Fédération départementale des Civam : garder la tête hors de l’eau malgré les difficultés

Publié le 28 mars 2022

Dans un premier temps a eu l’assemblée générale du Civam de Cavaillon, avec Isabelle Casamayou, Christian Founier et Didier Rabis les deux co-présidents, aux côtés d'André Brieulle, d'Élise Moutin et de Nicole Chapotin. Puis a suivi celle de la Fédér

Le 17 février, le Civam de Cavaillon, le Groupement des oléiculteurs de Vaucluse et l’association Prévigrêle tenaient ensemble l’assemble générale de la Fédération départementale des Civam qui les regroupe. Covid, baisse des adhérents, faibles subventions… tout n’est pas toujours rose ! Mais la belle récolte d’olives et le dynamisme de la section 'Matériel' ont permis d’attendre le résultat escompté, et même plus !

C’est une double assemblée générale qui avait lieu mi-février, à l’hippodrome de Cavaillon. Dans un premier temps, celle du Civam de Cavaillon, puis celle de la Fédération départementale des Civam de Vaucluse – incluant le Civam de Cavaillon, Prévigrêle et le Groupement des oléiculteurs. Malgré deux années de difficultés rendant impossible nombre d’actions et voyages liés, entre autres, au Covid, le Civam a tout de même décuplé ses efforts pour maintenir son activité, notamment avec plusieurs actions de communication. Ainsi, le groupe d’agriculteurs a-t-il participé à 'Terroirs en fête' et ambitionne d’y retourner cette année. "C’est toujours intéressant pour promouvoir les produits des agriculteurs", insiste Didier Rabis, co-président du Civam de Cavaillon. Ont également été proposées l’été dernier, à deux reprises, 30 assiettes de dégustation de produits locaux sur le marché des Taillades qui ont "très bien fonctionné", en atteste Isabelle Casamayou, coordinatrice du groupement des oléiculteurs. "Nous avons même été un peu pris au dépourvu, tant la demande a été forte. Cependant, nous préférons nous limiter à 30 assiettes car nous ne sommes pas restaurateurs", poursuit-elle. Une manière d’encourager à la consommation locale et d’accompagner les consommateurs vers le circuit court.

Les projets futurs ont également été évoqués, notamment le retour du nettoyage de printemps du pont de la Canaou, cet aqueduc qui permettait aux eaux du Canal Saint Julien de franchir le lit du Coulon. En plus du traditionnel nettoyage, André Brieulle – président de la fédération départementale des Civam – énonce une particularité cette année : grâce à la mission patrimoine portée par Stéphane Berne, une subvention de près de 50 000 € sera allouée à la rénovation du pont. "Nous avons demandé à la mairie de nous associer à cette restauration." Le nettoyage du site était fixé le 12 mars, les rénovations suivront. À cela s’ajoute le traditionnel voyage annuel qui, lui aussi, fera son retour en 2022. "Le point d’intérêt, cette année, devrait être la châtaigne du Var. Nous partirions vers Collobrières aux alentours du 5 juin, afin de rencontrer des personnes de la profession. Comme toujours, c’est intéressant d’aller vers d’autres territoires, pour voir comment ils valorisent leurs productions locales", se réjouit Isabelle Casamayou.

Le Civam cavaillonnais sauvé par sa section 'Matériel'

Alors que la Fédération départementale des Civam de Vaucluse fêtera cette année ses 60 ans, trois groupes persistent, et parmi les Civam, seul celui de Cavaillon a résisté. Didier Rabis remercie une nouvelle fois la fidélité de ses membres : beaucoup des anciens sont présents, contre uniquement trois ou quatre actifs, ce qu’il regrette : "Si le groupement des oléiculteurs et Prévigrêle fonctionnent bien, l’activité du Civam se perd auprès des jeunes… Ce sont les difficultés de l’associatif". Cette résistance est permise par le prêt de locaux par la mairie, mais surtout grâce au dynamisme de sa section 'Matériel', gérée de main de maître par le second co-président, Christian Fournier, comme le précise Isabelle Casamayou : "Beaucoup de réparations de matériels sont effectuées bénévolement de la part de Christian, ce qui a permis de belles économies à la section". Celle-ci dispose d’un parc de 27 outils tels que deux bétonnières, un broyeur, une buteuse de serre, une décavaillonneuse ou encore une épareuse. Si trois sont actuellement inutilisables, les autres tournent bien, même parfois trop, ce qui crée une usure accentuée. C’est par exemple le cas des déchausseuses hydrauliques, en lien direct avec les changements de pratiques. "Compte tenu de la progression des surfaces en agriculture bio et de l’abandon du désherbage chimique des vergers, les déchausseuses trouvent un usage parfaitement approprié pour nettoyer le rang de fruitier", explique Christian Fournier. L’une d’elles sera bientôt équipée d’une tête motorisée, afin de faciliter le travail en condition humide. L’épareuse verra également sa tête remplacée prochainement, les réparations ne tenant plus. Ces projets d’achat sont financés par le Civam, ainsi qu’un droit d’entrée pour l’utilisation du matériel.

Alors qu’en 2021 la collecte d’huile de vidange coûtait encore 0,10 € par litre, "ce qui représentait une charge pour les agriculteurs", souligne Didier Rabis, le Civam de Cavaillon annonce fièrement le retour à la gratuité pour l’opération "grâce à une mobilisation de la profession". Ainsi, 3 100 litres ont été collectés début 2022.

Récolte exceptionnelle pour le groupement des oléiculteurs

Autre belle nouvelle : 750 tonnes d’huile d’olive. Le chiffre est exceptionnel. "Jamais nous n’avons eu un tonnage pareil, 2021 est une belle année avec des olives saines. Quand les choses vont bien, il faut le dire", martèle Isabelle Casamayou. Les craintes générées par le gel d’avril ne sont effectivement pas confirmées et, alors que "l’olivier est une culture qui alterne et dont la tendance est de ne produire qu’une année sur deux (…), il était imaginable que 2021 s’inscrirait en négatif", rappelle Yves Boudoir, vice-président du groupement. 2020 était déjà vue comme une belle année, comme quoi, la nature peut toujours réserver des surprises. "On verra ce que réservera 2022", ajoute-t-il d’un air songeur.

Quand on sait qu’avec 500 t d’huile, on estime que chaque habitant du Vaucluse pourrait avoir un litre d’huile, la belle production de l’année donne envie de promouvoir le commerce local, une fois de plus ! La première 'Fête des terroirs' à Gordes a d’ailleurs été un succès et reviendra cet été, le 7 août. De nombreuses animations et ateliers ont pu être maintenus en 2021 et seront également reconduits l’année prochaine. Avec 328 adhérents, soit 12 moulins, 9 communes et 307 producteurs, Isabelle Casamayou insiste : "Notre cheval de bataille reste la participation des producteurs. Ce n’est jamais gagné donc il est important de toujours redynamiser le groupement". Alors qu’elle s’apprête à passer le flambeau d’ici peu, tous saluent son travail constant à la fédération. Pour André Brieulle aussi, cette assemblée générale est la dernière. Mais "rassurez-vous : les anciens ne sont pas loin et restent dans l’équipe consultative", conclut-il.

Manon Lallemand


OPA - Serv. publicsCivam cavaillon vaucluse nettoyage matériel oléiculteur prévigrêle matériel