Gel : la Région Sud annonce une enveloppe de six millions d’euros

Publié le 27 avril 2021

Sur l’exploitation de Xavier Anglès, Georgia Lambertin, présidente CA 84, le préfet, Bertrand Gaume, Bénédicte Martin, Région Sud, André Bernard, président de la CRA Paca, ont accompagné Renaud Muselier sur le terrain (© ML)

Mardi 20 avril, le président de la Région Sud, Renaud Muselier, s’est rendu auprès des agriculteurs pour évoquer les différentes aides mobilisées pour les exploitations touchées par le gel. Une tournée qui a d'abord pris la direction du Vaucluse, à Châteauneuf-de-Gadagne, puis des Bouches-du-Rhône, à Châteaurenard.

Pour les agriculteurs de la région, l’ampleur des dégâts est telle qu’ils se sont déplacés nombreux lors de la visite du président de la Région Sud, Renaud Muselier. "Je m’attendais à une petite visite de terrain, mais vous êtes venus nombreux. C’est la preuve d’une très forte attente. Mon combat d’aujourd’hui est l’immédiateté. J’ai fait voter des enveloppes rapidement, je serai maintenant attentif à ce que le traitement des dossiers se fasse dans un circuit court", martèle Renaud Muselier. Accompagné de Bénédicte Martin, présidente de la commission ‘Agriculture, viticulture, ruralité, forêt’, il avait annoncé, pour 2021, près de 70 millions d’euros (M€) d’investissement, pour répondre aux besoins actuels et anticiper le changement climatique. Suite aux événements du 7 avril, Renaud Muselier débloque 3 M€ d’aide régionale exceptionnelle, en soutien immédiat à l’agriculture locale. À ces trois millions s’en ajoutent trois autres, pour financer de nouveaux prêts à taux zéro. À ces aides votées en session plénière ce vendredi 23 avril, d’autres s’ajouteront peut-être. "Si je suis élu", ajoute le président de région, en campagne pour les élections régionales de juin 2021.

En Vaucluse comme dans les Bouches-du-Rhône, l'attente est forte

Arrivé à Châteauneuf-de-Gadagne, le président a rapidement compris l’urgence de la situation. Chez les frères Mistral, au milieu des poiriers, de la même manière que chez Xavier Anglès, dans les vignes, le constat est le même : la majeure partie des récoltes est perdue. Le viticulteur insiste : "Vous verrez d’ici quelques mois, la végétation sera là, mais pas les fruits. On devra très probablement devoir attendre 2023 pour refaire des ventes et, au cours de ces deux ans, il va falloir nous aider". Nicolas Berger, producteur de pommes, en profite pour remettre sur le tapis la question des assurances : "Nos pertes sont estimées à des centaines de milliers d’euros par exploitation, et je ne parle pas que pour les pommes. À côté de ça, on a les moyens d’assurer nos tracteurs, mais pas nos récoltes, parce que c’est trop cher : il est temps de faire quelque chose". Même son de cloche à Châteaurenard, pour Patrice Vulpian, secrétaire général de la FDSEA 13 et producteur de fruits à noyaux, qui reproche également à l’Europe de bloquer de l’argent "au nom de la non-concurrence".

Chacun attend donc finalement de voir ce qui sera fait suite aux annonces qui se succèdent. Les Jeunes agriculteurs restent, quant à eux, deux fois plus attentifs. Dans le Vaucluse, Bruno Bouche, leur président, ne cache pas sa surprise : "Nous attendons des décisions dans l’accompagnement des jeunes sur la sécurisation des récoltes". Conscient que le gel a touché jeunes et moins jeunes indifféremment, il rappelle le manque de trésorerie des premiers. Dans les Bouches-du-Rhône, après des demandes similaires sur le Domaine des Blaquières chez Clément Bernard, Renaud Muselier a spécifiquement demandé à son équipe de voir avec les JA quelles réponses pouvaient être apportées sur ce point précis.

Réfléchir à l’avenir

Au-delà d’une aide immédiate, c’est également du futur de l’agriculture qu’il s’agit. "Il y a aujourd’hui un dérèglement climatique que les agriculteurs subissent. Il faut revoir l’assemblage des aides et la solidarité nationale, certes, mais il faut également préparer demain. Quelles technologies pouvons-nous utiliser contre le gel ? Une éolienne qui chauffe la terre par le dessous oui. Mais 500 000 euros pour sauver deux hectares de vergers… Il y a un travail à faire ensemble pour trouver des solutions " clame André Bernard, président de la Chambre d’agriculture Paca. À Châteaurenard, lorsqu’il évoque également la nécessité d’économiser l’eau, certains producteurs lui font remarquer la difficulté de faire mieux dans un territoire aussi sec. L’occasion, pour Renaud Muselier, de rebondir et de rappeler les investissements soutenus par la Région et surtout, le bilan et la projection du projet Prohydra1.

Le président de la Région Sud rappelle également qu’après le Covid, la priorité sera à la protection du territoire : "Nous allons sortir de cette crise et apprendre à vivre avec le virus. Demain, la vie va reprendre partout, mais pas de la même manière. L’alimentation va s’inscrire mécaniquement et c’est à ce moment qu’il faudra être vigilant pour ne pas se laisser dépasser par nos voisins". En accord avec les agriculteurs présents dans les deux départements visités, il conclut : "Plus loin encore que la survie de nos agriculteurs, il en va de la souveraineté alimentaire de notre pays".

Manon Lallemand

(1) Lire nos éditions du 1er janvier 2021 et du 2 avril 2021.


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