Apprentissage : Aides exceptionnelles à l’embauche

Publié le 22 juin 2020

L’apprentissage est la première pierre du plan de relance gouvernemental de soutien à l’emploi des jeunes. Les aides exceptionnelles à l’embauche des apprentis devraient inciter les entreprises à signer des contrats.

Pour soutenir l’emploi des jeunes, le gouvernement commence par des aides à l’apprentissage. Ces mesures exceptionnelles devraient encourager les entreprises à accueillir des apprentis, et sécuriser le parcours des jeunes. Les primes concernent les contrats signés dès le 1er juillet.

« Le point central du plan de soutien à l'apprentissage est l'aide financière à l’embauche d’apprentis », résume David Lafond, directeur de la Fédération des Maisons familiales et rurales Vaucluse-Alpes du Sud. En effet, une aide financière à l'embauche sera accordée aux entreprises qui signent un contrat entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021. Cette mesure exceptionnelle prendra la forme d’une prime de 5000 € pour l’embauche d’un alternant de moins de 18 ans, et de 8000 € dans le cas d’un alternant majeur. Car lever les freins à l’embauche est essentiel, « du fait des incertitudes liées à la crise Covid-19, car des entreprises risquent la faillite, avec une estimation de baisse d’activité pour certains secteurs de 25% » précise David Lafond.

Qui pourra en bénéficier ? Désormais sans condition pour les entreprises de moins de 250 employés, qui seront toutes éligibles, ces aides sont valables pour tous les contrats d’apprentissage, que ce soit du niveau du CAP à la licence professionnelle. Les grandes entreprises devront, elles, justifier d’un taux de 5% d’alternants dans leurs effectifs d’ici 2021 pour en bénéficier.

Ainsi, embaucher un apprenti ne devrait rien coûter à l’entreprise la première année, et même « jusqu’à 21 ans, le coût est quasi-nul pour les entreprises » constate le directeur.

Côté apprentis.

Pour les apprentis, le gouvernement annonce trois actions, dont un délai allongé pour trouver son entreprise d’accueil.

« Le ministère s'y engage fortement : tout jeune qui fera la demande d'un CAP jusqu’à la licence professionnelle en apprentissage, sur Affelnet ou Parcoursup, recevra au moins une réponse positive », souligne David Lafond. Pour accompagner le jeune à décrocher un contrat, une mobilisation territoriale sera demandée : branches professionnelles, Région, Département et Pôle emploi… De plus, le futur apprenti disposera de deux fois plus de temps pour cela. Alors qu’il a habituellement trois mois pour trouver un employeur après le début de sa formation, cette année, ce délai est allongé à six mois pour signer son contrat d’apprentissage, et avant le 28 février 2021. Pendant cette période, il peut suivre les cours en Centre de formation des apprentis (CFA).

Enfin, autre mesure du plan de relance : le gouvernement aidera les jeunes à obtenir des ordinateurs pour poursuivre la formation à distance et assurer la continuité pédagogique. « Car pendant le confinement, neuf apprentis sur dix ont pu continuer leur formation à distance selon le ministère du Travail. Aussi, l'achat d'un ordinateur portable ou d'une tablette sera compatible à l'aide au premier équipement professionnel, à hauteur de 500 euros » précise David Lafond.

Ainsi, tout ce dispositif devrait permettre de maintenir les effectifs de 2019. « Pour les MFR Vaucluse-Alpes du Sud, les effectifs 2019-2020 avaient progressé de 20%, avec 400 apprentis dont à peu près la moitié était dans le secteur agricole et des services en milieu rural » précise David Lafond.

Communiquer.

Ces premières mesures sur l’apprentissage s’inscrivent donc comme l’amorce du plan de relance, qui sera dévoilé en juillet, pour le soutien à l’emploi des jeunes. Les textes réglementaires précisant ces dispositions sont attendus.

En parallèle, un travail de fond continue pour pallier le manque d'attractivité de la filière. « Ce phénomène persiste et nous devons communiquer plus encore sur les filières qui embauchent. D’ailleurs, le projet de publier les taux d’insertion par secteur professionnel devrait y aider. Nous allons aussi préparer un plan de communication sur les métiers du rural avec les partenaires professionnels » annonce le directeur régional des MFR. De quoi faire tomber quelques idées reçues sur la réussite des formations en alternance.

Cécile Poulain


Apprentis aide entreprise CAP MFR