Groupement des oléiculteurs de Vaucluse : au régime sec !

Publié le 10 octobre 2022

Après 820 tonnes récoltées l’an dernier, le Groupement des oléiculteurs de Vaucluse s’attend à une faible récolte cette année.(CZ)

Beaucoup de nouvelles préoccupantes – mais quelques bonnes aussi – étaient au menu de la 27e assemblée générale du Groupement des oléiculteurs de Vaucluse à Puyvert, samedi dernier.

Chaque année, l’assemblée générale du Groupement des oléiculteurs de Vaucluse se déroule dans une commune différente, à l’invitation de l’un des 12 moulins partenaires. Cette année, c’est le Moulin de Puyvert qui a pris en charge l’évènement. Et c’est donc à l’Espace Mistral, salle polyvalente de la commune, que s’est tenue cette assemblée, devant une bonne soixantaine d’adhérents.

Une rencontre qui a également été le ‘baptême du feu’ pour Edgar Raguenet, le nouvel animateur qui a pris la suite d’Isabelle Casamayou, cette dernière ayant fait valoir ses droits à la retraite au printemps dernier. “Après quelques mois d’activité, je crois pouvoir affirmer que nous avons fait le bon choix en recrutant Edgar”, a affirmé le président, Éric Mathieu. Ce changement est, à ses yeux, l’un des faits marquant de l’année, l’autre étant malheureusement, la “dramatique sécheresse” qui a touché les vergers vauclusiens, laissant prévoir une récolte maximum de 280 tonnes, alors qu’elle est en moyenne de 430 tonnes. “Et ce, après que nous ayons au contraire vécu une année exceptionnelle en 2021, avec 820 tonnes récoltées, ce qui faisait du Vaucluse le 2e plus gros département producteur de France”, a expliqué le
président.

Un programme d’actions bien rempli

Le nouvel animateur du groupement a ensuite dressé le rapport d’activité bien fourni de la structure, durant l’année écoulée : actions de formations à la taille, particulièrement appréciées avec plus de 400 participants recensés ; journées consacrées à la restructuration des vergers, à la sensibilisation au rôle des haies, ou à l’aide que l’inule visqueuse peut apporter dans la lutte contre la mouche de l’olive. Sans compter les suivis de parcelles, permettant justement d’avoir une image précise des dégâts provoqués par ladite mouche, ou les tests de nouveaux dispositifs de protection.

Les actions de communication ont également été nombreuses cette année encore. Même si le groupement a décidé, par prudence sanitaire, de ne pas participer au Salon de l’agriculture, il a organisé, en collaboration avec six de ses moulins partenaires, le ‘Marché des terroirs’ à Gordes, le 7 août dernier, avec l’appui du Département, de la Région et du Crédit Agricole. Malgré le modeste succès de cette manifestation, il a été décidé de la reconduire en 2023.

Enfin un bénéfice !

Puis, Marlène Bourgeois, trésorière du groupement, était fière de présenter les comptes de la structure. “Cela fait sept ans que je suis la trésorière de notre association. Et c’est la première année où je vais avoir la chance de vous annoncer un résultat bénéficiaire, de 1 001 euros exactement !” Grâce au soutien de trois principales subventions – le Département, la Région et France Olive – le groupement arrive donc à équilibrer son budget et à assumer ses charges, composées aux deux tiers par les frais de personnels.

Après avoir évoqué les projets pour l’année 2023 – à savoir la poursuite des actions menées jusqu’ici – et obtenu, à l’unanimité, le renouvellement du tiers sortant des administrateurs, le président a donné la parole aux représentants des différentes puissances publiques présentes.

L’eau, un enjeu central

C’est d’abord Claire Aragones, conseillère régionale et maire des Baumettes, qui s’est exprimée devant l’assemblée des oléiculteurs. “L’olivier est un élément structurant du paysage méditerranéen. Et la Région Sud représente à elle seule 66 % de la production française. Votre filière est extrêmement qualitative, elle fait partie de nos filières d’excellence. Cependant, il pèse sur elle plusieurs sources d’inquiétudes : d’une part, les menaces grandissantes sur l’alimentation en eau. D’autre part, les infestations de la mouche de l’olivier. Et, enfin, la fragilité d’une filière qui n’est pas composée que de professionnels”.

Le vice-président du Département, Christian Mounier, a complété ce propos. “Pour qu’un département soit attractif, il faut que ses filières agricoles soient attractives. Nous accompagnons la promotion des différentes filières précisément dans cet esprit. Mais notre agriculture est menacée par le problème de la ressource en eau. Aussi, l’assemblée départementale a-t-elle décidé de développer les différents réseaux d’irrigation. Et notamment dans le nord du département, avec le projet des Hauts de Provence rhodanienne (HPR, ndlr), qui permettra l’alimentation en eau de 15 000 à
20 000 hectares de terres. Ce projet, mené avec les services de l’État, aura bien évidemment un coût conséquent, qui aura peut-être pour conséquence de faire baisser, en 2023, l’aide que nous vous apportons
”.

Pour conclure, Laurent Belorgey, président de France Olive, a rappelé que l’interprofession travaillait “d’arrache-pied à l’adaptation de nos cultures au dérèglement climatique”, a-t-il expliqué. 

Pierre Nicolas, CLP


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