FDSEA de Vaucluse : Parler pour être reconnu

Publié le 25 mars 2019

Christian Mounier, vice-président du Conseil départemental, Annick Baille, directrice de la DDT, Clément Roux, président JA 84, Sophie Vache, présidente de la FDSEA 84, Olivier Curel, secrétaire général, et Georgia Lambertin, secrétaire générale adjo

Être respectés et reconnus. Pouvoir continuer à travailler… Les revendications des agriculteurs sont bien légitimes. Réunis pour leur 75e assemblée générale, le 14 mars à Visan, nombreux ont témoigné de l’urgence à mieux communiquer, pour faire connaître leur métier. Une charte devrait les y aider.

Premier moteur de l’économie départementale, le monde agricole façonne les paysages et nourrit ses habitants. Ses services rendus à la société sont essentiels. Pourtant, c’est un constat d’incompréhension et de manque de communication qui est dressé. « Nous ne voulons pas que toutes nos exploitations soient clôturées comme en Espagne et au Maroc ! Nous ne voulons pas ça pour nos paysages ! », s’insurge Olivier Curel, agriculteur et secrétaire général de la FDSEA 84. « Pourtant, je l’ai fait sur une de mes parcelles, pour laquelle j’ai reçu une non-conformité Global Gap en raison de déchets jetés par un promeneur » regrette-t-il.

« Lorsqu’une affiche illustre un vélo au milieu des lavandes, ce message n’incite pas à respecter notre travail ! » estime Sylvie Barjot, productrice de lavande sur le plateau de Sault. « Le passage de vélos, pour nous, c’est l’équivalent de dégâts de grand gibier ! » Elle regrette d’avoir dû sortir un touriste de ses champs dernièrement, qui cueillait des lavandes et lui aurait rétorqué : « Vous n’avez mis aucun panneau l’interdisant ! » Touristes ou néoruraux, ceux qui arrivent sur la commune, doivent être informés qu’ils sont en zone agricole et qu’ils ont un comportement à adopter.

Encourager au respect de l’espace de production agricole.

Le projet de charte de bon voisinage de la FDSEA 84 devrait aller dans ce sens. Elle pourrait faciliter le mieux-vivre ensemble, et les encourager à respecter l’espace de production et à comprendre les contraintes liées au métier d’agriculteur. « Il faut que les maires adhèrent impérativement à notre projet de charte de bon voisinage ! » souligne Olivier Curel.

« Je souhaite inscrire le Département dans la démarche Agridemain, dont l’objectif est de créer un réseau d’agriculteurs ambassadeurs qui communiquent positivement sur leur métier, leurs filières, et leur territoire. Cela permettrait de couper court aux attaques et polémiques dont est trop souvent victime l’agriculture. » La présidente de la FDSEA 84, Sophie Vache, a ainsi exprimé sa volonté d’engager la fédération vauclusienne dans cette démarche initiée par la FNSEA, les JA et l’APCA.

Expliquer, c’est la clé.

« Beaucoup aiment les agriculteurs », tempère Georgia Lambertin. « Mes interventions auprès des jeunes me confortent dans l’idée que, la clé, c’est de leur expliquer notre travail. Les jeunes repartent vraiment sensibilisés, et ils apportent ce message dans leur famille. » Secrétaire générale adjointe de la FDSEA 8, Georgia Lambertin reçoit des classes de primaire sur son exploitation, au titre de ‘ferme éducative’, et se mobilise aussi pour partir à la rencontre des collégiens du Vaucluse, par le biais de l’association Coll’Vert. L’objectif de l’association, née en 2018, est de distribuer des fruits et légumes de saison lors des récréations.

« L’impact de la pédagogie est fort » a confirmé Christian Mounier, conseiller départemental. Il a félicité « l’implication des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA, qui fournissent 300 repas très appréciés lors de Terroir en fête (la prochaine édition se déroulera les 15 et 16 juin à Châteauneuf-de-Gadagne, ndlr), vitrine de l’excellence du département ». Les actions de promotion permettent de faire découvrir au grand public le métier, d’échanger et se voir autrement l’agriculture. La fédération a d’ailleurs participé, à nouveau, à la fête des fruits et légumes, organisée par Interfel en juin 2018.

Dynamiser le réseau.

La mobilisation syndicaliste vauclusienne a connu deux points forts en 2018, avec une manifestation devant la raffinerie de la Mède, en juin, et devant la préfecture d’Avignon contre la suppression des TO/DE, le 24 septembre. « Les rencontres de représentants de la FDSEA 84 avec des représentants de l’État, et la mobilisation des agriculteurs ont permis de conserver une partie de la réduction des charges, mais le combat continue » précise Olivier Curel. La FDSEA s’est également mobilisée pour anticiper le soutien aux producteurs de cerise, en juillet 2018. Ces actions ont abouti à une reconnaissance en calamités agricoles. Annick Baille, directrice de la DDT, présente lors de l’assemblée générale, a précisé que sur les 187 dossiers déposés, 56 dossiers instruits devaient recevoir, ce jour-même, un acompte de 20% d’indemnisation ; 36 dossiers se sont avérés inéligibles, et les restants sont en cours de traitement. Le point d’orgue de l’année s’est traduit par la victoire aux élections à la Chambre d’agriculture avec le score record depuis 1995, une reconnaissance du rôle fort joué par la FDSEA84 dans les campagnes vauclusiennes.

Pourtant, la mobilisation a fait défaut à d’autres moments, notamment lors d’événements caritatifs comme la participation de Coll’Vert au ‘Relais pour la vie’, destiné à collecter des fonds pour la recherche contre le cancer. D’ailleurs, l’assemblée générale ce jour-là ne fait pas salle comble. Certes, elle s’est faite en deux parties cette année. La première s’est tenue à Mazan, en janvier, autour du thème rassembleur du foncier agricole. « Proposons une formule nouvelle, qui facilite les échanges ! » conclut Sophie Vache, présidente FDSEA 84, pour aller vers « plus de dynamique et de communication », feuille de route 2019 de la fédération.

Cécile Poulain


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