Fraises : l’Aprel tire ses premières conclusions

Publié le 18 mai 2021

L’observation des plants et la dégustation des fruits lors des essais restent, pour les producteurs, la meilleure façon d’anticiper les futures plantations. (© ML)

Le 22 avril dernier, l’Aprel recevait quelques producteurs de fraises sur l’exploitation d'Olivier Dubourg, à Mazan. Au programme : comparaison des plans et dégustation des quinze variétés de fraises testées en tunnel froid cette année.

À la suite des plantations de décembre, les récoltes des essais de fraises réalisés par l’Aprel ont débuté le 25 mars, soit, une dizaine de jours plus tard qu’à l’habitude. La faute à un mois de février quelque peu chaotique et à des gelées historiques1. À Mazan, compte tenu de la proximité du Mont Ventoux, les températures sont parfois descendues jusqu’à -6°C, -1° dans les tunnels. "C’est difficile d’anticiper, d’autant plus que ça fait deux ans que nous n’avons pas eu de telles gelées. Chaque année il y a des aléas, en 2021, c’est celui du froid", explique Élodie Derivry, chargée d’expérimentation de l’Aprel. Une météo qui a effectivement beaucoup impacté les essais, réalisés cette année uniquement en tunnel froid : certaines variétés ont moins donné. D’autres ont vu leur aspect changer, c’est le cas de l’AN09, avec sa coloration trop pâle et ses akènes trop saillants.

"J’attendais beaucoup de Duchesse, qui semble finalement très en retrait par rapport à Cléry", avoue Sylvia Gasq, conseillère à la Chambre d’agriculture de Vaucluse. " Manon des fraises de son côté est très belle. Mais les plans ne produisent rien" s’exclame-t-elle. Les producteurs regrettent effectivement le manque de potentiel, mais font le même constat pour les variétés Duchesse et D13.101 ont pour point commun d’être bien équilibrées, mais beaucoup trop hautes et feuillues.

Des petites fraises façon 'fruits des bois'

"Côté pression maladies et ravageurs, rien à signaler à part quelques pucerons rapidement exterminés. Pour les sucres, c’est satisfaisant " énumère la chargée d’expérimentation. "La typologie des fruits montre en revanche un certain nombre de différences, pas tant pour la couleur mais surtout pour la question du calibrage", poursuit-elle. Une pousse ralentie par le froid, mais aussi par l’apparition de variétés plus petites.

La taille de fruit ne change cependant pas son goût, mais les producteurs s’interrogent, d’autant plus que la conduite des essais s’effectue avec Cléry comme témoin. "Nous sommes formatés sur Cléry. C’est donc assez déstabilisant de voir des fraises si petites", explique Sylvia Gasq. Les producteurs présents sont pourtant unanimes : le client préfère dorénavant les fruits de petit calibre et "leur aspect 'fraise des bois'". Dans l’imaginaire collectif, elles sont effectivement associées au "fait maison", à la petite culture bio du bout du jardin. Peu habitués, les fraisiculteurs continuent de veiller au grain quant à l’évolution des habitudes, pour satisfaire au mieux les consommateurs. Ils attendent la poursuite des essais dont les récoltes s’effectueront jusqu’à début juin.

Manon Lallemand


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