Châteauneuf-du-Pape : Un salon a fait le printemps !

Publié le 15 avril 2019

La salle Dufays lors des 10e Printemps de Châteauneuf du Pape : une concentration de crus incroyable, des vignerons à l'écoute, des amateurs en pleine découverte.

Soleil ou pluie, peu importe ! La passion du terroir assure, depuis dix ans, le succès des ‘Printemps de Châteauneuf-du-Pape’. Cette année encore, plus de 6000 amateurs, venus de tous horizons, se sont pressés sur les stands pour taster les nectars de plus de 100 domaines et châteaux, sans oublier les productions du marché gastronomique. Et, depuis dix ans aussi, les ateliers de dégustation font carton plein. Pour célébrer ce bel anniversaire, neuf domaines de Champagne faisaient partie de la fête : Santé ! Tchin-tchin ! Prosit ! Cheers !

« Nous sommes très satisfaits de cette 10e édition des Printemps », lance Victor Coulon, président, depuis décembre 2018, des jeunes vignerons de Châteauneuf-du-Pape, à qui l’on doit la création de ce salon, devenu incontournable : « Avec 6600 personnes pendant le week-end, et une augmentation de 10% par rapport à l’an dernier, cette fréquentation nous comble et nous porte. Nous sommes sur le pont depuis mercredi, avec une trentaine d’actifs et une quarantaine de bénévoles. Sans oublier l’aide du Syndicat des vignerons, de la municipalité et de nos sponsors. Le retour que nous avons de la part de l’ensemble des vignerons est très positif. Au cœur de la réussite de ce salon réside la convivialité, la cohésion et l’entraide entre nous tous », souligne le président.

Pendant tout le week-end, la place de la Renaissance et la salle Dufays ont été pris d’assaut par une foule détendue, souriante et enthousiaste, faisant fi de la grisaille et de la fraîcheur le samedi, se régalant avec bonheur du soleil dominical.

Avant d’entrer dans la grande salle où sont installés pas moins d’une centaine de domaines et châteaux, le visiteur est happé par les deux grands chapiteaux blancs d’où émanent des fumets odorants. Pas étonnant, puisque c’est là que se sont donnés rendez-vous les papes de la gastronomie, issus des ‘Sites remarquables du goût’. Et il y a l’embarras du choix : des huîtres de Cancale à l’agneau de Sisteron, en passant par la poularde de Bresse, les vergers d’Auriac, ou encore les fromages d’Auvergne ou les fraises de Provence. Les emplettes faites, d’aucuns vont, sans plus attendre, les déguster sur le champ, sous le chapiteau attenant. Les agapes sont joyeuses, même s’il a fallu allumer quelques poêles pour réchauffer un peu l’atmosphère.

Plus bas, dans la grande salle, une procession continue se faufile dans les allées bordées de stands aux noms prestigieux. La foule est dense mais, devant chaque stand, chaque vigneron est là, tout disposé à entamer le dialogue, et chacun déguste sous l’œil attentif du maître du vignoble. Au Domaine de la Charbonnière, deux jeunes Marseillais s’attardent : « Les gens du salon sont très sympas et accueillants. C’est cool. On apprend beaucoup sur les cépages, la couleur, la vinification. J’ai dégusté de nombreuses cuvées, pour l’instant ce que je préfère, c’est le Châteauneuf 2016 », confesse l’un des deux.

Plus loin, une étiquette intrigue : Domaine L’Or de Line... Y aurait-il des mines aurifères sous les ceps séculaires ? C’est presque la ruée vers l’or, enfin plutôt de Laureline Jacumin : elle vient d’intégrer le bureau des Jeunes agriculteurs de Châteauneuf, et est invitée au conseil d’administration des JA de Vaucluse. « Je reprends l’exploitation de mes parents en juillet prochain, et c’est ma première fois au salon sur lequel je tiens le stand avec ma mère. Je m’installe en EARL, sur 9 hectares bio en appellation, dont 4 hectares en blanc et 5 hectares en rouge, répartis en 15 parcelles et 11 cépages. » Avec cent vignerons, chacun doit choisir les domaines, selon ses goûts, ses envies, sa curiosité, afin de débusquer la cuvée de ses rêves.

Belles découvertes.

Dans l’école du village, les ateliers thématiques ont réservé des belles découvertes : les vieux millésimes des années en 9 (1959, 1979, 1989,1999), les cuvées spéciales et tradition du millésime 2009, accords mets et vins – avec le chef Guy Jullien du restaurant la Beaugravière à Mondragon pour les truffes – animés par Antoine Pétrus, sacré deux fois MOF (Meilleur ouvrier de France) en qualité de meilleur sommelier en 2011 et en catégorie ‘Maître d’Hôtel, service et arts de la table’, en novembre 2018. Une pointure inégalée…

Naviguant entre les tables, Céline Sabon est aux petits soins pour tous. Pour les vignerons, qui présentent leur cuvée, comme pour les stagiaires, elle a porté sur les fonts baptismaux ces ateliers qui sont, depuis dix ans, l’occasion pour les amateurs, comme pour les professionnels de parfaire leur connaissance, dans le plus grand raffinement, des millésimes de la prestigieuse appellation.

Francis Pabst, CLP


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