Démarche IGP Melon de Cavaillon : Une vraie légitimité

Publié le 18 mars 2019

L’aire du cahier des charges de l’IGP ‘Melon de Cavaillon’ s’appuie sur 600 hectares, répartis sur trois départements : le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-de-Haute-Provence.

C’est une Arlésienne qui pourrait enfin voir son visage dévoilé. La démarche IGP ‘Melon de Cavaillon’ entrevoit en effet le bout du tunnel. « On est sur les dernières étapes cette année, avec l’audit INAO qui va se faire pendant la campagne à venir », explique Jérôme Josseran, président de l’association IGP ‘Melon de Cavaillon’. Le comité technique d’experts de l’INAO doit en effet venir vérifier dans les prochaines semaines le bienfondé du cahier des charges et son respect, en saison, par les producteurs et expéditeurs. Et le dossier devrait logiquement aboutir avant la fin de l’année.

Ces derniers mois, un important travail a été fait par l’association qui porte la démarche IGP ‘Melon de Cavaillon’ pour préciser les contours de l’aire de production, environ 600 hectares, désormais centrée sur les départements du Vaucluse, des Bouches-du-Rhône et des Alpes-de-Haute-Provence. « 600 hectares, c’est un potentiel de production d’environ 12 000 tonnes, mais il est évident que ce n’est pas le tonnage visé pour l’IGP ‘Melon de Cavaillon’. Nous voulons proposer au marché un melon premium, et l’on ne souhaite pas que l’intégralité de l’aire de production soit dirigée vers le segment IGP. L’objectif est bien de sélectionner une gamme, ce qui explique pourquoi nous attendons plutôt une production sous label de l’ordre de 3000 à 4000 tonnes, pour montrer notre volonté et rester dans le respect du cahier des charges établi. Les conclusions de l’INAO sont attendues cette année », explique Jérôme Josseran, président de ladite association, qui regroupe désormais une cinquantaine de producteurs et dix metteurs en marché.

Ce cahier des charges précise les règles de production jusqu’au conditionnement. Il intègre notamment une sélection d’un ensemble de variétés les plus gustatives, sélectionnées suite à une commission d’experts et aux travaux de l’Aprel et SudExpé. La production est raisonnée, et en station, ne seront conservés que les lots présentant un taux de sucre minimum, « une robe plus qu’attractive et une chair interne exempte de tout défaut », précise notamment Jérôme Josseran.

La production remise au cœur de la démarche.

Si la démarche renaît de ses cendres, c’est bien parce que la mentalité des opérateurs a évolué. « Jusqu’alors, la démarche était détenue par trois opérateurs, sans que la production ne soit associée, avec des stations d’expédition qui devaient être sur Cavaillon. L’INAO n’aurait jamais validé quoi que ce soit. Aujourd’hui, les producteurs portent la démarche et sont présent au conseil d’administration. »

Mais pour le président, ceci n’explique pas tout. « Depuis deux ans, notre animatrice a repris point par point » ce qui constituait le socle du cahier des charges. Les statuts ont également été revu afin d’élargir la démarche et la rendre la plus représentative possible. « Nous sommes passés d’une démarche privée et fermée à une démarche où la production est au cœur. Nous avons adapté notre façon de travailler, l’aire de production, ce qui fait qu’aujourd’hui, la démarche IGP ‘Melon de Cavaillon’ a une vraie légitimité. »

Pour le président, ce changement de mentalité traduit l’évolution qui a cours dans la filière fruits et légumes. Les acteurs sont moins nombreux, et « ressentent le besoin de ne plus être seul ». Preuve en est la représentativité de l’Association interprofessionnelle melon (AIM). « Ce n’est pas forcément le contexte économique qui fait bouger les choses pour moi. C’est plus la volonté pédagogique d’expliquer qu’on est plus fort ensemble que tout seul. Aujourd’hui, le message commence à infuser. Et les acteurs, producteurs ou metteurs en marché, comprennent qu’une démarche comme l’IGP ‘Melon de Cavaillon’ ne peut pas être menée par trois ou quatre personnes. Bien sûr, on a pris du retard en Provence : il y a 20 ans, on était les moins organisés. C’est la raison pour laquelle en melon, on n’a pas d’AOP. Mais on a créé l’AIM qui a le rôle d’organiser la totalité des producteurs. Il y a quelques années, l’AIM représentait 15% de la production nationale. Aujourd’hui, on est à 76%. Tout est dit, d’autant qu’il s’agit là d’une adhésion volontaire. Pour moi, cette répétitivité est la preuve de cette prise de conscience. Et la démarche IGP ‘Melon de Cavaillon’ est dans cette veine également », conclut Jérôme Josseran.

Céline Zambujo


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