Changement climatique : Un diagnostic énergie et GES pour chaque filière agricole en Ventoux

Publié le 24 novembre 2020

Le Ventoux a droit à son diagnostic énergie et gaz à effet de serre.

La Chambre d’agriculture de Vaucluse et Bio de Provence sont mandatés par la CoVe pour établir un diagnostic Climagri® sur le territoire du Ventoux, sur l’énergie et les gaz à effet de serre. Un comité de pilotage vient d’être initié, pour récolter les données pour chaque filière agricole, durant l’hiver.

Le Ventoux s’est dressé face au changement climatique1. Après avoir organisé le forum ‘Face au changement climatique, bâtissons une agriculture d’avenir pour le Ventoux’ en 2019, des réflexions et groupes de travail se sont constitués. Et la Communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin (CoVe) a rencontré d’autres acteurs motivés, comme l’Organisme de gestion (ODG) des vins AOC du Ventoux. Dans le cadre de son Plan climat air énergie territorial (PCAET) voté en février 2020, la Cove a mandaté la Chambre d’agriculture de Vaucluse et Bio de Provence pour établir un diagnostic des émissions de Gaz à effet de serre (GES) et énergie sur le territoire du Ventoux. Ces deux partenaires vont donc utiliser l’outil Climagri® de l’Ademe, l’agence de la transition écologique.

À cette fin, ils ont créé un comité de pilotage, en invitant de multiples partenaires à les rejoindre. Une première réunion a été organisée en visio le 6 novembre, animée par Geneviève Boissin, responsable du service ‘Environnement et énergie’ de la CoVe, en charge du PCAET. À cette occasion, les élus de la CoVe étaient présents, ainsi que les partenaires habituels : outre l’ODG, le Syndicat des vignerons indépendants de la Vallée du Rhône, le Groupe de recherche en agriculture biologique, le lycée Louis Giraud, la Ceta des serristes de Vaucluse et des vignerons.

Économiser 20% d’énergie

Il s’agit de jouer à la fois sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, avec un volet qualité de l’air et énergie. « Nous visons une baisse des consommations et une recherche d’efficacité énergétique, avec davantage d’énergies renouvelables et de récupération », précise Geneviève Boissin. L’étude diagnostique déjà menée sur le territoire indique que les deux grands responsables de GES sont le transport et l’habitat, pour un tiers chacun. L’agriculture n’en produit que 4% alors qu’elle représente 39% du territoire, dont 70% sont occupés par la vigne, 13% par l’arboriculture et 6% par le maraîchage avec 300 hectares de serres, essentiellement dans la plaine du Comtat. « Le potentiel de réduction de l’agriculture n’est pas énorme, mais reste à étudier » reconnaît Geneviève Boissin. Car les objectifs chiffrés du PCAET de la Cove sont ambitieux : d’ici 2050, il s’agit de réduire de 47% la consommation énergétique du territoire, et de 82% l’émission de GES. « Ceci doit permettre de devenir un territoire à énergie positive. »

Ce Plan climat a permis d’identifier des leviers d’action en agriculture : la réduction des consommations énergétiques passera par la baisse de consommation en carburant des tracteurs (amélioration du réglage, formation à l’écoconduite), la modification d’itinéraires techniques, l’isolation des bâtiments et l’optimisation de l’irrigation. Quant à la part des énergies renouvelables dans le secteur agricole, « avec seulement 6% aujourd’hui, la marge de manœuvre est belle, et l’objectif est de la monter à 110% en 2050 » annonce la responsable. Le potentiel maximal de réduction des consommations énergétiques sur le secteur est évalué à -20% d’ici 2050, soit 10 GWh.

Besoin d’expertise

Cette démarche Climagri®, financée à 70% par l’Ademe, prévoit un diagnostic et un plan d’action concerté avec les agriculteurs des 25 communes, afin de réduire les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité agricole. Une évaluation du stockage de carbone et du potentiel nourricier est également prévue.

« D’abord, nous avons besoin de récolter un grand nombre de données de terrain, sur les rendements agricoles, la fertilisation, la consommation énergétique lors du chauffage des serres ou lors des vinifications, l’irrigation, les surfaces en haies et couverts végétaux…. », explique Gérard Gazeau, chargé de mission agro-environnement à la Chambre d’agriculture de Vaucluse. Celui-ci a donc proposé à chaque filière de constituer un comité technique qui apportera son expertise dans ce projet collectif.

Question calendrier, le diagnostic doit être réalisé durant cet hiver. Puis, des ateliers sont prévus en mars prochain, avec des agriculteurs et techniciens, pour une présentation et validation du diagnostic, réflexion sur les scenarii et plans d’action adaptés par filière, en fonction de l'évolution de l'agriculture sur le territoire. Ensuite, un scenario d’évolution de l’agriculture en Ventoux sera retenu collectivement, par les élus de la CoVe en avril 2021, avant la restitution de l'étude et des plans d'action en septembre 2021.

Cécile Poulain


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