EARL ‘Le Carnève’ à Sarrians : Le goût d’entreprendre

Publié le 18 février 2019

Dans ses serres à Sarrians, Jean-Christophe Bres entouré de ses trois fils : Baptiste, Clément et Timothée.

Avec trois hectares de tomates sous serres, Jean-Christophe Bres gère son entreprise familiale à Sarrians, animé par l’envie d’une belle production, de l’évolution de son outil et de ses équipes.

À la tête de l’exploitation familiale depuis 1999, à la suite de son père, qu’est-ce qui motive Jean-Christophe Bres ? « Le challenge de la réussite de la culture. Travailler avec du vivant, et voir l’impact des améliorations que j’apporte » reconnaît le chef d’exploitation. En vingt ans, l’entreprise a beaucoup évolué, suivant les transformations techniques considérables des serres.

Dès l’année 2000, Jean-Christophe Bres a fait le choix de rehausser les serres existantes, avec une réflexion sur la taille des vitres, l’ombre portée au sol… Ce changement a eu pour conséquence d’allonger le cycle de la plante, d’améliorer les conditions de travail, en particulier en atténuant la chaleur. « Nous avons réfléchi à apporter des économies d’énergie, en installant des écrans thermiques pour une meilleure isolation et réduire le chauffage. »

En 2006, l’entreprise décide d’investir dans la construction d’un nouveau concept de serre à 5,5 m de hauteur, encore plus économe en énergie. C’est plus confortable aussi pour le personnel.

Évoluer, s’adapter

La production a beaucoup évolué également en l’espace de 20 ans. « C’était l’époque de la tomate vrac » se souvient Jean-Christophe Bres. Puis, il y a 15 ans, les tomates grappes ont fait leur entrée dans les serres. « Aujourd’hui, notre production s’est diversifiée : nous cultivons des variétés anciennes et des petits fruits », avec, cette année, cinq typologies : cerises, marmandes, noires de Crimée, ananas et cœurs de bœuf.

En parallèle, les salariés ont dû apprendre à faire évoluer leur façon de travailler. Un travail en amont plus important leur est demandé, de la fleur à la récolte. Le métier est devenu plus technique, plus exigeant. Le personnel est formé pour préparer la plante à la récolte. En effet, ils taillent les bouquets de sorte qu’à la récolte, ils prélèvent directement sur le pied de tomates les bouquets tels qu’ils sont destinés aux consommateurs. Ils les stockent alors sur des tables de conditionnement, « car nous avons abandonné les chariots de récolte », note Jean-Christophe Bres .

Toute la production, en moyenne 1200 tonnes par an, est commercialisée par le biais des paysans de Rougeline, qui regroupe cinq coopératives du Sud de la France. Jean-Christophe Bres a également un hectare de fraises, ainsi qu’une production bio sous tunnel de tomate, concombre, fenouil, céleri distribuée aussi par Rougeline. Pour lui, « c’est une production contractualisée, donc sécuritaire ».

L’aspect humain compte

Au plus fort de la saison, entre mars et août, une quarantaine de personnes travaillent sur l’exploitation, « 10 permanents et 30 saisonniers recrutés dans les environs » précise Jean-Christophe Bres. Ses trois fils l’ont rejoint, ou presque. Baptiste et Clément se sont éloignés avant d’opérer ce retour, et Timothée fait une année de césure, « pour apprendre à travailler » avant de s’engager à son tour dans un BTS. Leur père estime que « c’est un métier qu’il faut vraiment choisir. Nous gérons du personnel, de l’endettement, c’est lourd ».

Quant à l’avenir de l’exploitation, Jean-Christophe Bres estime le facteur humain très important. « Nous nous dirigeons vers une croissance de l’effectif salarié. Par ailleurs, le degré de technicité s’accroît encore dans la production sous serre. Alors nous nous questionnons sur les choix à faire. Peut-on poursuivre dans cette direction, en s’équipant d’éclairage sous serre par exemple, et en même temps répondre à l’attente sociétale de davantage d’authenticité ? »

Cécile Poulain


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