FDO : 2020, année chaotique pour le cheptel vauclusien

Publié le 18 mai 2021

Si la valeur de la production est bonne et reste stable, le cheptel continue sa diminution entamée il y a déjà près de 20 ans. (© MS)

Alors que la crise du Covid sème déjà le trouble dans la gestion du cheptel, les éleveurs ovins du département ont également dû faire face à une recrudescence d’attaques de loups. Bien qu’assez positif, le bilan annuel se voit ainsi entaché d’un total de 185 victimes en 2020.

Si les préfets se sont avérés réactifs lors du premier confinement, permettant de rouvrir rapidement les marchés de producteurs, l’année 2020 restera dans les mémoires par les difficultés accumulées au fil des mois. Une année d’autant plus difficile que les festivités et moments conviviaux se sont trouvés annulés, y compris 'Terroirs en fête' et la Foire-concours aux agnelles et béliers des Préalpes du Sud, événements dont la tenue reste encore incertaine pour 2021. La fédération a également maintenu l'accompagnement aux éleveurs s’organisant afin d’être présente auprès d'eux, même à distance. Lorsque cela n’était pas possible, pour des raisons humaines et techniques, il a fallu s’adapter et recevoir les adhérents sur place. "Entre crises sanitaires, contraintes administratives, prédation, conflits de voisinage, pression foncière… Les éleveurs s’épuisent et, avec eux, ce sont des paysages, un mode de vie, une production de viande de qualité, un terroir qui sont en danger", alerte Émilien Bonnet, président de la Fédération départementale ovine (FDO) de Vaucluse, au sujet de la situation actuelle.

L’assemblée générale d’avril était donc l’occasion de faire un point sur l’élevage en Vaucluse et la prédation subie par les éleveurs. Dans une passe difficile, la profession peine à se renouveler. Le partage du terrain n’est pas aisé, notamment avec la pression foncière et la difficulté d’acquérir des bâtiments, phénomènes n’encourageant pas les éventuels nouveaux entrants à se lancer. Baisse nombre d’éleveurs, augmentation de la prédation : le cheptel est en diminution depuis 20 ans, même si la valeur de la production est, elle, en hausse depuis dix ans, particulièrement ces deux dernières années. Depuis, elle reste stable avec une valeur au prix de base de 5,58 millions d’euros, incluant des subventions sur les produits directement liés à la production pour un montant de 620 000 €. "On arrive encore à produire de la valeur ajoutée malgré la diminution du cheptel", déclare Luc Dumont, directeur de la FDO. "Mais les circonstances de ces dernières années n’aident pas les éleveurs à relever la tête", poursuit-il.

La prédation du loup en hausse

En dehors des difficultés causées par le Covid, 2020 marque également une forte augmentation du nombre d’attaques de loups sur le cheptel. 185 victimes ont été recensées et confirmées dans le département, la majorité ayant eu lieu entre mai et novembre, avec un pic pour ces deux mois en particulier. Avec des attaques réparties sur 16 communes, dont la plupart se situent sur la partie est du Vaucluse, l’ampleur est suffisante pour faire réagir. Après avoir interpellé le président de la FNO et accueilli le préfet, Jean-Paul Célet, référent national sur le Plan Loup, la Fédération départementale ovine de Vaucluse a obtenu un élargissement des zones d’éligibilité aux mesures de protection des troupeaux, ainsi qu’une autorisation exceptionnelle pour prélever deux loups sur le territoire. Si les louvetiers se sont aussitôt attelés à la tâche, ces tirs se sont révélés sans résultats, "en partie à cause de la topographie du terrain qu’ils devaient couvrir", comme l’explique le rapport annuel de la FDO. Toujours en lien avec la Direction départementale des territoires et l’Office français de la biodiversité, la fédération persiste dans le perfectionnement de son système d’alerte en cas d’attaque. Il précise le lieu et le moment exact de cette dernière, ainsi que le nombre de brebis blessées et/ou tuées.

Se poursuit également le travail sur la diminution des conflits de voisinage liés à la présence des patous sur les communes où évoluent les troupeaux. Souvent jugés agressifs par les riverains, les chiens de troupeaux font pourtant partie intégrante du système de défense des troupeaux. À l’heure où la prédation augmente, la FDO poursuit la prévention et la pédagogie afin de "permettre aux éleveurs de travailler sereinement".

Manon Lallemand


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