FDSEA – JA 84 : L’agonie agricole portée devant les permanences des parlementaires vauclusiens

Publié le 02 décembre 2019

Les cinq députés vauclusiens ont été sollicités en même temps, JA et FDSEA 84 dépêchant – dans chacune des permanences des députés Aubert (Carpentras), Bouchet (Cavaillon), Cesarini (Avignon), Lhoro (Orange) et Morenas (Carpentras) – une délégation.

Cercueils, couronne mortuaire, combinaison rouge symbole de sang… Pour illustrer l’agonie et le sang de l’agriculture qui perle face aux distorsions de concurrence, aux surcharges réglementaires et à l’agribashing, les Jeunes Agriculteurs de Vaucluse et la FDSEA ont mené des actions, ce mercredi matin, auprès des cinq parlementaires du département.

Le message porté mercredi matin, par la FDSEA et les JA de Vaucluse, s’inscrit dans le cadre de l’action nationale, lancée par la FNSEA et les JA. « Dans le Vaucluse, nous avons décidé de faire des actions symboliques, en ciblant préférentiellement les cinq députés du département. Ils sont les représentants du peuple et du département à l’Assemblée nationale ; ils se doivent d’être les porte-paroles des agriculteurs vauclusiens », note Sophie Vache, présidente de la FDSEA 84, à l’issue de la mobilisation.

Les cinq députés ont été sollicités en même temps, les deux organisations syndicales ayant dépêché – dans chacune des permanences des députés Aubert (Carpentras), Bouchet (Cavaillon), Cesarini (Avignon), Lhoro (Orange) et Morenas (Carpentras) – une délégation. « Notre but était de faire une mise en scène d’un avis de décès de l’agriculture vauclusienne devant chaque permanence, pour prévenir que si rien n’est fait de manière concrète et rapide, des pans entiers de l’agriculture vont disparaître », poursuit la présidente de la FDSEA.

La mise en scène est morbide, illustrant le ressenti actuel des agriculteurs, avec un message « d’agonie » de l’économie agricole face aux règlements et aux charges, au désarroi émotionnel des agriculteurs qui se traduit malheureusement par des chiffres dramatiques de suicides. « Nous voulons que l’État sorte de l’indifférence dans laquelle il se mure. Nous voulons montrer que derrière des décisions macro-économiques qui peuvent avoir un effet positif potentiel pour l’agriculture en général, il y a surtout des personnes et des familles qui subissent des décisions, qui vont à l’encontre même des règles qui sont imposées ici, en France et en Europe. »

Prix et abgribashing dénoncés.

Deuxième message d’incohérence porté aux députés : le problème de revenu agricole, avec des agriculteurs qui doivent trop régulièrement vendre à perte, avec des prix inférieurs à leurs coûts de production. « Il y a un problème dans le schéma de répartition de la valeur ajoutée des produits, alors que parfois il suffirait de quelques centimes  de plus pour que l’exploitation puisse investir, le jeune agriculteurs s’installer et les agriculteurs développer plus largement leur activité. »

Enfin, dernier message et non des moindres, la dénonciation de l’agribashing actuel. « Le phénomène s’amplifie chaque jour, à l’image des incendies criminels qui ont eu lieu la semaine dernière dans la Drôme », poursuit la présidente.

En pleine séance publiques, mercredi oblige, les délégations n’ont pas forcément pu discuter en direct avec les parlementaires. Julien Aubert et Andrien Morenas, à Carpentras, ont pris le temps avant de monter à Paris. À Cavaillon, Avignon, les délégations syndicales ont été reçues par les attachés parlementaires qui, évidemment, transmettront les messages portés par les agriculteurs. À Orange, Jacques Bompard, représentant Marie-France Lhoro, a reçu les agriculteurs. « Avec tous, nous avons échangé dans le calme mais fermement, pour porter nos messages, soutenus par nos actions symboliques à destination des médias et des citoyens », reprend Sophie Vache.

Désormais, les agriculteurs vauclusiens attendent les décisions et la prise de parole présidentielle, avec en ligne de mire la sortie du décret portant sur les zones de non traitement riverain, attendue pour la mi-décembre. « Nous espérons fortement que ce décret reconnaisse la valeur des chartes départementale et qu’il laisse la possibilité d’avoir des adaptations locales concernant ces ZNT. La réponse donnée conditionnera la mise en place, ou non, d’actions. Jusqu’ici, nos interventions ont été plutôt symboliques et ont été construites dans un esprit de perturbations minimum. Mais si l’État continue à ne pas nous entendre, le message et les actions qui en découlent vont changer fondamentalement », conclut la présidente de la FDSEA.

Céline Zambujo


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