Campus Provence Ventoux : 50 ans d’innovations pour un enseignement agricole de pointe

Publié le 01 novembre 2021

Élus et acteurs locaux étaient évidemment au rendez-vous de ce cinquantenaire tant attendu. (© ML)

Vendredi 15 octobre sonnait un grand jour pour l’agriculture vauclusienne. À Carpentras, le Campus Provence Ventoux – ex-Louis Giraud – soufflait ses cinquante (et une) bougies. Un anniversaire en grande pompe pour célébrer la dynamique ambitieuse et constante d’un enseignement agricole innovant.

"Il y a 50 ans, on apprenait à mettre de l’engrais chimique, à traiter. Aujourd’hui, c’est plutôt le contraire. On accompagne le changement", déclare Daniel Carles, vice-président du campus, ouvrant le bal de cette célébration très attendue. Cette année, le Campus Louis Giraud, rebaptisé 'Campus Provence Ventoux' en cette rentrée 2021, fête en réalité ses 51 ans, le Covid ayant empêché les grandes retrouvailles l’année précédente. Nouveau nom, nouvelle identité ? Pas tellement, l’équipe souhaite au contraire la renforcer – le nom Louis Giraud restera associé à l’une des trois entités du campus, le lycée – et dépasser les limites locales pour rayonner encore plus fort, encore plus loin.

Dans le Comtat Venaissin, les débuts de l’enseignement agricole remontent à 1849, avec l’installation d’une ferme-école, bien avant la construction du campus, bâti en 1970. Déjà menée sur la voie de l’innovation, celle-ci est dirigée jusqu’en 1866 par Louis Fabre. Déménagement de la ferme, nouveau site sur le hameau de Serres, nouvelles unités d’enseignement : d’abord double collège et création du CFPA (Centre de formation professionnelle des adultes), puis implantation du CFA (Centre de formation d'apprentis), du lycée, transformation en campus… L’image de l’enseignement agricole à Carpentras a autant évolué que l’agriculture comtadine, comme le retrace le livre anniversaire édité à l’occasion du cinquantenaire. Aujourd’hui, le campus de Carpentras compte trois centres constitutifs qui forment du CAP à la licence professionnelle, accueillant plusieurs centaines d’élèves. En plus de prendre en charge l’enseignement agricole, "la mission d’animation du territoire prend ici tout son sens", souligne Hassan Samr, directeur du campus.

Changement climatique, changement de pratiques… Enseignants et élèves ont vu s’accroître un besoin d’adaptation qui s’est, entre autres, traduit par le passage des vergers de pommes en bio et une labellisation de l’exploitation en Haute valeur environnementale (HVE). L’ex-Campus Louis Giraud n’a pas non plus manqué le train des circuits courts avec sa boutique et, aujourd’hui, le Campus Provence Ventoux continue de promouvoir l’innovation agricole. Cet hiver, des cerisiers protégés par des filets anti-drosophile seront, par exemple, plantés sous des panneaux solaires. Un investissement permis par l’importante mobilisation de partenaires fiables, tels que la Région Sud, qui se démènent pour ne rater aucun rendez-vous.

Des partenariats nombreux toujours au rendez-vous

Pour Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région en charge de l'agriculture, "l’adaptation est la condition sine qua none de la résilience face au changement climatique". En cela, elle juge la qualité de l’enseignement au campus tout bonnement "remarquable", faisant preuve de qualité tout en veillant à rester très intégré dans la vie locale. Une proximité du monde rural importante, notamment parce que "la ruralité est ce qui fait encore très majoritairement la France", insiste-t-elle. La Chambre d’agriculture se positionne également en tant qu’incontournable sur le campus. "Nous vous tirons notre chapeau", félicite Olivier Gauer, directeur-adjoint de la Chambre vauclusienne, soulignant l’efficacité des équipes à la création de vocations. "L’installation est la raison d’être de ce campus, et vous faites une action remarquable sur ce point, notamment avec le CFPPA qui est un partenaire clef de la chambre, avec son conseil, ou encore les BPREA pour la reconversion", poursuit-il.

Car l’installation reste un sujet majeur en Vaucluse. Les estimations montrent effectivement que, dans le département, un agriculteur part à la retraite tous les jours, alors que seul un nouveau s’installe tous les deux jours. "Le Vaucluse est sur une pente descendante. Les formations pour les jeunes, et les moins jeunes en quête de reconversion, sont donc plus qu’importantes", insiste Olivier Gauer. Le directeur-adjoint profite de l’occasion pour rappeler les progrès faits dans l’amélioration des techniques culturales et les circuits courts, réaffirmant un engagement primordial pour l’équilibre du territoire. Même son de cloches pour André Bernard, président de la Chambre régionale d’agriculture : "Le travail d’adaptation au changement agricole ne peut se faire qu’à travers ce type d’établissement." Pour lui, trois mots qualifient le campus : modernité, innovation et adaptation. Trois mots qui résonnent dans les micros de la tribune d’anniversaire, un rappel pour toutes les personnes présentes que le Campus Provence Ventoux tient, dans son enseignement, les clefs d’un avenir brillant pour le complexe tant que pour l’agriculture elle-même.

Manon Lallemand


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