernier.

Mais d’autres actions ont pu avoir lieu, en particulier des actions techniques sur la biodynamie, les amendements, une bonne partie des démonstrations de taille, la protection estivale contre la mouche et le suivi de parcelles sur les dégâts qu’elle provoque. Un test a également été mené, mi-juillet, sur le dispositif de piégeage massif SEDQ, financé par France Olive. Le rendu de ce test est prévu pour le 20 octobre prochain.

Le salon Oleatech organisé par le Civam a également pu avoir lieu, cette année à Gordes. 500 personnes y sont venues pour rencontrer les 30 exposants présents. Côté communication, l’action du GOV a donc été restreinte par le contexte du Covid-19. Heureusement, tout n’est pas noir : ainsi, la délégation qui s’est rendue au Salon de l’agriculture a eu un grand succès, et les 70 litres d’huile montés en train ne sont pas redescendus…

L’essentielle maîtrise de la production

Il conclura l’assemblée en passant la parole aux invités, à commencer par Bénédicte Martin, présidente de la commission ‘Agriculture’ de la Région Sud, qui a salué le travail de la filière oléicole jugée « exemplaire », tout en rassurant les producteurs présents sur le maintien des budgets consacrés par la Région Sud à cette filière, qui seront « sanctuarisés ».

Pour terminer cette rencontre, Laurent Belorgey, président de France Olive, a tenu à prendre la parole pour livrer un vibrant plaidoyer, en direction des mouliniers comme des producteurs. « Les volumes sont en baisse d’année en année. Nous devons absolument pouvoir maîtriser notre capacité de production, et c’est l’affaire de tous. J’appelle les mouliniers à s’intéresser aux techniques de conservation des huiles : notre dernier évènement ‘TechnoHuile’, organisé en webinaire pour cause de Covid, y était consacré. C’est cette année qu’il faut investir dans le matériel de stockage et de filtrage. Et j’appelle les producteurs à s’organiser pour être plus réguliers, en renforçant par exemple le travail dans les terres ».

Pierre Nicolas, CLP


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