FNSEA - JA : Un appel au patriotisme gastronomique

Publié le 24 novembre 2020

Christiane Lambert, Jérôme Despey et Samuel Vandaele – respectivement présidente et vice-président de la FNSEA, et président des JA –, ont tenu une conférence de presse ce mercredi pour lancer un « appel au patriotisme gastronomique » pour les fêtes

Face au principe de réalité et « pour se préparer au mieux après avoir tiré les enseignements du premier confinement », la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont tenu ce mercredi une conférence de presse pour annoncer le plan de bataille mis en place pour soutenir l’agriculture française, alors que se profilent les fêtes de fin d’année, vitales pour nombre de filières agricoles, et encore plus cette année.

Pas de répit pour les braves ! Depuis le déconfinement de mai, les équipes de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs n’ont pas chômé pour « tirer les enseignements du premier confinement », enchaînant réunions pour éteindre les feux naissants sur ce reconfinement : maintien des marchés de plein vent, solutions pour la vente des sapins de Noël, dérogation pour les chasseurs... « Tout n’est pas réglé », reconnaît la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, évoquant en particulier la situation des horticulteurs et de leur production de fleurs coupées. « Nous espérons pouvoir les retrouver à côté des sapins de Noël », glisse-t-elle, revenant néanmoins sur d’autres réussites : les mesures de crise prises pour la viticulture, la prorogation du dispositif d’aides au logement pour les saisonniers…

« La communication positive portée lors du premier confinement sur les métiers de l’agriculture et notre alimentation – avec la campagne sur les réseaux sociaux ≠onvousnourrit – a très bien marché et nous devons continuer à capitaliser dessus », citait pour sa part Samuel Vandaele, pour les JA, saluant « l’adaptation » des agriculteurs et des entreprises « qui ont su se diversifier, avec l’ouverture de drive, l’accueil à la ferme… », tout en relevant le défi du respect des consignes sanitaires et de la poursuite des programmes de formations, Certiphyto et installation en tête : « Il est vital de ne pas avoir d’année blanche en termes d’installation, car un agriculteur sur deux a plus de 50 ans aujourd’hui. Il faut préserver l’avenir. »

Un appel aux Français(es)

Mais loin de tout angélisme, les deux présidents sont bien conscients qu’il faut encore aller plus loin. « Nous lançons un appel vibrant, un cri du cœur, à nos concitoyens pour consommer local et porter haut le patriotisme gastronomique français », résume Christiane Lambert. « Les fêtes qui s’annoncent doivent rester placées sous le signe du plaisir et de la convivialité, de l’échange autour de produits festifs, quels que soient nos budgets. J’appelle les Français à garder une place notable pour les produits agricoles français dans ce budget, encore plus cette année : les consommateurs doivent soutenir les producteurs français, plus même que lors du premier confinement, car après Noël, certains produits n’auront plus de valeur. » Dans le viseur, les chapons, cailles et autres pintades, qui ont pour principale période de vente la fin d’année. « Je pense aussi aux pisciculteurs et aux producteurs de gibier, car la chasse au gibier à plumes est fermée. Ils doivent faire avec un surcoût alimentaire de l’ordre de 100 000 euros par jour, faire avec des volières en ‘crise du logement’, avec des animaux qui poursuivent leur croissance. »

Pour anticiper, la FNSEA et les JA ont travaillé avec les industriels et les métiers de bouche, pour proposer aux Français des conditionnements plus petits et adaptés aux fêtes de famille moins nombreuses qui s’annoncent. Mais là encore, l’adhésion des consommateurs doit être pleine et entière. Car, même si cette fois-ci les cantines restent ouvertes, la fermeture des bars et des restaurants « chamboule » tous les circuits commerciaux, les flux logistiques et pose question sur la segmentation des conditionnements. Autre inquiétude, celle pour la filière des fleurs coupées. « L’horticulture française est dans une situation d’extrême difficulté, en particulier les producteurs de fleurs coupées et de plantes de Noël : elles doivent trouver une place aux côtés des points de vente des sapins de Noël, qui viennent d’obtenir une dérogation », rappelle Christiane Lambert.

Sauver la souveraineté alimentaire

« Le mot ‘ensemble’ n’a jamais eu autant d’importance que cette année », reprend Samuel Vandaele qui lance un appel aux acteurs de la distribution – « pour le respect d’un prix rémunérateur pour les producteurs » –, aux consommateurs – « pour anticiper leurs commandes et donner de la visibilité aux agriculteurs » – et plus largement, « un appel au patriotisme gastronomique : nous devons tous ensemble faire corps pour relever le défi de ces fêtes, et faire bloc autour de nos produits français qui respectent l’environnement, qui sont bons et sains pour la santé. Sans cela, nous ne pourrons plus parler de souveraineté alimentaire en France », lançait gravement le président des JA.

Et pour accompagner la bonne chère, pensons aussi aux flacons des vignerons, des cidriculteurs et des brasseurs qui préparent actuellement la bière de Noël. « Toute la filière paie actuellement un lourd tribut », rappelle Jérôme Despey, vice-président de la FNSEA. « Elle réalise 25 % de ses ventes sur novembre et décembre, et l’on a actuellement 65 % des circuits de distribution fermés. Il faut que chacun se rende compte de ce qui se passe dans l’économie des boissons », conclut-il. Alors, quelques bulles seront bienvenues à Noël, histoire de rendre la vie plus légère quelques instants…

Céline Zambujo


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