Chambre d’agriculture de Vaucluse : une session pour lancer le printemps

Publié le 09 mars 2021

Au cours de la session, la présidente de la Chambre d’agriculture, Georgia Lambertin, a présenté les derniers avancements du dossier HPR. (© VP)

C’est une nouvelle session en visio qui s’est tenue lundi après-midi pour la Chambre d’agriculture, en présence du préfet, Bertrand Gaume.

Lundi après-midi, Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, a ouvert les travaux de l’assemblée délibérative par l’examen et l’approbation du compte financier 2020, présenté une dernière fois par Pascal Lenne, l’ancien directeur de la Chambre. Ce budget du Covid-19 se caractérise par « un léger déficit » de 40 000 € : « Nous avions de fortes craintes, mais la réactivité des équipes et leur ingéniosité à trouver des solutions » ont permis de maintenir de précieuses recettes, tout en travaillant surl’avenir.

Par ailleurs, les travaux menés à la Maison de l’agriculture (chauffage, climatisation) ont pu être tenus dans les temps, malgré la crise sanitaire, les retards liés au confinement et la difficulté des prestataires à s’approvisionner. « Pour cela, je tiens à remercier toutes les équipes qui nous ont permis de passer une année 2020 particulièrement compliquée. Le challenge était haut, mais on peut envisager 2021 plus sereinement, même si nous savons tous que cela reste compliqué », saluait pour sa part Georgia Lambertin.

OUGC : une dernière année de transition

Premier point à l’ordre du jour : l’Organisme unique de gestion collective (OUGC). Alors que l’enquête sur les besoins des préleveurs d’eau s’est achevée fin février1 – avec « environ 90 % des dossiers finalisés et un taux très satisfaisant de retour », notait Anne Meyer-Vale, responsable du pôle ‘Territoire, eau, environnement’ – et que le comité d’orientation de l’OUGC, le Codor, s’est réuni le 25 février, cette année 2021 sera la dernière année de transition. Les préleveurs auront donc à payer cette année encore un montant forfaitaire unique, calculé comme en 2020. À partir de 2022, l’OUGC mettra en place une part fixe et une variable, en fonction des volumes utilisés. L’enquête close au 28 février va permettre d’établir un plan annuel de répartition des volumes en eau, soutenu en cela par la nouvelle application Med’Eau, développée « pour assurer une répartition équitable de l’eau entre les préleveurs ».

La prochaine réunion validera donc le règlement intérieur de la structure, et fixera le montant des cotisations 2021. Ce règlement sera révisable chaque année. Tout devrait être finalisé le 15 avril prochain, avec la présentation du plan annuel de répartition et son étude d’incidence sur les 27 sous-unités de gestion (bassins-versants) du périmètre de l’OUGC, mais aussi la composition de l’instance de gouvernance et la validation des règles de fonctionnement.

Des bons ‘carbone’ et un soutien pour les haies

Autre sujet d’actualité : le mouvement vers l’établissement des bilans carbone mobilise la profession agricole, autant qu’il l’inquiète. À ce titre, Anne Meyer-Vale a présenté deux dispositifs en devenir, sur lesquels se positionne la Chambre. Les bons ‘bilan carbone’, « au sens bon d’achat » porté par l’Ademe, et le dispositif ‘Plantons des haies’, financé par la Draaf. Le premier s’adresse aux agriculteurs installés depuis moins de cinq ans, soit environ un millier d’exploitations concerné en Vaucluse. Ces bons doivent venir soutenir les exploitations souhaitant réaliser leur bilan carbone. Un appel à projet (AAP) sur ces ‘bons carbone’ s’est clos en janvier dernier, sur lequel s’est positionné l’APCA, avec l’organisation des Chambres régionales et départementales. En cas de retour positif, la Chambre pourrait proposer prochainement des prestations d’accompagnement des exploitations dans l’établissement de ces bilans.

La seconde mesure porte sur la plantation de haies à haute biodiversité biologique. L’idée est de soutenir la reconstitution de haie, d’agroforesterie intra-parcellaire. « L’objectif pour la région est de viser 40 km de haies plantées d’ici 2022 », résumait la responsable du pôle.

HPR : fin du suspense le 23 mars ?

Enfin, après un point sur la liaison Est/Ouest d’Avignon et ses conséquences sur la ceinture verte de la ville2, la session est revenue sur un dossier d’avenir s’il en est, celui du projet des Hauts de Provence rhodanienne (HPR). Ainsi, le prochain comité de pilotage (23 mars) verra la restitution des travaux de la mission ministérielle de septembre dernier, la présentation des différents scenarii et la proposition sur la gouvernance. De son côté, le préfet « salue la décision des quatre Asa du nord Vaucluse de redéposer des dossiers3. La réorganisation de ces Asa et leur confortement sont de nature à être une composante importante et une étape structurante du projet HPR », notait Bertrand Gaume.

Le préfet a encouragé l’accélération du projet : « Nous avons aujourd’hui des hypothèses crédibles. Le rapport de la mission ministériel dit, qu’en l’état actuel des choses et en fonction du niveau actuel du Rhône, la capacité à faire des prélèvements sur le fleuve est viable. Plus on va vite, plus on finalise vite, plus le bilan économique sera acceptable. Si l’on n’attend encore, il est à craindre que le projet ne présente plus les mêmes intérêts, ne serait-ce qu’au regard du changement climatique. Nous avons donc là un vrai moment à saisir. Il sera impératif d’afficher la substitution entre les ressources fragiles, en clair l’Ouvèze, et les ressources plus pérennes à l’horizon du projet ». Pour le représentant de l’État, il est donc impératif d’entrer, d’ici la fin avril, « dans la phase des travaux pratiques sur le scenario optimal de gouvernance et la recherche de modalités de financements ».

Céline Zambujo

(1) Lire notre édition du 5 février 2021, page 3. (2) À lire dans nos prochaines éditions. (3) Lire notre édition du 19 février 2021, page 5.


OPA - Serv. publicsChambre d'agricultureSession chambre relance OUGC HPR carbone