Chambre d’agriculture de Vaucluse : Des idées fraîches et positives

Publié le 11 juillet 2019

Georgia Lambertin, nouvelle présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, entourée d’une grande partie des élus de son équipe.

La nouvelle présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, entourée de son équipe, a donné rendez-vous à la presse ce lundi 1er juillet pour présenter les priorités de sa mandature, innovations et autres projets. Georgia Lambertin appelle à « parler positivement » de l’agriculture, qui relève de vastes défis climatiques et sociétaux.

« Le changement climatique implique de réagir vite, avec un conseil très précis. Il nous faut donc innover dans l’accompagnement des agriculteurs, en particulier avec des outils connectés et par une communication fréquente » a déclaré Georgia Lambertin, nouvelle présidente de la Chambre d’agriculture de Vaucluse, à la presse ce 1er juillet, en visite au Domaine expérimental de Piolenc, devant des raisins grillés par le soleil et les températures extrêmes de ces derniers jours.

Les dossiers canicule et climat sont en effet prioritaires dans cette mandature. Pour cela, heureusement, les idées fraîches jaillissent pour conduire de nouvelles expérimentations au Domaine de Piolenc. La Chambre d’agriculture de Vaucluse y teste une agriculture plus résiliente, au travers de plusieurs pistes : plantation de cépages résistants au mildiou, à l’oïdium et au black-rot, et adaptés à la sécheresse ; conduite d’une parcelle de 60 ares en agro-écologie (à lire dans notre édition de la semaine prochaine) ; conduite de la vigne de sorte à décaler sa maturité à une période plus fraîche ; test d’ombrières photovoltaïques orientables ; essais sur de nouveaux modes d’irrigation… L’objectif est d’obtenir de multiples références techniques pour les transférer aux agriculteurs, assoiffés de solutions d’adaptation.

Pour expliquer cela, Georgia Lambertin accompagnée d’Olivier Jacquet, responsable ‘vigne et vin’ de la Chambre, et d’une grande partie des élus, a fait visiter le domaine expérimental aux journalistes. « Au changement climatique, il n’y aura pas de réponse globale, mais plutôt production par production, tant les situations sont variées » souligne la présidente.

D’abord, bien fonctionner…

Les autres dossiers sur lesquelles la nouvelle mandature va concentrer ses efforts sont multiples : renouvellement des générations en boostant l’installation des agriculteurs, aménagement du foncier et sécurisation des ressources en eau, répondre aux attentes sociétales en matière d’alimentation saine, qualitative et nutritive… « Il est grand temps que nous travaillions ensemble pour une politique d’aménagement du territoire qui tienne compte du maintien de l’agriculture en France. Et face aux chantiers colossaux qui nous attendent, le réseau des Chambres, à l’image d’un ascenseur, doit communiquer au mieux à chaque étage » a recommandé André Bernard, président de la Chambre d’agriculture régionale Paca.

Par ailleurs, concernant la progression de l’épidémie de flavescence dorée, les équipes de la Chambre sont à pied d’œuvre pour préparer la campagne de prospection, cruciale pour endiguer le développement exponentiel du fléau. « Chaque année, la Chambre mobilise dix ingénieurs et techniciens pour encadrer les adhérents et techniciens des caves. Un grand nombre de participants est nécessaire, car le temps est compté. En effet, la fenêtre d’action est courte : entre le 15-20 août et fin septembre » explique Christian Gély, vice-président de la Chambre. Aussi, l’appel à volontaires sera lancé très prochainement, via les Organismes de gestion (ODG) et les coopératives, afin de constituer les équipes de prospection. Cette année encore 6500 km de rangs de vignes seront prospectés, encadrés par la Chambre, car « si la propagation est ralentie, elle reste préoccupante dans plusieurs secteurs et la plus grande vigilance reste de mise. Les vignes à l’abandon, sont des réservoirs à maladie et doivent être arrachées ou dévitalisées par les propriétaires de friches » précise Christina Gély.

Pour rappel, l’an dernier, la prospection dans le département a concerné 14 581 hectares, a mis à jour 240 parcelles et 3211 ceps contaminés. Les parcelles sont arrachées au-delà de 20% de contamination. Le maintien du potentiel de production dépend de la qualité de la prospection, et donc de la mobilisation d’un maximum de viticulteurs.

… Et puis anticiper !

Autre dossier majeur pour Georgia Lambertin et son équipe : chaque jour ou presque, un agriculteur vauclusien cesse son activité. Et un agriculteur qui part sur trois n’a pas de successeur. À ce rythme, la moitié des agriculteurs pourrait disparaître d’ici une dizaine d’années. Or, « la moitié des agriculteurs qui s’installent en Vaucluse ont plus de 50 ans » souligne Clément Roux, vice-président de la Chambre, en charge du dossier installation, également président des Jeunes Agriculteurs de Vaucluse. Pour dynamiser le renouvellement des générations, la Chambre développe un nouveau service : le point accueil transmission. Créé en début d’année avec le soutien financier de la Région Sud, cet accompagnement sur-mesure est complémentaire de celui apporté à l’installation. Ce service d’informations et de conseils, gratuit pour tous les agriculteurs, vise à répondre à de multiples questions : quand m’arrêter ? À qui et comment transmettre mon outil de production et mon savoir-faire ?

« Notre société a besoin des agriculteurs, ne serait-ce que pour sa santé. Ces derniers affrontent des aléas climatiques croissants, innovent pour s’adapter et cela nécessite un peu de temps. Alors, parlons positivement de l’agriculture, qui a besoin de notre considération ! », a conclu Georgia Lambertin.

Cécile Poulain


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