Bédoin : Anne-Marie et Christophe Georges, artisans confituriers

Publié le 21 mars 2022

Anne-Marie et Christophe Georges. (© PN)

À l’entrée de Bédoin, 'La Ruchofruit' propose ses produits, confitures, chutneys, vinaigres, transformés sur place à partir de fruits et légumes 100 % locaux. Histoire d’une petite entreprise devenue incontournable à force de patience et de travail de qualité.

C’est une aventure en plusieurs étapes, menée par plusieurs acteurs. Celle de 'La Ruchofruit', une petite entreprise artisanale de transformation de fruits, venus pour l’essentiel du Vaucluse et, en tout cas, toujours de France.

C’est en juillet 1989 que Christiane Bregamy a créé ce qui n’était encore qu’une entreprise individuelle. Son idée : faire des confitures, avec des produits locaux de qualité, et les vendre à la fois aux professionnels et dans une moindre mesure aux particuliers. Elle s’installe à Flassan, où elle a des amis producteurs et de la famille.

En 2008, Christiane prend sa retraite, et vend 'La Ruchofruit' à Hélène Schindelholtz. Cette dernière reprend l’idée originale, continue d’accroître la gamme, tout en restant dans une pratique d’exigence, aussi bien dans ses approvisionnements que dans son élaboration des produits. Elle commercialise toujours ses produits auprès des professionnels, et des particuliers, notamment par le biais des marchés locaux.

Une annonce sur 'Le bon coin'

En 2013, elle décide à son tour de prendre une retraite bien méritée, et poste alors une annonce sur 'Le bon coin'. Et c’est alors que rentrent dans le jeu les actuels propriétaires de 'La Ruchofruit', Christophe et Anne-Marie Georges. Ces deux anciens professionnels de la santé et du social, natifs de la région parisienne, ont rapidement quitté la capitale, d’abord pour Lyon, puis pour Tournus, en Bourgogne, où ils gèrent à deux un petit hôtel familial. En 2012, ils décident de venir s’installer dans le Ventoux, que les parents de Christophe leur ont fait découvrir lors de leur installation à Mazan. Ils se mettent alors en quête d’un projet, d’une entreprise de petite taille à reprendre, une entreprise qui fasse des produits dont on peut être fier.

À la lecture de l’annonce d’Hélène Schindelholtz, ils se disent qu’ils ont peut-être bien trouvé la perle rare. Tout en étant bien conscient des faiblesses de l’entreprise, liées notamment à son emplacement, sur les hauteurs de Flassan, sur un itinéraire fort peu passant. "Christiane et Hélène vendaient au particulier en étant présentes sur les marchés, ce qui implique de grosses journées, puisqu’après s’être levé aux petites heures du jour, il faut ensuite continuer à transformer les produits une fois revenus à l’atelier", reconnaît Christophe. "Hélène nous avait d’ailleurs dit d’office qu’il fallait, pour assurer la pérennité du projet, trouver un nouveau lieu."

Le soutien actif des élus locaux

Anne-Marie et Christophe se mettent donc très vite en quête d’un emplacement mieux situé pour 'La Ruchofruit'. Deux villages très fréquentés retiennent très vite leur attention : Pernes-les-Fontaines et Bédoin. "Nous avons été vraiment bien accueillis par Pierre Gabert et Didier Carles, ainsi que par Luc Reynard", affirme Christophe. L’identité "terroir" et très qualitative de 'La Ruchofruit' séduit en effet ces élus, soucieux de promouvoir une certaine image du Comtat Venaissin, fondée sur son agriculture, son artisanat et sa créativité.

Et c’est finalement à Bédoin que les Georges trouvent leur bonheur, dans une ancienne maison d’habitation, située à l’entrée du village, avec un parking juste en face, et une surface permettant d’implanter aussi bien une belle boutique qu’un laboratoire répondant aux normes sanitaires en vigueur.

Mais il faudra un peu de patience encore, car les travaux commenceront le 9 mars 2020… pour s’arrêter presque aussitôt pour cause de Covid 19. C’est finalement en novembre 2020 que 'La Ruchofruit' ouvre ses nouveaux locaux au public. "Mais on a tout de suite su que le pari était gagné : notre chiffre d’affaires a bondi de 60 % ! Et ceux, alors que nous étions encore en période Covid."

Approvisionnement 100 % locaux

La combinaison d’un emplacement idéal, hypervisible, et d’une gamme de produits toujours plus complétée et appétissante. Car tandis qu’ils cherchaient un nouvel emplacement, Anne-Marie et Christophe ne restaient pas les bras croisés, cherchant de nouvelles recettes, ou en exhumant d’ancienne, comme la confiture de Méréville, cette "pastèque à confiture" qui s’enrichit de milles saveurs et arômes. "Aujourd’hui, notre gamme compte 47 confitures et chutneys, ainsi que 14 vinaigres", explique Anne-Marie. Le tout est fabriqué presque exclusivement avec des produits hyper locaux : les cerises viennent de Villes-sur-Auzon, les fraises de Carpentras, les légumes de Monteux, les figues de Sarrians, le raisin du lycée agricole Louis Giraud, les abricots d’une Sica de Mazan… Certains petits rouges viennent d’un peu plus loin, de l’Ardèche.

Quant à la transformation, elle est "100 % sans additifs, colorants ou arômes" assurent de concert Anne-Marie et Georges. "Et puis, on essaie sans arrêt de nouvelles idées. Dernièrement, on s’est intéressé de près à la moutarde. Parfois on y arrive, parfois on n’y arrive pas, précisément parce qu’il faudrait ajouter des choses qu’on ne veut pas ajouter. Alors on laisse tomber, ce n’est pas notre identité !"

Pierre Nicolas, CLP


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