Fédération des Cuma de Vaucluse : « Co-inventer Un Meilleur Avenir »

Publié le 09 avril 2020

Frédéric Baumet, président Fédération Cuma 84, remercie ses administrateurs, et les vignerons de Roaix Séguret qui ont offert les vins à l’issue de l’assemblée générale, le 7 février.

La fédération des Cuma de Vaucluse tenait son assemblée générale le 7 février, à Séguret. Ces coopératives de matériel agricole ont une activité économique croissante, et participent à la vie économique locale. Elles veulent être davantage connues des jeunes.

« Cuma pourrait signifier Co-inventer Un Meilleur Avenir ! » Frédéric Baumet, le président de la Fédération des Cuma de Vaucluse – élu en 2019 à la suite de Max Rostello – estime en effet que, pour affronter les défis, le monde agricole a tout à gagner de l’approche collective des Coopératives utilitaires de matériel agricole. « Mais la fibre coopérative n’est pas innée » constate-t-il. C’est pourquoi, il propose de présenter ces structures et leur réseau aux jeunes, dans l’enseignement agricole. Car les Cuma sont un lieu d’innovation et de mutualisation des risques.

Par ailleurs, « des initiatives de collaboration voient le jour, comme le co-farming, qui peut être un complément aux Cuma. Ce sont des nouveaux outils à apprivoiser », a estimé le président, à l’occasion de l’assemblée générale de la Fédération des Cuma de Vaucluse, le 7 février à Séguret. 

Multiples actions

Et les Cuma, dont les adhésions chutent depuis une dizaine d’années, veulent communiquer sur l’intérêt de leur approche collective. « Nous étions quatre. Nous avons créé une Cuma pour acheter en commun une machine à vendanger. Et depuis 17 ans, nous continuons de travailler avec elle ! Les Cuma, ça fonctionne, car c’est avant tout savoir travailler ensemble, dans le respect », a témoigné le président de la Cuma des Pré-Jas, à Roaix.

Et les Cuma sont portées par leur fédération : en 2019, celle-ci a mené de multiples actions pour ses adhérents. D’abord, elle a participé à l’animation de 133 réunions pour les 64 Cuma Vauclusiennes. La fédération les accompagne aussi dans la mise à jour de leurs statuts. Elle organise des réunions d’information sur la création de Cuma, en expliquant notamment que, devenues groupements d’employeurs, les Cuma peuvent embaucher des salariés. Elle réalise des expertises pour la Safer lors de ventes de domaines, afin de vérifier les conformités de matériels. Elle participe aux essais et démonstrations de constructeurs. Elle procède à des études avant investissement, met en relation les Cuma avec des concessionnaires et recherche des financements. Elle effectue, enfin, la comptabilité de la majorité des Cuma.

Activité croissante

Les investissements, sans surprise, sont restés modérés en 2019, à hauteur de 790 000 €, « en raison d’une baisse des adhérents, donc une perte de dynamisme et de motivation » a commenté Max Joubert, directeur de la FD Cuma de Vaucluse. Pourtant, sur les dix dernières années, l’activité économique des Cuma a nettement progressé, de plus d’un million d’euros entre 2008, où le chiffre d’affaires avoisinait 1 230 000 €, et 2018, où il atteint 2 400 000 €. « Cela s’explique car il y a davantage de matériel, même s’il y a moins d’adhérents » observe le directeur.

Ces achats ont concerné principalement des machines à vendanger (400 000 € environ), les grandes cultures et Plantes à parfum et aromatiques (près de 200 000 €), avec la nouvelle Cuma de Sault qui a investi dans des tracteurs et récolteuse de lavandin. Enfin, peu d’achats ont concerné le matériel viticole et, contrairement à 2018, très peu de matériel de traction.

Les financements ont été faits en majorité par emprunt (47%), avec les aides du Conseil régional (20%) et du Conseil départemental (7%). Christian Mounier, président de la commission ‘agriculture’ du Conseil Départemental, a rappelé la volonté du Département de maintenir son soutien financier au secteur agricole, « première économie du Vaucluse, qui est le premier département agricole de la région et aussi le 4e le plus pauvre de France ».

Si les Cuma ont réduit leurs investissements, c’est aussi en raison de mesures favorisant les investissements individuels (Plans de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles, PCAE). Pourtant, l’achat groupé est économique et plus écoresponsable qu’un achat individuel sous-utilisé. De plus, le poste ‘entretien et réparation’ de la FD Cuma 84, en augmentation, atteignant 380 000 € en 2019, signifiant par-là que le matériel est conservé de plus en plus longtemps. Cela encourage la vie économique locale. Gageons que l’agriculture de demain aura des besoins croissants en matériels performants, où la mutualisation pourrait alors bien réapparaître intéressante, en particulier pour l’installation de jeunes agriculteurs.

Cécile Poulain


OPA - Serv. publicsCuma investissement projet agriculteurs vaucluse