Feu dans les Dentelles début des travaux de remise en état

Publié le 21 février 2022

Sur les 240 hectares touchés par l'incendie d'août dernier, plus de la moitié est forestière. (© ML)

Vendredi 28 janvier, à Beaumes-de-Venise, s’est tenue la seconde réunion du Comité technique d’après-feu, organisée par le Parc naturel régional Ventoux. La reconstruction va démarrer sous peu.

L’incendie – qui a ravagé 240 hectares le 17 et 18 août dernier – concerne les communes de Beaumes-de-Venise, Saint-Hyppolite-de-Graveyron, Lafare, La Roque-Alric et Le Barroux. Sur ces 240 hectares, plus de la moitié est forestière, soit 170 ha. Et l’écrasante majorité (192 ha) des zones dévastées par les flammes appartient à des propriétaires privés. Un mois après l'incendie, les visites de terrain avaient montré que l'urgence était à l'organisation1. Depuis septembre, les rouages se sont mis en branle et, le 4 janvier dernier, une Association syndicale libre (ASL) a été créée.

Cette structure opérationnelle – qui rassemble 70 de ces propriétaires privés – est présidée par Anne-Marie Forestier. La réunion de ce vendredi 28 janvier avait précisément pour but de présenter aux maires des quatre communes concernées et à Mme Forestier, ainsi qu’aux représentants de la Région et de l’État, présents par visio-conférence, les résultats de l’étude de restauration des terrains d’incendie, menée par le pôle Défense des forêts contre les incendies (DFCI) de l’Office national des forêts (ONF).

Chutes d’arbres ou de branchages morts

C’est Laurent Velasco, ingénieur forestier de l’ONF, qui a présenté ces résultats. Il a commencé par évoquer les différents risques, de sécurité, forestiers, paysagers et environnementaux étudiés dans le cadre de l'étude menée l'automne dernier. En termes de sécurité, les principaux dangers sont les chutes d’arbres, les coulées de boues, les crues possiblement provoquées par des pluies qui ne seraient plus arrêtées par le taillis, ou la chute de bloc, pour les mêmes raisons. Ces enjeux sont estimés limités, l’épisode orageux du 15 et 16 septembre ayant permis d’observer in situ les risques de crues. Seuls d’importants charriages de marnes ont été observés. Côté chute de blocs, un bon nombre est déjà tombé sur les chemins. C’est donc du côté des chutes d’arbres ou de branchages morts que se situe le principal enjeu de sécurité. C'est pourquoi une opération d’abattage et de nettoyage doit être menée très rapidement.

En matière de risque forestier, là aussi, les dégâts sont heureusement limités. D’une part, la régénération naturelle devrait jouer favorablement. Mais, surtout, la valorisation forestière des bois brûlés devrait être possible. Côté paysage, une opération d’abattage permettra également de limiter l’impact. Enfin, en matière d’environnement, les deux espèces protégées vivant dans la zone sont plus familières des espaces ouverts, et n’ont donc pas été touchées par l’incendie.

Les travaux préconisés sont donc constitués d’un chantier d’abattage, d’installation de fascines sur les zones en pentes, de sécurisation des voies de passages et des talwegs par abattage et recépage. À noter qu'une opération d’entretien des ouvrages hydrauliques doit également être menée. Le tout étant estimé, valorisation des bois déduite, à 133 128 €. Un maître d’œuvre, la société Alcina, et un exploitant forestier, la société EBE – la même équipe que sur l’incendie de Faucon – ont déjà été identifiés. Les travaux devraient commencer mi-février, et se terminer au début de l’été.

Pierre Nicolas, CLP


ViticultureVentouxFeu dentelles travaux bois forêt incendie ONF