Fédération internationale des semences : Les semenciers face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain

Publié le 17 juin 2019

Claude Tabel, vice-président de l’UFS, Franck Berger, président de l’UFS, Eduard Fito et Michaël Kaller, respectivement président et secrétaire général de l’ISF.

Soutenir une agriculture durable en faveur de la sécurité alimentaire : voilà l’objectif affiché par les professionnels du secteur semencier lors du 70e congrès de la Fédération internationale des semences, qui s’est tenu du 3 au 5 juin, à Nice.

Pas moins de 1700 professionnels internationaux de la semence, représentant 63 pays, étaient réunis lors de l’évènement consacré au thème ‘Where knowledge flows’, soit le partage de la connaissance. « Le thème de ce congrès souligne l’importance des échanges et du partage de connaissances, d’expériences et d’expertises, pour amener les professionnels à discuter du futur de la filière », introduit Eduard Fito, président de l’ISF, International Seed Federation, la fédération internationale des semenciers. « La qualité des semences, l’amélioration des variétés, l’investissement dans l’innovation pour l’adaptation au changement climatique et aux attentes des consommateurs » doivent répondre « aux nouveaux défis que rencontre l’agriculture tous les jours. L’industrie semencière est là pour apporter des solutions à ces défis », défend-il.

« Sans innovation, pas d’agriculture »

Un des enjeux d’avenir est la règlementation qui encadre les méthodes d’amélioration des plantes, variable selon les pays. Les semenciers, qui réclament plus de cohérence, jugent que la réglementation, si elle est nécessaire, ne doit pas être un frein à l’innovation. « En France, en moyenne 13% du chiffre d’affaire de nos entreprises est réinvestit dans la recherche et le développement. Le gouvernement français veut engager l’ensemble de l’agriculture dans le sens de l’agro-écologie, qui vise à produire plus et mieux avec moins de ressources. Et c’est une démarche que nous soutenons, mais attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. (…) Le niveau d’investissement n’est pas seulement un marqueur de compétition : notre métier n’existe pas sans cet investissement continu », plaide Franck Berger, président de l’Union française des semenciers, en évoquant les débats sur les nouvelles méthodes de sélection ou ‘NBT’ pour ‘New breeding technologies’, dont la mutagénèse dirigée. « Ces nouvelles méthodes nous permettent d’intervenir de façon beaucoup plus précise sur le génome, de sorte à corriger des défauts ciblés, notamment la résistance aux maladies et la qualité nutritionnelle des produits, deux cibles prioritaires », explique Claude Tabel, vice-président de l’UFS. Et si le terme d’OGM est soigneusement évité, c’est bien là que se cristallisent les débats entre les défenseurs et opposants aux NBT.

« C’est un débat idéologique qui va bien au-delà de la semence et porte sur un choix de société. Dans de grands pays comme la Chine, la Russie ou les États-Unis, la semence est un vrai projet collectif de société. En France, il nous faudrait un vrai grand projet agricole, qui tienne compte de l’importance de l’agriculture pour notre société. On a aussi cette difficulté d’évoluer dans un monde agricole, en évolution, et un monde d’innovations, où l’on se retrouve coincé entre l’image d’une agriculture traditionnelle et la réalité du travail pointu de recherche et développement. Sans innovation, il n’y a pas d’agriculture. Et sans ces nouvelles méthodes, il sera plus difficile d’assurer notre rôle auprès des agriculteurs et de l’agriculture », estime-t-il encore sur le sujet. « Dans de nombreux pays les discussions avancent, et nous avons besoin d’accentuer le mouvement ici, en Europe. La position de l’ISF est bien sûr que les semenciers puissent utiliser ces outils de sélection pour répondre aux enjeux et aux besoins », complète Michael Keller, secrétaire général de l’ISF.

Gabrielle Lantes


OPA - Serv. publicsSemence congrès RPG OGM