Collectivités : ne pas "laisser tomber" la filière cerise

Publié le 21 février 2022

Tous les élus des organisations professionnelles agricoles, de l'État, du Département et de la Région Sud étaient présents, le 6 janvier dernier, sur l'exploitation de René Reynard, à Mazan, pour voir que malgré les difficultés, la filière cerise veu

Au cours de la visite organisée chez René Reynard, le 6 janvier dernier, les élus du Vaucluse et de la région Paca ont souligné l'importance de la filière pour la région, affirmant ne pas vouloir "la laisser tomber".

Ils avaient tous répondu présents à l'invitation de l'AOPn 'Cerises de France', du domaine expérimental la Tapy et du CTIFL : les élus du Vaucluse et de la région sont bel et bien au chevet de la filière. Reste maintenant à transformer les mots en actes et soutiens sonnants et trébuchants.

Ainsi Jean-Paul David, président de la commission 'Agriculture, ruralité, élevage et forêt' de la Région Sud, a souligné que "la problématique phytosanitaire avait été identifiée et que la Région se tiendrait aux côtés des producteurs, en soutenant notamment la recherche et l'expérimentation". Pour Christian Mounier, président de la commission 'Agriculture' du Département, il est vital "d'avoir une agriculture résiliente et de proposer des solutions, avec des perspectives, aux jeunes qui veulent s'installer". "Ravie" et "rassurée" du monde présent – plus de 160 producteurs avaient fait le déplacement à Mazan – la présidente de la Chambre d'agriculture de Vaucluse, Georgia Lambertin, a rappelé que la Chambre était là pour accompagner les producteurs dans la technicité. "Comment faire pour couvrir les vergers ? C'est justement notre rôle de vous accompagner dans ce parcours", résume-t-elle. Ainsi, la Chambre a œuvré aux côtés de la filière sur le Plan régional de sauvegarde de la cerise, et propose "des informations collectives et individuelles pour accompagner les producteurs en amont, dans la construction de leur projet, en termes techniques et économiques", ainsi que dans le dépôt des dossiers d'aides à l'investissement, à commencer par le Plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations (PCAE ).

Conciliation et dialogue

Du côté de la Chambre régionale d'agriculture, André Bernard, son président, a salué, "après six années d'expérimentation des filets à La Tapy, le passage en conditions réelles de production". Le réseau des Chambres (APCA) a œuvré au niveau national pour faire financer des projets d'installation de filets dans le cadre du Plan de relance. "Et je suis confiant dans les moyens que l'on pourra mobiliser dans le cadre du Varenne de l'eau et du Plan de relance France 2030 : pour être opérationnel et efficace, il faudra s'inscrire collectivement dans un Appel à manifestation d'intérêt, afin de labelliser plusieurs filières dans un cadre de démonstrateur territorial, qui rassemblera la recherche, l'expérimentation, l'innovation. Tout cela est à organiser en amont, avec tous les acteurs de la filière agricole régionale", annonçait-il.

Enfin, le préfet de Vaucluse, Bertrand Gaume, "comme toujours, il faut être en mesure de concilier les choses", s'adressant en particulier à Catherine Bouyac, présidente du Parc naturel régional du Ventoux. Le PNR est actuellement frileux sur la question des filets, qui dénatureraient le paysage. "La voie de la conciliation est à bâtir : si, demain, il n'y a plus de vergers, plus de vignes, mais des friches, le territoire serait encore plus abîmé que par des filets, qui sont par définition rétractables et déployés quand ils doivent l'être, et donc pas toute l'année." Poursuivant sur la voie de la mesure, le préfet a assuré de son soutien la filière, et de celui du Draaf, Patrice de Laurens, en particulier sur la disparition annoncée du phosmet, en droite ligne avec la position du gouvernement. "Soyons clairs : il faut conserver un minimum de produits utiles tant que les solutions pérennes et durables n'auront pas été trouvées."

Céline Zambujo


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