Formation : L’échange « gagnant-gagnant » de l’apprentissage à la MFR

Publié le 02 août 2021

Une partie de l’équipe pédagogique entoure Patrick Chaze. A sa gauche, Catherine Ducord, secrétaire chargée de l’apprentissage et Alexis Sommeillier, enseignant en sciences. A sa droite, Lucie Gregoire, enseignante en communication. (© ML)

La Maison Familiale Rurale (MFR) de Haut Vaucluse aime cultiver la réussite et pour cela, l’équipe dirigeante a mis en place diverses formations accessibles par l’apprentissage. Avec un réseau en développement constant, elle s’accorde au maximum avec les problématiques actuelles de transition agroécologique.

Issue de l’antenne de la MFR de Richerenches, dans l’Enclave des Papes devenue trop importante, une nouvelle MFR s’est implantée dans le Haut Vaucluse en 2016, à Bollène. La structure qui, à l’époque ne proposait qu’un bac pro et un BTS a depuis étoffé son offre et a obtenu une reconnaissance ministérielle en 2019. Patrick Chaze, directeur et enseignant en agronomie, prône une institution « à taille humaine ». « Quand une MFR devient trop importante, il est nécessaire de créer une nouvelle antenne afin de conserver cette proximité avec nos étudiants, qu’ils se sentent bien dans leur formation », explique-t-il.

C’est précisément cette raison qui a poussé la structure du Château de Bellevue à organiser une pré-rentrée pour les étudiants des deux BTSA au début du mois de Juillet. « Cette année, nous avons environ 150 apprenants, dont une grosse trentaine pour la première année de BTS. Cette pré-rentrée avait pour but de mettre les élèves dans une situation rassurante et de les aider dans leur recherche d’apprentissage », poursuit le directeur. Une stratégie qui a fonctionné puisque les trois quarts des jeunes ont aujourd’hui trouvé leur apprentissage, dont dix après cet après-midi de rencontre avec l’équipe pédagogique.

 

L’enjeu de l’apprentissage

« Nous avons un réseau de maîtres d’apprentissage qui se diversifie, mais nous avons encore des besoins et il n’est pas trop tard pour passer le cap cette année », s’exclame Patrick Chaze. Les étudiants concernés ont encore plusieurs semaines pour décrocher l’apprentissage tant rêvé, même après le début des cours en septembre. D’autant plus qu’une aide exceptionnelle à l’apprentissage est toujours proposée pour les entreprises. Un contrat signé entre juillet 2020 et décembre 2021 donnera effectivement lieu à une aide 5 000€ si l’apprenant est mineur, 8 000 € s’il est majeur. « Il y a un effet porteur, c’est certain et même si nous restons évidemment vigilants à ce que ce ne soit pas une excuse pour recruter un ouvrier polyvalent à bas prix, nous constatons un véritable engouement autour de l’apprentissage », confirme le directeur.

Tout droit sortis de baccalauréats S et STAV (sciences et technologies de l'agronomie et du vivant) pour la plupart, de moins en moins des étudiants sont issus de familles d’agriculteurs. La volonté de se former au milieu est forte, mais le profil change. Si ces jeunes – ou moins jeunes, puisque la MFR accueille également des personnes en reconversion et des agriculteurs qui souhaitent se pencher sur des formations complémentaires – ont envie de se lancer dans l’agriculture, c’est de plus en plus par conviction qu’ils y sont amenés. Une philosophie oui, mais pas à n’importe quel prix. Environnement, revalorisation des salaires, perspectives d’installation, besoin de mobilité… A la MFR, l’apprentissage s’organise avec 18 semaines au Château de Bellevue et le reste en entreprise. Un système « gagnant-gagnant », d’après Patrick Chaze. « Il faut être en accord sur les perceptions de l’exploitation de demain et les agriculteurs sont tout à fait conscient que la transition agroécologique est amorcée. Ils apportent le pragmatisme aux jeunes, mais eux aussi ont quelque chose à donner : une vision, l’innovation. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de l’apprentissage avec ce double tutorat, par le suivi académique et l’apprentissage sur le terrain », poursuit-il.

 

Etoffer l’offre de formation

A l’heure actuelle, la MFR de Haut Vaucluse propose des formations à partir de la seconde jusqu’à la licence pro. Dès le début, Patrick Chaze, qui en 2016 était en charge du développement des formations, avait fait le choix de proposer une véritable école de formation supérieure et continue, sans faire de concurrence aux autres MFR. « Ce n’était pas l’objectif. Ce que nous voulions, c’était proposer des formations à tous types de profils », insiste-t-il. De la seconde, il est donc possible de rejoindre un bac pro Conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA) avec une spécialisation grandes cultures ou polycultures et élevage. Un choix entre les milieux végétal et animal qui peut ensuite être approfondi par un BTSA (agronomie et production végétal pour l’un, production animale pour l’autre). « Le parcours a été imaginé afin que des passerelles puissent être faites en cas de réorientation. Nous nous sommes notamment aperçus que si certains étudiants envisageaient de s’installer sur leur propre exploitation, beaucoup pensaient d’abord à travailler quelques années dans le conseil. C’est la raison pour laquelle nos BTS sont assez scientifiques et techniques et que des parcours d’initiation à l’installation ont été mis en place », développe le directeur. Au Château de Bellevue, une licence Transition agroécologique des territoires a également été mise en place en partenariat avec l’Université d’Avignon.

L’offre compte plusieurs formations continues à destination des agriculteurs eux-mêmes, notamment pour les certifications professionnelles telles que Certiphyto, et des ouvriers agricoles polyvalents (en viticulture-arboriculture d’une part, en serre et pépinière d’autre part). A court terme, ces formations ont vocation à devenir qualifiantes (CQP). Il conviendra également de proposer quelque chose sur les systèmes alimentaires : « Il ne s’agit pas que d’agroécologie au niveau de la production. Il faut que notre offre aille de la fourche à la fourchette et donc proposer des formations en transformation et commercialisation ». Des nouveautés devraient ainsi être proposées dès la rentrée 2024. Celles-ci vont d’ailleurs de pair avec la transformation des formations  de BTS et licence qui sont en voie de modularisation, notamment pour être appréhendés pour toute personne souhaitant utiliser son Compte Professionnel de Formation (CPF). Ces modules seront quant à eux accessible à la rentrée 2023.

 

Manon Lallemand

 

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