Compostage : Alcyon, une boucle d'économie locale

Publié le 27 octobre 2020

Avec la création de la société Terra-Max fin 2019, Alcyon propose désormais un service supplémentaire aux agriculteurs, en réalisant l'épandage directement sur l'exploitation. (© F. Pabst)

Alcyon – la plateforme bollénoise de compostage de déchets verts créée en 1996 – se hisse aujourd'hui au premier niveau et prend le leadership dans la région Sud. Depuis sa création, Yvon Coq, son fondateur-précurseur, et sa fille, Cindy, bataillent pour installer une économie circulaire des déchets verts. Avec la création de Terra-Max – dont le nom porte hommage à leur frère et oncle, Max Coq1, disparu il y a tout juste neuf ans –, la nouvelle activité d'épandage autonome, leurs déchets verts retournent à la terre. La boucle est bouclée.

Après 24 ans de travail acharné, de passion pour la préservation de l'environnement et la valorisation de matières organiques, l'entreprise Alcyon vient d'être couronnée, fin 2019, du trophée de l'entreprise éco-responsable. Et si aujourd'hui elle surfe sur la vague verte qui déferle sur l'hexagone, la famille Coq n'a pas attendu pour foncer vers le compostage à grande échelle. Tout a commencé avec Yvon Coq : il fonde alors Alcyon en 1996, entreprise dédiée au compostage des déchets verts issus de collectivités et de l'agriculture. En 2000, Alcyon développe son activité vers le bois et l'énergie. En 2006, Cindy Coq rejoint l'entreprise en qualité de directrice d'exploitation ; elle est aujourd'hui également présidente de l'Association des agriculteurs et composteurs de France (ACF).

Puis tout s'accélère : dès 2011, le brûlage à l'air libre des déchets verts est interdit. « Depuis janvier 2012, les personnes qui produisent, ou détiennent, des quantités importantes de bio-déchets ont l'obligation de les trier et de les faire valoriser dans des filières adaptées », rappelle Cindy Coq. « Le concept d'économie circulaire est ensuite inscrit dans la loi, en 2015, et, cinq ans plus tard, en février 2020, arrive la loi anti-gaspillage. Le retour au sol des matières organiques est donc incité par les politiques, pour stocker le carbone dans le sol et lutter contre le dérèglement climatique. »

Lancement d’un nouveau service pour les agriculteurs

Concrètement, ces réglementations ont également fait augmenter l'activité d'Alcyon. « Les tonnages traités par l'entreprise – compostage et filière bois énergétique – font du site de Bollène l'une des premières plateformes de compostage de déchets verts indépendante en région Sud. Avec Alcyon, 35 000 tonnes de déchets verts – contre 18 000 tonnes en 2015 – et 2000 tonnes de déchets agro-alimentaires sont réceptionnées chaque année. Elles sont transformées en 22 000 tonnes de compost, valorisées principalement dans les exploitations viticoles ou agricoles. En outre, 11 000 tonnes de déchets bois sont valorisées en combustible. »

Depuis 20162, le site d'Alcyon s'est agrandi de 1,70 hectare, portant la superficie totale à 3,50 ha. De surcroît, Alcyon s'est également engagé auprès des professionnels et ouvre, dès 2018, une déchèterie dédiée (métaux, électroménager, plastiques, etc) pour apporter un service de proximité au territoire. Désormais, avec la création de la société Terra-Max fin 2019 – présidée par Cindy Coq et dirigée par Benjamin Favalier, son cousin –, Alcyon propose désormais un service supplémentaire aux agriculteurs, en réalisant l'épandage directement sur l'exploitation, le ‘Rendu racine’ : « C'est un gain de temps et une réduction de coût pour l'agriculteur », souligne la directrice. Il faut dire que ce dernier service lui tenait à cœur : « Le compost ne comporte que des bienfaits s'il est correctement produit. Le nôtre est conforme à la norme NFU 44-051, qui permet son utilisation en agriculture biologique. Désormais, avec notre procédé Terra-Max, nous proposons un traitement vertueux des déchets verts, depuis la collecte jusqu'à l'épandage. Tout cela se réalise en circuit court, pour créer une boucle d'économie locale, puisque les déchets traités proviennent de déchèteries ou d'exploitations situées dans un rayon de 40 km ».

Un savoir-faire régionalement reconnu

Avant d'obtenir son ‘or noir’, Alcyon contrôle avec minutie son processus de fabrication, qui prend huit longs mois. D'abord la réception, le pesage et le triage ; ensuite le broyage : ce broyat est alors mis en andain pour la fermentation pendant quatre mois (70°C pendant un mois, puis 45°C) ; puis la maturation jusqu'à quatre mois, à 30°C. Enfin, le criblage vient parachever la fabrication du compost en enlevant les éléments grossiers (> 2 cm). Le compost conforme est ensuite analysé (pour la conformité à la norme NFU 44-051) et stocké. Preuve que la renommée d'Alcyon rayonne en région, le département du Var a sollicité le concours de leur broyeuse, pour traiter les déchets de bois qui ont envahi les berges des fleuves et les plages, suite aux inondations catastrophiques des vallées de l'arrière-pays niçois.

Cindy Coq, résume la passion de toute sa famille pour l'agriculture et la défense de l'environnement : « Nous faisons un très beau métier et nous sommes fiers de ce que nous faisons. Avec notre entreprise, nous proposons en toute indépendance des offres adaptées aux besoins des professionnels et des collectivités, tout en contribuant à la transition énergétique, avec une belle valorisation des déchets verts ».

Francis Pabst, CLP


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