Agroalimentaire : 'Charles & Alice' accélère le rythme avec un second atelier

Publié le 28 juin 2021

La recette de la purée de pommes est constamment ajustée pour garder une qualité optimale. (© C&A)

Basée à Monteux depuis 1935, l’entreprise de transformation 'Charles & Alice' confirme sa progression sur le marché, en inaugurant un second atelier, à seulement 500 mètres de son site historique, construit en 1992. Un investissement à 20 millions d’euros qui lui permettra d’étendre la capacité de production de ses emblématiques gourdes de compotes.

Avec "un investissement colossal, mais qui est le pendant d’une activité florissante", comme le rappelle Laurence Martin, directrice de l’usine montilienne, un nouvel atelier de 6 500 m2, sur un terrain de 32 500 m2, vient rejoindre les infrastructures du groupe. Le 2e atelier sera spécialisé sur la production de gourdes, bien que les autres continuent d’en fabriquer. Il permettra un ajout de 8 500 tonnes de produits finis, d’autant plus qu’une des lignes de productions du premier atelier y sera également rapatriée prochainement.

Pour 'Charles & Alice', l’objectif est double. Non seulement l’entreprise vise une progression de son chiffre d’affaires jusqu’à 250 millions d’euros d’ici 2025, mais elle souhaite en plus évoluer sur le marché européen, très dynamique pour les gourdes et le ‘babyfood’. L’avenir se joue sur l’accompagnement de la croissance de la demande pour la gourde, et l’augmentation de la présence du groupe en Europe, pour la marque 'Charles & Alice' et la marque distributeur (qui représente 50 % de la production des usines).

Cette extension est également l’occasion d’être à la pointe en termes de technologies et de bien-être au travail. Fabien Ployon, directeur industriel, réaffirme cette volonté : "Notre valeur principale est le respect, de l’environnement, mais aussi de nos collaborateurs. Depuis près de 15 ans, nous investissons pour améliorer les conditions de travail". Sur ce site seront par exemple mis en place plusieurs aménagements : rafraîchissement de l’air, lumière naturelle dans l’usine par des fenêtres pour permettre aux employés d’échapper leur regard, ajustement de l’ergonomie des postes de travail etc.

S’engager pour l’environnement

L’inauguration du nouvel atelier était également l’occasion de renouveler les valeurs et engagements de l’entreprise pour l’horizon 2025. Depuis dix ans, la consommation d’eau s’est vue réduite de 50 % (ramenés à la tonne fabriquée), soit 150 m3 d’eau/an sur le site. L’équipe souhaite maintenant réduire d’encore 80 % le volume actuel grâce à l’utilisation, entre autres, d’un système de retraitement des eaux de lavage des fruits sur place. Des panneaux solaires seront posés cette année, et un projet d’ombrières photovoltaïques (sur le parking du nouvel atelier) est en cours, afin d’arriver à 40 % d’énergie renouvelable pour l’électricité.

"Nous sommes aujourd’hui à 94 % de revalorisation des déchets et souhaitons atteindre les 98 %. Les derniers pourcentages sont toujours les plus difficiles à grappiller", estime Thierry Goubault, PDG de 'Charles & Alice'. Pour cela, un travail sera effectué sur le traitement des déchets organiques par méthanisation, notamment avec un méthaniseur d’Isle-sur-la-Sorgue.

D’ici 2022, tous les emballages seront également recyclables. "Oui, ce sera plus cher pour nous. La transition a un coût. Mais ce n’est pas pour autant que nous ne devons pas aller de l’avant. C’est dans notre mentalité", affirme le P.-D.G. Les premiers pots et gourdes seront commercialisés durant le deuxième semestre de 2021, le reste suivra.

Travailler avec des producteurs locaux

Avec près de 80 % de fruits français, l’entreprise poursuit son engagement auprès des producteurs du territoire. "Nous avons la volonté de travailler avec la filière française locale autant que faire se peut", explique Thierry Goubault. "Et, avec le frais, nous avons intérêt à nous approvisionner au plus proche possible", précise Fabien Ployon. Plus de 75 % des pommes proviennent effectivement du Sud-Est, et 50 % des pommes de la région Paca viennent quant à elles du Vaucluse.

Le nouveau challenge avec la production ? Accentuer la part de contrats d’approvisionnement pluriannuels, comme le développe le P.-D.G. de la marque : "Pour le moment, nous n’en avons que quelques-uns, mais je suis optimiste : si nous arrivons à lisser l’impact des aléas climatiques, ça évoluera". Car, pour l’industrie aussi, les aléas climatiques peuvent avoir un impact. À l’heure actuelle, il encore trop tôt pour dire quel sera celui du gel du mois d’avril, mais pour l’entreprise, "il n’est pas exclu que la part des écarts de tri soit plus importante que d’habitude, et donc que la perte liée soit amoindrie", s’interroge Thierry Goubault. De nouveaux producteurs pourraient d’ailleurs ainsi être amenés à travailler avec eux pour cette saison.

L’équipe rappelle également son investissement auprès des producteurs bio et du label Haute valeur environnementale1. "Tous ces engagements ne sont pas de nouvelles lubies : ils s’inscrivent dans une logique de continuité mise en place depuis 15 ans", souligne le P.-D.G. Chez 'Charles & Alice', l’avenir est fait de fruits et de projets, les futures extensions sont même déjà prévues dans la surface du terrain.

Manon Lallemand


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