Domaine expérimental La Tapy : Les bans vont bientôt être publiés

Publié le 06 juin 2019

« Cette idée d’installer un filet pour redynamiser un verger existant en gobelet, aussi bien pour des rangs individuels que pour une parcelle entière, est porteuse d’avenir pour la filière », résumait le président de La Tapy, Gérard Roche.

« Cela ne sera pas la dernière assemblée générale de la station expérimentale, car l’exercice 2019 sera encore associé à la Sica La Tapy. Puis, il y aura à tenir l’assemblée générale extraordinaire validant la fusion avec le CTIFL, en 2020. Mais la décision a d’ores et déjà été actée en conseil d’administration, le chemin est tracé et nous le suivons pas à pas », expliquait lundi 13 mai Gérard Roche, président de la Sica, à l’occasion de l’assemblée générale.

L’an dernier encore, la station expérimentale a subi de grands changements, « preuve d’une année 2018 riche d’évènements plus ou moins bons », note son président, Gérard Roche. Pour l’essentiel, des aléas d’exploitation « que nous avons assumés », climatiques en majeure partie, et qui ont pénalisé en particulier la production de cerises, « justifiant le dépôt d’un dossier de reconnaissance en calamités agricoles ». Mais malgré cet impact climatique – qui a sanctionné les comptes de la Sica, même si ceux-ci restent à l’équilibre (+294 € de résultat net) –, « malheur est bon », reconnaissait Gérard Roche : « C’était l’année pour voir l’efficacité du filet anti-drosophile et anti-pluie installé sur cerisiers. Les résultats sont excellents pour cette année de test. C’est un outil d’avenir pour la cerise du fait de sa protection anti-pluie, anti-mouche, anti-vent même, d’après ce que l’on peut voir ces derniers jours. Et peut-être même antigel, à voir… Certes, l’investissement est conséquent, mais visiblement l’outil peut se rentabiliser et dans tous les cas, amortir la production. Cette idée d’installer un filet pour redynamiser un verger existant en gobelet, aussi bien pour des rangs individuels que pour une parcelle entière, est porteuse d’avenir pour la filière. D’ailleurs, le Conseil départemental et la Région Sud l’ont bien compris et nous ont soutenu dans ce projet », résumait le président.

Autre point de satisfaction, le programme variétés résistants oïdium et mildiou en raisin de table, lancé il y a un an. « La résistance est flagrante ; la présentation, la qualité organoleptique et l’apyrénie un peu moins. Nous allons avoir 30 nouvelles variétés de l’UMT Génovigne (Inra, IFV, Supagro) qui vont arriver, en plus de la trentaine déjà suivie, et 30 surgreffages supplémentaires, réalisés en 2018 dans le cadre du projet ‘Table-Res’ ont été faits. Les fruits pourront être observés cette année, et l’on espère bien réunir tous les éléments là aussi, pour donner des perspectives aux producteurs locaux de raisin de table. »

Nouvelle équipe, nouveaux projets.

Mais ce ne sont pas les seules données à mettre au compteur de La Tapy pour l’an dernier. En effet, 2018 a encore été marqué par de nombreux départs et arrivées au sein de l’équipe, changements en passe de s’achever. « Nous avons réussi à remettre à peu près tout d’aplomb », avec une nouvelle équipe d’ingénieurs dont la dernière arrivée de Benjamin Piron, embauché en novembre par le CTIFL « en prévision de la fusion à venir ». Il est en charge des programmes de protection phytosanitaire raisin de table et cerise, du volet BPE et a la responsabilité du réseau REP, formé avec La Pugère. « L’équipe est jeune et stabilisée. La Tapy a fait et fera encore de grandes choses à l’avenir », résumait, volontaire, son président. D’ailleurs, 2018 a vu la continuité des partenariats traditionnels (Chambre d’agriculture, lycée agricole, CTIFL…) et l’arrivée de nouveaux programmes d’expérimentation.

Dernière ligne droite pour la fusion.

Revenant sur le projet de fusion, Gérard Roche et Ludovic Guignard, directeur général délégué du CTIFL, ont achevé l’AG par un point sur la fusion entre les deux structures. En 2018, les démarches administratives ont été lancées et le CTIFL a donc embauché un ingénieur, Benjamin Piron, mis à disposition de La Tapy. Par ailleurs, une réunion était programmée en amont de l’AG avec les bailleurs de la Sica – lycée agricole de Carpentras, Région, Conseil départemental, Mairie de Carpentras – et « un consensus a été trouvé sur le devenir des baux », notait Gérard Roche.

L’année 2019 sera une année complète de fonctionnement pour la Sica, avec une AG programmée en 2020 sur l’exercice, avant l’AGE de fusion/absorption par le CTIFL. « Le rapprochement est en bonne voie. Sur la philosophie, nous sommes d’accords, reste à régler les points administratifs ce que nous nous sommes attachés à faire depuis un an. La Tapy sera en 2020 une antenne du CTIFL et un consortium, dont les contours sont en cours de définition, sera créé. Il sera composé de professionnels qui définiront le cap les attentes de la filière en matière d’expérimentation. Nous voulons un pilotage de l’expérimentation par la profession, au service de son territoire », résumait le président.

« Pour fournir à la filière des savoir-faire, nous avons besoins de connaître ses attentes, ce sera la première mission du consortium, et de moyens financiers », reprenait Ludovic Guignard. « Grace à ce consortium, qui aura alors toute légitimité, les moyens régionaux, Département et Région, pourront être fléchés vers les programmes expérimentaux traduisant les attentes exprimées par les professionnels. Pour permettre à l’ensemble des acteurs locaux de se parler, de valider les travaux et de favoriser la diffusion des résultats, nous avons besoin d’un organe technique clair. C’est la mission donnée à ce consortium, qui s’engagera sur des programmes pluriannuel et en assumera les choix » a-t-il conclu.

Présent lors des travaux, André Bernard, le nouveau président de la Chambre régionale d’agriculture, a tenu à remercier « tous ceux qui, à la manœuvre, ont œuvré pour faire passer à La Tapy cette étape difficile. Je suis convaincu que ce rapprochement est un gage de réussite pour l’avenir de cette région. Nous voulons renforcer le rôle des stations expérimentales régionales, dans ces temps d’inquiétudes et de fortes tensions. Il faut rester vigilent, aller chercher de nouveaux moyens, en Europe et auprès d’acteurs publics comme l’Agence de l’eau ».

Céline Zambujo


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