FDSEA-CGA : Le préfet sur le chantier

Publié le 02 juillet 2019

Le Préfet de Vaucluse Bertrand Gaume a visité le chantier de récolte de cerises d’industrie d’Olivier Curel, à Lagnes, le 19 juin.

Mercredi 19 juin, à l’invitation de la FDSEA-CGA de Vaucluse, le préfet de Vaucluse, Bertrand Gaume, a visité le chantier de récolte de cerises d’industrie d’Olivier Curel, à Lagnes. L’actualité au menu : coût du travail, sécurisation de l’approvisionnement en eau, calamités agricoles et charte de bon voisinage.

« Nous avons des difficultés certaines quant au coût du travail en Vaucluse. La rémunération de notre produit, en particulier en cerises, fait que le coût du travail, dans les conditions actuelles, est trop élevé pour maintenir les exploitations de cerise de bouche ! » Brigitte Amourdedieu, responsable de la section employeurs de la FDSEA84 et élue à la Chambre d’agriculture de Vaucluse, a interpelé le préfet de Vaucluse en visite sur un chantier de récolte de cerises, à propos du TODE. Ce dispositif d’allègement des charges sociales liées au travail saisonnier a été créé dans les années 1980, pour atténuer la distorsion de coût du travail au niveau européen. « Malgré tous nos efforts pour aller vers une production plus responsable et durable, qui répond à la demande sociétale, aujourd’hui, la situation n’est pas pérenne. Il est important que dès cette année, et les années suivantes, le dispositif TODE soit pérennisé. Sans cela, le coût de notre production fait que notre agriculture ne sera pas compétitive. » La loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 laisse en effet un surcoût au niveau national de 27 millions à la charge des employeurs de saisonniers. Pour le Vaucluse, ce surcoût représentera à lui seul près de 2 millions d’euros principalement supportés par les arboriculteurs, maraîchers, viticulteurs, horticulteurs et semenciers. Sur la question des saisonniers également, la FDSEA84 demande de faciliter les autorisations de création de logements à destination des salariés en zone agricole, afin de loger les employés majoritairement venus d’Europe ou d’Afrique du Nord. « Aménager mes locaux existants, dans cet objectif, serait aussi une solution » renchérit Olivier Curel, qui embauche un nombre croissant de saisonniers. D’ailleurs son choix de consacrer 20 à 25 hectares de cerisiers d’industrie, en récolte mécanisée, est aussi motivé par le peu de main d’œuvre nécessaire à cela.

Sécuriser les ressources en eau.

Sur le plan de l’approvisionnement en eau, Olivier Curel, qui bénéficie du réseau installé entre Lagnes et l’Isle-sur-la-Sorgue en 1991, explique que « ce système arrive à bout. Il devient nécessaire d’augmenter le stockage en eau en altitude, afin d’assurer les récoltes. Car, même en ayant une pratique économe toute l’année via la généralisation du goutte-à-goutte et la micro-aspersion, il subsiste un besoin plus fort, ponctuellement, au printemps, dans la lutte antigel. » Installé en 1991 sur l’exploitation familiale, il cultive 90 hectares de pommiers, cerisiers et pruniers. Pour sécuriser le réseau de l’ASA du canal de l’Isle, un projet d’extension du bassin sur Lagnes est effectivement envisagé.

Parmi les revendications de la profession agricole, la révision de la définition IGN des cours d’eau, de sorte que les fossés et canaux d’irrigation traversant les vergers notamment ne soient plus classés Zone de Non Traitement (ZNT) et rendues improductives. « Il est urgent d’engager un travail avec l’IGN, la DDT et la profession afin de corriger les cartes IGN lors de photo-interprétations erronées et de supprimer alors ces tracés dans la cartographie annexée à l’arrêté ZNT » estime la FDSEA84.

« Il est impératif de prévoir de nouveaux points de prélèvements pour les mesures servant de base au classement des communes en zonage vulnérable nitrate » a souligné Jean-Louis Blasco, directeur de la FDSEA de Vaucluse. En effet, les points précédents, affichant un dépassement du seuil de nitrates, étaient dans des zones d’habitations non raccordées à l’assainissement collectif ou à des stations d’épuration défectueuses. L’origine agricole n’était pas déterminée.  De nouvelles mesures sont en cours de revalidation.

Dégâts 2019 à voir de près.

Interrogé sur le sujet des calamités agricoles, Bertrand Gaume a rappelé que les indemnisations pour 2018 en raison des excès d’eau étaient en cours. Cependant, la FDSEA84 a rappelé que certaines exploitations mixtes vergers et raisin de table se trouvent exclues du dispositif calamités agricoles, au motif que leurs vergers sont assurés. Or la perte de leur récolte 2018, par éclatement des cerises n’est pas couverte par l’assurance. La FDSEA entend « rendre éligibles aux calamités agricoles tous les aléas et les productions conformément au règlement d’exemption européen ».

En 2019, les dégâts dus au gel, ce printemps, sont hétérogènes. C’est pourquoi, « il faut aller voir de plus près les zones touchées, pour évaluer les conséquences de cet événement climatique » encourage le Préfet. Toutefois, la reconnaissance en calamités agricoles dépend d’abord de la caractérisation par Météo France en événement exceptionnel. Or c’est la conjugaison des chaleurs de février (ayant entraîné une précocité de pousse) suivies de températures gélives, entre fin mars et début avril, qui ont impacté les cultures à un moment où elles étaient très fragiles. « L’enjeu sera de l’expliquer et d’évaluer les dégâts. »

Cécile Poulain


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