Chambre d’agriculture de Vaucluse : HPR et ZNT au menu de la session

Publié le 16 mars 2020

La Chambre d’agriculture de Vaucluse était en session, vendredi 6 mars dernier.

Le dossier Hauts de Provence Rhodanienne et la mise en application des Zones de non-traitement sont les deux sujets principaux qui ont animé les débats de la session de la Chambre d’agriculture, qui se réunissait vendredi dernier.

Vendredi dernier se tenait la session de la Chambre d’agriculture, sous la présidence de Georgia Lambertin, et en présence de Sophie Vache, 1ère vice-présidente, Christian Mounier, président de la commission ‘agricole’ au Conseil départemental, Brigitte Amourdedieu, secrétaire générale, et d’André Bernard, président de la Chambre régionale d’agriculture.

Après la session statutaire, les débats d’actualité se sont concentrés sur deux points en particulier : le dossier des Hauts de Provence Rhodanien (HPR)1 et la mise en place des Zones de non-traitement (ZNT). Si le premier est un sujet d’avenir qui a le mérite de porter un sujet structurant, présentant « beaucoup d’intérêt mais aussi de questions provenant du terrain », rappelait la présidente de la Chambre, le second inquiète au plus haut point les agriculteurs.

HPR : études techniques achevées

Le projet HPR est désormais entré dans une phase opérationnelle, comme l’expliquait Anne Meyer-Valle, responsable du pôle ‘Territoire - Eau - Environnement’ (voir encadré). De plus, les études techniques sont terminées et ont abouti à différents scénarios, le scénario le plus haut tablant sur un budget maximum compris entre 290 000 et 360 000 €, un débit de 4 m3/seconde, soit un prélèvement d’eau de 15,5 millions de m3 par an, pour irriguer une surface maximale de 18 000 ha. L’étude de gouvernance elle, est en cours.

Les prochaines étapes sont également actées : les projets en cours de dépôt ou à déposer en 2020 doivent être inscrits par la Région Paca, guichet unique du Plan de développement rural (PDR), entre le 13 mars et juin, date de la décision pour les deux premiers projets. « Une fois validé par la Région, le plan de financement public sera réparti entre l’Agence de l’eau, la Région, l’Europe et les Départements. Le complément sera apporté par les bénéficiaires et des partenaires privés, avec l’appui des banques. » Autre rendez-vous : en juin toujours se tiendra le comité de pilotage qui doit arrêter le scénario retenu et le mode de gouvernance, avant d'entrer dans la phase d’établissement du plan de financement de l’ensemble du projet.

Reste que les professionnels ont fait état de leurs craintes lors de la session, « car nous ne sommes pas sécurisés sur le positionnement de la Région ». En effet, si ces projets répondent eux à des enjeux propriétaires, inscrits dans les PGRE2 des secteurs déficitaires, et qu’ils permettent des économies d’eau significatives, « les partenaires doutent de la capacité des petites Asa ou union d’Asa de Vaucluse à les porter, tandis que les délais d’instruction et de paiements sont extrêmement longs », notait Anne Meyer-Valle. « Nous sommes clairement dans une phase où les acteurs agricoles doivent se mobiliser sur le terrain », résumait Georgia Lambertin.

En charge du dossier à la Chambre, Michel Brès s’est voulu optimiste, « notant l’union sacrée paysanne sur ce projet. Ça pousse fort sur le terrain, car les inquiétudes montent sur la fermeture de canaux ». De son côté, André Bernard a noté que « la soif justifiait le travail et l’union née sur le terrain. Un certain nombre d’étapes ont été franchies », notait-il. Mais il prévient : « Au-delà des discours, il faut désormais voir si cela se traduit par des actes. Il sera difficile de baisser le prélèvement d’eau en 2021, car les travaux démarreront à peine. Il ne faudrait surtout pas que la machine administrative vienne retarder la dynamique en Vaucluse, d’autant plus que l’on peut émarger aux aides de l’Agence de l’eau. Or, cet argent est le résultat des contributions des agriculteurs. Il doit rester en Vaucluse et ne pas fuiter ailleurs en raison de retards administratifs. Mon souci est également de prévoir la suite, car nous rentrons dans une programmation 2021-2027 : avec 18 millions d’euros pour Paca, sachant que l’on estime à 800 millions d’euros les sommes à investir dans les 20 ans à venir, il nous faut ouvrir de ‘nouveaux canaux’ de financements, et aller chercher d’autres lignes budgétaires, en mobilisant des fonds Feader. Et pour cela, il faut que cela soit inscrit dans les Contrats de plan État-Région. » Un message adressé à la fois à la Région, mais aussi aux services de l’État.

Céline Zambujo


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