Chambre d’agriculture de Vaucluse : Mouvements et relance

Publié le 08 décembre 2020

La présidente de la Chambre d’agriculture, Georgia Lambertin, entourée du nouveau directeur, Emmanuel Olivari (à gauche) et de Pascal Lenne, qui fait a valoir ses droits à la retraite pour la fin de l’année. (© C.P.)

En session, la Chambre d’agriculture a accueilli de nouveaux élus, ainsi que le nouveau directeur général, Emmanuel Olivari, succédant à Pascal Lenne. Le préfet de Vaucluse, Bertrand Gaume, a précisé les thématiques départementales prioritaires concernées par le Plan de relance.

Les membres de la Chambre d’agriculture de Vaucluse se sont réunis en session ordinaire le 27 novembre, sous la présidence de Georgia Lambertin. En raison de la situation sanitaire exceptionnelle liée à la pandémie du Covid-19, celle-ci s’est déroulée en partie en présentiel, dans les locaux à Agroparc, et en partie en visio, pour les élus.

Cette assemblée s’est faite sous le signe du mouvement, avec des changements d’élus et de directeurs. En effet, la séance a commencé avec l’installation officielle par Bertrand Gaume, préfet de Vaucluse, de Nicolas Olive – au Collège 1 ‘Chefs d’exploitation et assimilés’, en remplacement de Gilles Bernard, démissionnaire – et de Patrick Devaux, au Collège 5b ’Coopératives’, en remplacement de Thierry Blanc, démissionnaire. Georgia Lambertin a souhaité la bienvenue à ces nouveaux élus.

Puis, François Gorieu, le nouveau directeur départemental des Territoires de Vaucluse, nommé le 9 novembre, s’est présenté : venu de Haute-Loire, où il occupait cette même fonction, il a souligné son intention de « s’atteler aux sujets prioritaires » du Plan de relance et de la gestion quantitative de l’eau.

Cette assemblée fut aussi l’occasion de présenter le nouveau directeur de la Chambre d’agriculture de Vaucluse. En effet, l’actuel directeur, Pascal Lenne, en poste depuis 2013, a fait valoir ses droits à la retraite à compter du 31 décembre. Emmanuel Olivari lui succède, dès le 1er décembre. Après des études en gestion et juridique, un passage de six ans au Syndicat général des vignerons des Côtes-du-Rhône, puis dans le secteur du notariat, il est revenu au monde agricole comme directeur général de la Chambre d’agriculture de Savoie Mont Blanc. « Je suis très heureux de reprendre un poste ici, et j’ai hâte de faire votre connaissance et de travailler dans les différentes commissions », a-t-il déclaré.

Budget prudent

Le budget initial 2021 a été présenté par Pascal Lenne et François Maimone, chef des services financiers de la Chambre. « Malgré la situation sanitaire, l’activité des conseillers a été au rendez-vous et devrait augmenter en 2021, en particulier avec les formations et certifications Haute valeur environnementale ». Toutefois, l’activité au printemps 2020 ayant été très réduite, le budget présenté pour le nouvel exercice s’avère déficitaire à hauteur de 123 100 €. Un renouvellement du parc informatique –  mutualisé avec les autres Chambres de la région – est également prévu. Ce budget 2021, empreint de prudence, a été adopté par les membres et approuvé par les autorités de tutelle.

André Bernard, président de la Chambre régionale d’agriculture Paca, a félicité l’ensemble du personnel de la Chambre départementale pour son implication, malgré le contexte, soulignant la place du Vaucluse parmi les départements les plus avancés en nombre d’exploitations sous certification environnementale. Le président a également insisté sur l’importance d’assurer une protection informatique des Chambres. « Tous nos collaborateurs se sont beaucoup investis durant ce premier confinement, notamment sous l’impulsion d’Olivier Gauer, directeur adjoint. Et cette fin d’année est encore une intense période d’activité avec les Certiphyto » a rappelé Georgia Lambertin.

Activité et relance

Enfin, les questions d’actualité ont été évoquées par le préfet de Vaucluse, afin d’apporter un éclairage sur le Plan de relance du gouvernement. Celui-ci, décliné en 21 mesures, se fera au travers d’Appels à projet et appels à manifestations d’intérêt. « Il faut donc de la persévérance et monter des projets solides » conseille Bertrand Gaume. À ce jour, plusieurs thématiques sont retenues prioritaires en Vaucluse : la Haute valeur environnementale, la structuration des filières, les filières animales et le renouvellement de l’agroéquipement. Pour ce dernier, la Chambre pourrait être mise à contribution pour identifier le parc existant, avec appui de la DDT.

Parmi les autres sujets brossés, il a aussi été question de la protection des élevages contre la prédation, avec l’idée de rénover de vieux jas, ou de mettre en place des jas mobiles pour la surveillance des troupeaux. Concernant la Dotations jeunes agriculteurs (DJA), seuls 31 dossiers ont été déposés. Sur les calamités agricoles, la difficulté est de montrer le caractère exceptionnel du gel de 2020.

Par ailleurs, pour la filière viticole – qui doit faire face aux incertitudes des taxes américaines et aux difficultés des caveaux, dont le chiffre d’affaires a chuté en lien avec la fermeture du secteur CHR –, le préfet conseille de consulter la DDFIP, pour établir si les entreprises entrent dans les aides aux secteurs en difficulté. Sur la campagne fruits et légumes, cela s’est un peu mieux déroulé pour le melon. Quant au reste, l’inquiétude porte surtout sur la question de l’introduction de main-d’œuvre étrangère, et les demandes sont en cours. « Pas moins de 180 dossiers de salariés OFII sont traités par la FDSEA pour le seul Vaucluse », a précisé Sophie Vache, présidente du syndicat et vice-présidente de la Chambre.

Sur le sujet des Zones de non-traitement (ZNT), le préfet a souligné la bonne disposition de France Nature Environnement à échanger, et son intention de travailler aux modalités pour les agriculteurs de prévenir les riverains de leurs traitements, dans le cadre du projet de chartes ‘riverains’, actuellement soumis à consultation. « Là, il faudra du cousu main », prévient-il. Enfin, Bertrand Gaume a rappelé que c’était aussi le moment pour les agriculteurs de se mobiliser sur le dossier ‘eau’ et d’investir pour cet enjeu de taille. « Pour notre économie agricole, il nous faut aller plus loin sur le déploiement du réseau d’irrigation » a appuyé, à son tour, Christian Mounier, président de la commission ‘Agriculture’ du Conseil départemental.

Enfin, pour décliner en Vaucluse le Plan de relance gouvernemental, un premier comité départemental désigné par la préfecture se tient le 3 décembre, « avec l’objectif de démarrer rapidement, et d’identifier localement les actions » a précisé François Gorieu.

Cécile Poulain


OPA - Serv. publicsChambre d'agricultureSession chambre olivari lenne plan relance vaucluse