Des préfets réactifs face au gel

Publié le 20 avril 2021

Face au Préfet de région, Christophe Mirmand, Olivier Curel explique les dégâts du gel sur les cerisiers de son exploitation. (© ML)

Dès lundi matin, les préfets de Région, Christophe Mirmand, et du Vaucluse, Bertrand Gaume, étaient en visite sur l'exploitation d'Olivier Curel, à Lagnes.

Pour Olivier Curel qui recevait les représentants de l'Etat, "il faut lever tous les fonds à lever, y compris auprès de l’Europe, car la Région ne pourra pas gérer toutes les calamités. C’est la seule solution pour sauver économiquement nos exploitations et nous permettre de redémarrer l’année prochaine". Un appel au secours appuyé par une explication claire sur les moyens de lutte antigel : "Nous misons sur les asperseurs mais, cette année, nous sommes descendus de 2 à 4°C en dessous des températures de gelées auxquelles nous sommes habitués. Au-delà de -6°C, nos installations ne suffisent plus : il faut plus d’eau et nous ne l’avons pas". Un déficit accentué par un manque de moyens qui ne permet ni d’augmenter l’irrigation, ni un déploiement massif de filets, un dispositif coûteux à l’installation et assez peu compatible avec le système déjà en place.

Ces rappels effectués, Sophie Vache, présidente de la FDSEA du Vaucluse, a longuement insisté sur les mesures à mettre en place. Plus qu’un simple dépôt de dossier au Fonds de calamité, il faut également revoir la prise en charge à 100 % du chômage partiel des permanents, accélérer le traitement des dossiers de la saison précédente, maintenir l’exonération de charges des travailleurs saisonniers… "On ne peut pas se contenter d’un report. Si nous n’avons pas pu payer à cause du Covid, on ne pourra pas faire mieux dans cette situation", précise-t-elle. Autour de la présidente, les idées fusent : prolonger et transformer les Prêts garantit d'État (PGE) en aides exceptionnelles à l’agriculture, repousser les remboursements de ces derniers, harmoniser les procédures de déclaration entre les différents types d’agricultures…

Passé le choc de cet épisode de gel et un week-end groggy à recenser les dégâts, Olivier Curel, lance un appel au nom de la profession : "Monsieur le préfet, accompagnez-nous !" Un cri du cœur que tous espèrent entendu. Le préfet Mirmand a, de son côté, pris note des différentes suggestions. "Il va falloir travailler avec la Banque de France, entre autres. L’agriculture est un pilier de notre pays et la quasi-totalité des régions ont été touchées. Le ministère va mobiliser tout ce qui est mobilisable pour trouver des réponses à vos interrogations", a-t-il déclaré avant de poursuivre son tour des exploitations provençales. Les producteurs attendent maintenant des actions tangibles au plus haut niveau de l’État.

 

Manon Lallemand


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