Fédération des Cuma de Vaucluse : « Carrément Utile au Maintien de l’Agriculture ! »

Publié le 25 février 2019

Les Cuma ont réduit leurs investissements depuis trois ans, en raison de mesures favorisant les investissements individuels. Pourtant, l’achat groupé est économique et plus écoresponsable qu’un achat individuel sous utilisé.

La fédération des Cuma de Vaucluse tenait son assemblée générale le 1er février à Lamotte-du-Rhône. Les investissements baissent, les adhésions aussi. Pourtant, les bénéfices du partage de matériel sont multiples.

« Les Cuma, ça pourrait signifier ‘Carrément Utile au Maintien de l’Agriculture’ », lance Frédéric Baumet, le président de la Cuma de Saint-Ferréol, à l’occasion de l’assemblée générale de la fédération des Cuma de Vaucluse, le 1er février dernier. Maurice Sabatier, maire de Lamotte-du-Rhône, a accueilli cet événement, rappelant que sa commune est « agricole à 95% », avec de l’arboriculture, de la viticulture, grandes cultures et maraîchage.

Frédéric Baumet se réjouit en effet de l’impact de cette structure coopérative dans la vie économique locale. « Créée en 1978, notre Cuma compte aujourd’hui 37 adhérents, dont nos enfants. » Elle dispose de 58 outils pour une valeur de parc de 1 044 000 €. « Cette mise en commun du matériel permet de disposer de davantage d’outils, de l’amortir plus rapidement. Elle participe à la vie économique locale, permet l’emploi de saisonniers… » Et ce partage permet un coût d’utilisation accessible, notamment aux jeunes. L’emploi de la machine à vendanger, par exemple, revient à 170 €/ha. Pour sa pérennité, la cuma envisage la construction d’un grand hangar recouvert de panneaux photovoltaïques.

Mieux communiquer.

Néanmoins, la chute des adhésions en Cuma se poursuit. « En douze ans, le Vaucluse a perdu 400 adhérents, soit l’équivalent du département des Alpes-de-Haute-Provence, pour être à 1422 en 2018 », annonce Max Rostello, président de la Fédération des Cuma de Vaucluse. Lorsque 12 000 Cuma existent en France, le Vaucluse en compte 64. Au niveau des adhésions, la moyenne nationale est de 25 adhérents par Cuma, chiffre en hausse, tandis que le Vaucluse affiche une baisse avec 22 adhérents par Cuma, et cela, doublé d’une moindre activité pour les Cuma vauclusiennes. À noter, toutefois, la création d’une Cuma pour la récolte de la lavande sur le secteur de Sault. « Cela pose vraiment question », reconnaît Max Rostello. Mais pour augmenter les adhésions, sans doute faudra-t-il mieux communiquer, en particulier sur l’intérêt des Cuma. « Nous avons besoin de reconquérir de la valeur ajoutée, avec nos atouts. »

Attentif aux échanges, André Bernard, président sortant de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, a rappelé les actions menées jusque-là par la Chambre. « Le Vaucluse est une terre de talents et d’excellence. Syndicalisme et Chambres d’agriculture ont un important travail de communication à faire, pour contrer l’agribashing ambiant. » Quant au fait d’attirer davantage de jeunes, la communication a là aussi son importance. « Il serait intéressant d’intervenir sur l’intérêt de la coopération lors du stage du parcours d’installation des jeunes agriculteurs », estime Jean-Michel Brun de la DDTE, représentant le préfet Bertrand Gaume, indisponible.

Moins d’aides, moins d’achats.

En 2018, la fédération des Cuma de Vaucluse a mené différentes actions vers ses adhérents : démonstrations de matériel, études avant investissement ; elle est aussi intervenue lors d’expertises à la demande de la Safer et elle a animé le réseau des Cuma du département.

Les investissements, en dents de scie, ont été modérés en 2017-2018. « Cette baisse vient surtout de la longueur de la mise en place des subventions de la Région » analyse Max Rostello. Ces achats concernent principalement des engins de traction (47%), des machines à vendanger (35%) mais, finalement, peu de matériel viticole. Les financements ont été faits en majorité par emprunt, la part du Conseil régional représentant 14%, et celle du Conseil départemental, 8%. « Ces aides sont d’ailleurs appelées à baisser encore » prévoit le président.

En parallèle, le constat est que le matériel est conservé de plus en plus longtemps, avec le poste entretien et réparation en augmentation. Cela encourage la vie économique locale, comme le suggère Max Rostello : « Les Cuma ont réduit leurs investissements depuis trois ans, en raison de mesures favorisant les investissements individuels. Pourtant, l’achat groupé est économique et plus écoresponsable qu’un achat individuel sous utilisé ».

« Continuez dans ce sens, c’est nécessaire au développement économique ! », a encouragé Joel Reynaud, président de Coop de France Paca, « d’autant plus que les besoins en matériel pointus, performants, vont augmenter ».

Christian Mounier, président de la commission ‘agriculture’ du Conseil départemental, a conclu les travaux en annonçant que le Département ne se désengagera pas financièrement et continuera à soutenir la fédération : « 90 000 € ont été demandés en 2019. Nous ne pouvons pas nous passer d’une mutualisation, en particulier avec l’évolution de la technicité ».

Cécile Poulain


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