Chambre d’agriculture de Vaucluse : un 'Pôle maraîchage' naît de la fusion de deux GDA vauclusiens

Publié le 10 janvier 2022

En exposition devant la salle de Monteux qui accueillait l’événement, la machine du projet Rafu a joué la mascotte du nouveau pôle maraîchage. (© ML)

Le 23 novembre était officiellement lancé, à Monteux, le nouveau 'Pôle maraîchage' de la Chambre d’agriculture de Vaucluse. Objet de la fusion des Groupements de développement agricole du Comtat et Cultures sous abris, il conserve les mêmes missions et reste ambitieux quant à son travail sur le maraîchage auprès des producteurs du département.

Après plusieurs années d’existence, les Groupements de développement agricole (GDA) du Comtat et Cultures sous abris ont pris le chemin de la fusion. Gérard Roche, qui prend la présidence du tout jeune 'Pôle maraîchage' appuie une question de simplification : "La fusion de ces deux GDA vient simplifier quelques lourdeurs administratives, il est vrai. Mais c’est avant tout une façon de mieux rappeler nos ambitions de travail sur le maraîchage". Parce que le département est riche en producteurs de fruits et légumes et que la consommation des ménages a augmenté, malgré une hausse conjointe des prix, la Chambre d’agriculture de Vaucluse tenait absolument à se positionner dans une nouvelle ère de l’étude maraîchère. "Ce pôle invitera également beaucoup d’acteurs qui gravitent autour de l’activité, ainsi que les signes de qualité qui se font le garant de l’avenir des producteurs Vaucluse tels que l’ail de Piolenc, la pomme de terre de Pertuis, le melon de Cavaillon ou encore la fraise de Carpentras", rassure le président, qui reste toutefois clair : "Les missions seront exactement les mêmes que pour les deux GDA".

Pas de grand chamboulement à prévoir pour les trois conseillères du pôle, Sylvia Gascq, Alexandra Candeille et Sara Ferrera. Appui technique, expérimentation de l’Aprel – qui représente près de 30 % de l’activité du pôle –, protection des cultures, bulletin de santé végétal, zones de vulnérabilité 'Nitrates' ou encore l’évidente animation du territoire avec des démonstrations de matériels agricoles, telle la dernière en date : les machines d’assistance à la plantation de l’ail1… tout se perpétuera dans cette nouvelle structure officiellement lancée à Monteux le 23 novembre. "Le Covid et quelques départs à la retraite sont venus chambouler le planning de lancement. Mais il faut se dire que le train est sur les rails depuis déjà un an et demi", précise Gérard Roche, avant de laisser place à diverses interventions.

2021, année riche pour les deux anciens GDA

Le lancement du pôle aura donc également servi de prétexte à un rappel des derniers projets menés par les GDA. Parmi les plus gros, le projet Rafu II2 – en route depuis 2018 et qui vise la réduction des taux de souillure des films plastiques – aura bien tenu occupé l’Aprel, qui s’est chargée de piloter l’expérimentation. Claire Goillon, sa directrice, rappelle l’objectif initial : "Actuellement, le recyclage du paillage est assez compliqué, voire impossible, et la grosse utilisation dans les exploitations nous a poussés à nous pencher sur le sujet, pour trouver des solutions. Nous avons ainsi fait un état des lieux, rédigé un guide pratique et, surtout, décider de trouver un moyen de proposer une solution de nettoyage". Financée par l’Ademe Paca et la Région Sud – un financement toujours en cours et qui bénéficiera d’une prolongation, vu la situation sanitaire actuelle –, la solution en question réside en une machine qui brosse le paillage. Mise en place assez rapidement, elle est reste à disposition des producteurs jusqu’en février. Déjà passée par le département pour une phase de test, tous les producteurs ne sont pas encore convaincus. "Ça peut fonctionner, mais ici on a de l’humidité et quand c’est mouillé, on étale le terreau. Vous ne trouverez personne qui acceptera de laisser sécher avant de travailler, on n’a pas le temps", exprime l’un d’entre eux. Des remarques bien prises en compte par Invenio, le centre de recherche et d'expérimentation de la filière fruits et légumes en Aquitaine qui a développé la machine. Des adaptations du travail agricole – "de la même façon que les carottiers ont accepté de faire évoluer leurs pratiques", comme le rappelle le chargé d’étude, Franck Cogneau – seront sûrement mises en place conjointement, seule façon de trouver une solution à ce nettoyage fastidieux qui empêche, à ce jour, le recyclage.

Auria Le Guen, chargée d’expérimentation de l’Aprel, s’est également penchée sur le projet 'Inventaire et caractérisation des films de paillage biodégradable pour favoriser leur utilisation en maraîchage' (Icap). Après deux années d’essais – sur salades en 2020, puis melons en 2021 – l’heure est venue de présenter les résultats. 2022 sera donc consacrée à une restitution détaillée, même si les résultats seront prochainement complétés par ceux d’autres stations d’expérimentations.

Conseil stratégique phytosanitaire et HVE, tout un programme !

Depuis le 1er janvier, la séparation de la vente et du conseil a engendré une nouvelle réglementation obligeant à deux Conseil stratégique phytosanitaire (CSP) par intervalle de cinq ans. "Les vérifications sont effectuées par les Services régionaux de l'alimentation lors des contrôles officiels ou lors du renouvellement du Certiphyto décideur. Au 31 janvier 2023, toutes les exploitations devront justifier de leur premier CSP", rappelle Framboise Langlet, conseillère qualité et certification à la Chambre d’agriculture de Vaucluse. Ce diagnostic, valable pour six ans, vise à identifier les leviers pertinents pour le plan d’actions, qui vient lui-même prioriser les leviers à mettre en œuvre et estimer les impacts sur les produits phytosanitaires. Un allègement à un CSP peut être envisagé lorsque l’exploitation s’étale sur moins de deux hectares en arboriculture, viticulture, horticulture et maraîchage, et moins de dix hectares pour les autres cultures. Quant aux exploitations intégralement passées en bio ou Haute valeur environnementale (HVE), l’exemption est totale.

La HVE relève d’ailleurs d’un gros point formation et information pour la Chambre d’agriculture. Le dispositif, maintenant mis en place s’est vu boosté ces derniers mois. "On relevait environ 15 000 exploitations concernées en France en 2020, en juillet 2021, nous étions passés à 19 219 très exactement", énonce la conseillère de la Chambre. Elle profite de cette bonne note pour rappeler à tous qu’il est encore temps de faire une demande de crédit d’impôt de 2 500 €3. La condition ? Que l’exploitation soit certifiée et dispose d’un certificat en cours de validité au 31 décembre 2021, ou d’un certificat délivré en cours d’année 2022. Ne tardez pas !

Manon Lallemand

(1) Lire le Vaucluse Agricole du 24 septembre 2021 page 9. (2) Lire le Vaucluse Agricole du 3 décembre 2021 page 10. (3) Cumulable avec le crédit d’impôt bio, mais pas avec le crédit d’impôt incitatif à la sortie du glyphosate.

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