Enseignement : Un BTS ‘Anabiotech’ en région Sud

Publié le 24 février 2020

Lancement officiel du BTSA ‘Anabiotech’, qui ouvrira ses portes en septembre au lycée François Pétrarque, en Avignon.

Le lycée Pétrarque annonce l’ouverture, en septembre, du BTSA ‘Anabiotech’, ‘Analyses agricoles, biologiques et biotechnologiques’. Une première en région ! Il formera des techniciens supérieurs bac+2 en analyse qualité, dans les secteurs de l’environnement, la chimie, la cosmétique, la pharmacologie et l’industrie agroalimentaire. La Région salue la création d’un vivier pour les entreprises locales, au cœur d’Agroparc.

« C’est avec une certaine fierté que nous lançons officiellement ce BTS, unique en Région Sud » annonce Pascal Laborde, directeur-proviseur du lycée Pétrarque d’Avignon. C’est en effet une formation d’un certain niveau d’expertise qui sera dispensée, dès septembre prochain, à une classe de 27 étudiants maximum en formation initiale, et une classe de 20 apprentis.

Le BTSA se compose de cours théoriques et techniques, prodigués au sein des laboratoires du lycée. Un partenariat est en cours avec le Centre technique agroalimentaire (CTCPA), qui dispose de deux laboratoires d’expertise microbiologique et nutritionnelle. « Nous voulons contribuer à cette montée de compétence, c’est gagnant-gagnant » observe Nicolas Biau, directeur du pôle Sud-Est du CTCPA. Une collaboration avec l’Inrae est également en projet. L’équipe pédagogique rassemblera des ingénieurs, agrégés et enseignants certifiés.

À l’issue des deux années de formation, un étudiant sur deux poursuivra ses études vers une école d’ingénieur ou en université, d’après les données nationales, où une quinzaine de BTS de ce type existe. « Cette formation proposée par les voies de l’apprentissage et de la formation initiale, au-delà du monde professionnel, prépare idéalement à des poursuites d’études, en faculté ou en école d’ingénieur » estime Pascal Laborde.

Secteurs porteurs

Quant aux débouchés, « ils sont assurés », poursuit le directeur. Les partenaires professionnels du lycée, le pôle de compétitivité Terralia-Pass, l’Ifria, le CTCPA… se réjouissent déjà de la création de « ce vivier » pour les entreprises locales. En effet, les secteurs, visés comme l’agroalimentaire, sont en flux tendu. Ils voient donc, avec ce BTSA, l’arrivée de personnel qualifié qui répondra à leurs besoins. « L’enseignement agricole, méconnu, est exigeant et de grande qualité. L’insertion professionnelle de ces jeunes techniciens supérieurs devrait donc être facile » confirme Patrice de Laurens, directeur de la Draaf Paca. « Il y a une méconnaissance des métiers de l’agro-alimentaire, alors que le secteur est très porteur d’emplois » note une représentante de l’Ifria Paca, centre de formation aux métiers de l’agro-alimentaire par alternance.

Les diplômés seront en effet spécialisés sur des secteurs en pleine expansion et très variés : hygiène alimentaire et agroalimentaire, industries chimiques et biochimiques, analyse médicale et vétérinaire, environnement, cosmétique, pharmaceutique et dans l'ensemble des laboratoires de recherche, en lien avec ces différents domaines. Et dans toutes ces filières, l’exigence réglementaire sur la sécurité des produits, et sur la fiabilité des analyses, est en augmentation. De plus, la certification se généralise, touchant à la fois les systèmes de management de la qualité (ISO 9000), du management environnemental (ISO 14 000) et de la sécurité des aliments (ISO 22 000).

Pôle en développement

« Avignon, et Pétrarque, c’était une évidence. C’est le cœur de l’écosystème de production et de formation d’excellence, que nous accompagnons dans le cadre de l’Opération d’intérêt régional » déclare Bénédicte Martin, avec enthousiasme. La conseillère régionale, présidente de la commission agriculture, viticulture, ruralité et forêt, a rappelé l’engagement fort de la Région Sud aux côté du lycée, via notamment le soutient dans la création du nouvel atelier de transformation. « Ce pôle avignonnais concentre 40 000 emplois concernés par le BTS Anabiotech. Cette formation est donc en phase avec les forces vives de son territoire » assure Patrice de Laurens. « Avec des attentes sociétales devenues très fortes, les besoins analytiques évoluent vers une détection toujours plus fine. Conséquence : les techniques changent, et ce BTS a tout son sens. Notre rôle est d’anticiper, pour que la formation réponde aux besoins de demain. Nous serons là pour aider les étudiants à intégrer des entreprises », affirme Gilles Fayard, directeur du pôle Terralia-Pass, pointant en particulier l’importance que le BTS ait un volet plantes à parfum, aromatiques et médicinales : « C’est le seul en France, et ce secteur est en pleine expansion ».

Cécile Poulain


Lycée formation biotechnologies BTS