Apt : le fruit confit, une tradition qui innove et se réinvente

Publié le 27 décembre 2021

Jouissant de la réputation d’Apt comme capitale du fruit confit, la boutique de 'La maison du fruit confit', à Apt, ambitionne devenir la plus grande au monde dédiée à ce type de confiserie d’ici quelques années. (© ML)

Des siècles que le fruit confit s’est ancré dans la tradition locale et, contre toute attente, cette dernière n’a pas pris une ride. Si la confiserie locale a toujours la côte, Aptunion, l’entreprise qui la fabrique, persiste dans sa volonté d’innover pour, entre autres, rajeunir sa clientèle. Cap sur l’excellence d’un patrimoine vivant plébiscité.

À Apt, la tradition du fruit confit ne date pas d’hier. Il y a plus de sept siècles, les Aptésiens en offraient déjà au Pape Urbain V, alors en pèlerinage dans leur ville. À l’époque, confire les fruits dans le sucre était idéal : la technique permettait effectivement de conserver ces nombreux fruits dont on ne savait plus que faire. De fil en aiguille, la ville a gagné sa réputation de "chaudron à confiture", comme la qualifiait Madame de Sévigné dans une lettre à sa fille. De nombreuses usines artisanales se sont au fur et à mesure installées, marquant au fer rouge l’identité de la petite ville du Luberon.

En 1962, après la Seconde Guerre mondiale, le besoin de regroupement se fait sentir, et quatre grandes familles de confiseurs aptésiens décident de se regrouper, pour mieux "maîtriser de nouvelles méthodes de gestion et intégrer leurs entreprises dans un monde industriel en progression". C’est ainsi qu’Aptunion relate sa naissance. Aujourd’hui, le site regroupe plusieurs usines, un méthaniseur et une boutique, vitrine de l’excellence et de la persévérance de ses équipes.

Cette dernière ouvre en 2018 et compte, à ce jour, six employés – qui s’occupent de la surface de vente – sur les près de 250 salariés que compte Aptunion. Le client y trouve des fruits confits sortis de l’usine dont la spécialité est la cerise. En période de fête, Romain Brun, adjoint du magasin, atteste également du succès que connaissent les clémentines de Corse confites, bien que de nombreux autres fruits aient également la côte. Sur les étals s’exposent à leurs côtés les produits des partenaires, à savoir les clients à qui l’entreprise envoie les produits non transformés : nougats, orangettes, calissons mendiants… Les 13 desserts de Provence sont bien représentés, pour faire de la boutique "un hymne à la gastronomie provençale" comme le clame haut et fort Aptunion.

La reconnaissance de l’excellence

Cerise bigarreau du Luberon, abricots rosés de Provence, melons et pastèques de Cavaillon. Dans le Vaucluse, pas moins de 200 producteurs fournissent près de 10 000 tonnes de fruits pour être confits. Les autres proviennent majoritairement de France et certains de chez nos plus proches voisins, tels que les oranges et citrons qui proviennent d’Espagne et Italie. Pour la touche exotique, comme le kiwi, le gingembre ou encore l’ananas, il faut voir un peu plus loin avec des provenances du monde entier. Quoi qu’il en soit, Aptunion veille au grain pour la qualité de ses produits. Renouvellement en décembre de la certification BRC attestant de la maîtrise de la sécurité alimentaire tout au long de la chaîne de fabrication, instauration d’un 'Clean label' dans une logique de réduction de la liste des ingrédients à son strict minimum, afin de "la clarifier en utilisant des mots courants et réduire les additifs et allergènes", ou encore création d’une gamme bio font partie des dernières évolutions d’une industrie plébiscitée pour la qualité de ses produits et la transparence faite au niveau de la fabrication.

Le savoir-faire artisanal et l’excellence de 'La maison du fruit confit' ont d’ailleurs été récompensés, en 2017, par l’obtention du label Entreprise du patrimoine vivant (EPV), un label officiel français créé en 2005, gage de qualité et garant d’un héritage culturel unique. La France compte à ce jour près de 1 400 entreprises labellisées et l’entreprise luberonnaise peut fièrement se targuer d’en faire partie : "C’est un label qui vient notamment reconnaître le travail effectué pour correspondre aux attentes de la société. Nos colorants sont aujourd’hui 100 % naturels, par exemple. Alors oui, la couleur de nos cerises est moins vive que celles du marché américain. Mais, chez nous, les gens veulent moins de synthétique et plus de simplicité".

'La maison du fruit confit' a également intégré récemment le Collège culinaire de France, un collectif associatif déployé en 2011, afin de "représenter, valoriser et transmettre le patrimoine culinaire artisanal à travers la diversité, la tradition et la capacité d'innovation".

Un avenir prometteur

"Aujourd’hui, notre clientèle est plutôt âgée. Pour elle, le fruit confit fait véritablement partie d’une culture locale", explique Romain Brun. À 'La maison du fruit confit', certains sont effectivement client depuis les débuts, en 1962. "Nous avons une clientèle qui est fidèle, mais pas régulière, car le fruit confit se conserve longtemps", poursuit-il. Un rajeunissement semble cependant se profiler, notamment sur la production transformée. "Les trentenaires se penchent davantage sur cette catégorie, car ils cherchent à offrir des cadeaux qualitatifs tout en conservant cette idée de tradition locale", dévoile le responsable adjoint.

Car oui, la tradition locale est toujours bien ancrée. Dans l’entreprise elle-même, certains employés sont là depuis quatre générations. Une question de fierté qui pousse l’entreprise à toujours se démener pour aller vers un avenir radieux. Pour Romain Brun, le futur du fruit confit est d’ailleurs dans la boutique avec la pépite : "Sans remplacer le fruit confit, elle propose une alternative moins sucrée et aux utilisations plus variées que le simple enrobage de chocolat, pour laquelle elle a été initialement imaginée". Mais si, vous les connaissez bien ces pépites ! Obtenues grâce à un procédé unique à partir d’une sélection de purées ou jus concentrés de fruit, texturées à l’alginate (ou à la pectine pour les 'Clean label') puis séchées, elles sont dans vos tablettes de chocolat, vos quatre-quarts, vos gâteaux préférés…

Les visites du musée et les dégustations se multiplient grâce aux partenariats en place avec des associations, maisons d’hôtes, gîtes et hôtels du Luberon… "On ne vient pas d’ans le pays d’Apt sans passer par 'La maison du fruit confit'", affirme l’adjoint du magasin. Pour proposer une expérience gustative unique et des conseils adaptés aux visiteurs, l’équipe espère poursuivre sur sa lignée de montée en gamme, avec le réaménagement de son salon de thé, mais surtout l’extension de la boutique : "C’est bien de s’étendre, mais nous devons nous en donner les moyens. Vous avez pu constater que nous réinvestissons beaucoup sur le territoire avec Aptunion, alors maintenant, pourquoi ne pas nous donner l’objectif de devenir la plus grande boutique au monde de fruits confits ?", suggère ambitieusement le responsable adjoint du magasin.

Le fruit confit vous donne maintenant rendez-vous pour le dessert et, dès janvier, pour une brioche des rois à savourer en famille ou entre amis, avec le zeste de gourmandise nécessaire à la réussite des fêtes !

Manon Lallemand


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