Cerises : Recenser les besoins d'investissement d’ici la fin de l’année

Publié le 15 juillet 2019

Le 11 juin, les producteurs de cerises ont pu vérifier sur le terrain l’efficacité des filets et bâches de protection au Domaine expérimental La Tapy.

L’AOPn ‘Cerise de France’ avait donné rendez-vous aux producteurs de cerises, le 11 juin au Domaine expérimental La Tapy à Carpentras. Objectif : montrer l’efficacité des filets et bâches de protection, mais aussi recenser les besoins en restructuration de la filière cerise.

Ce 11 juin, la météo est de la partie. En effet, la pluie ininterrompue permet à la fois de libérer les arboriculteurs de leurs tâches sur le terrain, et de venir constater la protection anti-pluie des bâches sur le verger expérimental du Domaine de la Tapy. « C’est le temps parfait pour se rendre compte de l’efficacité de cette installation sur le bon état des cerisiers ! » se réjouit René Reynard, ancien président de La Tapy, en charge du recensement de besoins de la filière en matière de restructuration.

Sous les filets et bâches de protection, les cerisiers de Belge et Staccato® sont effectivement chargés en fruits charnus et brillants. Aucun dégât dû à la pluie ou au vent, du type cerises fendues ou éclatées, n’est visible. « Les cerises ont moins d’ensoleillement direct, et restent ainsi à l’abri des coups de chaud », précise Jean-Christophe Neyron, président de l’AOP nationale ‘Cerises de France’.

Un intérêt pour les filets

Des arboriculteurs du Vaucluse, mais aussi de départements voisins, sont venus tout au long de la journée observer l’installation et se renseigner sur les plans technique et économique, avant de se décider à investir ou non. Beaucoup sont motivés pour continuer à produire de la cerise, mais viennent exprimer leurs besoins et difficultés spécifiques. « D’une manière générale, les producteurs manifestent leur intérêt pour installer des filets. Ils veulent une protection contre les drosophiles d’abord, puis contre le vent, la pluie et éventuellement la grêle. Nous recensons les besoins, afin de pouvoir transmettre les dossiers de demande de financement » explique René Reynard. À ce jour les demandes d’investissement en filets et bâches représentent l’équivalent de 50 ha de cerisiers.

Les producteurs intéressés sont donc appelés à établir le budget prévisionnel correspondant, sur 5 ans, et à le communiquer à l’association des producteurs de la cerise des Coteaux du Ventoux. Celle-ci transmettra l’ensemble des demandes à la Région avant qu’elle ne vote son propre budget en novembre. « C’est ouvert à tous ! Faites-vous connaître au plus tôt, avant septembre », recommande René Reynard. « Nous sommes en train de voir comment articuler les différentes aides pour ne pas se heurter à un problème de cofinancement entre la Région, l’Europe et le plan de rénovation du verger de FranceAgriMer », expliquait, début juillet, Alexandra Lacoste, directrice de l’AOPn. Quant au recensement des besoins, il est déjà très avancé en Rhône-Alpes, puisque la filière régionale a pu s’appuyer sur le précédent ‘Plan fruits’. « Notre objectif est d’avoir fait un recensement complet d’ici la fin de l’année. Certes, l’investissement est lourd. Mais il faut aussi avoir en tête que ces investissements vont permettre à la France de garder la possibilité de produire des fruits », souligne la directrice.

Des producteurs convaincus

« Je suis convaincu par l’impact du filet, car j’en ai acheté, après avoir accusé 40% de perte de production à cause de la mouche. J’ai pu faire tomber le taux de perte à 1 à 2%. Mais le type d’installation que vous avez ici est-il vite amorti ? », interroge Jean-Michel Toulouse, producteur dans la Drôme. « Pour un filet à 24 000 €, une fois les 60% d’aides enlevées, il reste 10 000 € à la charge du producteur. Cet investissement s’amortit donc rapidement au regard du peu de perte de récolte » assure René Reynard. D’autant qu’au-delà du gain de volume de cerises commercialisable, celles-ci nécessiteront moins de tri, générant ainsi une économie de main d’œuvre.

« Je suis ici parce que, même si j’ai peu de cerisiers, et de moins en moins chaque année, j’aime cette culture et je veux continuer à la faire. Je ne veux pas manger de cerises turques. Or, si on peut arracher et replanter derrière, au final, l’opération ne coûtera rien. Elle sera prise en compte par le plan de restructuration. Là, sous ces filets, la qualité des cerises est claire, c’est superbe. On voit que malgré le vent, les cerises ne sont pas flétries, elles pourront voyager sans problème », observe Damien Calamel, arboriculteur à Mazan. Son idée est de repartir de zéro, de concevoir un verger plus économe en temps de travail et en intrants.

Lionel Ravoire, producteur à Bonnieux en cerises de bouche et d’industrie, s’exprime très clairement sur sa motivation et sur l’avenir de la filière : « Nous avons un beau terroir, ce serait dommage d’abandonner ! Or, je vois beaucoup de confrères abandonner à cause des problèmes d’insectes et de main d’œuvre… Il faut mettre des moyens dans la recherche pour disposer de nouvelles solutions techniques ! Ici, les cerises sont brillantes, la qualité de fruit est supérieure. Même si on n’a pas encore toutes les réponses techniques, sur le temps de mise à fruit, par exemple, on sait le principal : la récolte sera plus belle. Maintenant, il faut se jeter à l’eau ! ».

Cécile Poulain

Contact : Association de valorisation de la cerise des Coteaux du Ventoux, tél. : 04 90 69 77 41, 07 71 21 35 79, cerise.ventoux@orange.fr

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