Agrivoltaïsme : Qair France et Sun'Agri veulent développer l'agrivoltaïsme dynamique piloté

Publié le 09 mai 2022

Les équipes de Qair France et Sun'Agri se sont retrouvées dans le Vaucluse, le 7 avril dernier, pour sceller le partenariat officialisé fin 2021 entre les deux structures. Elles ont visité le Domaine expérimental de Piolenc, qui abrite depuis cinq an

Les mouvements stratégiques dans le monde en pleine expansion des énergies renouvelables en général, et de l'agrivoltaïsme en particulier, ont commencé. À l'image du partenariat acté entre Qair France et Sun'Agri, la filière se structure au pas de course.

Avec son ensoleillement prisé, le Sud-Est est particulièrement convoité et nombre d'agriculteurs sont démarchés par des opérateurs énergétiques pour mettre à disposition du foncier agricole afin de porter des projets, alors que la pression foncière est déjà notable. Preuve de l'inquiétude grandissante, les Chambres d'agriculture départementales s'en inquiètent1, et le sujet devrait même figurer en bonne place lors de la prochaine session de la Chambre régionale. Mais avec le contexte géopolitique et la guerre en Ukraine, les souverainetés alimentaires et énergétiques de la France sont revenues en force sur la table des dossiers stratégiques agricoles.

Il est donc plus que temps de s'en emparer, d'autant que du côté des entreprises privées aussi, les rapprochements se font jour, à l'image de celui opéré en fin d'année dernière et officialisé le 7 avril dernier entre Qair France (producteur d'électricité) et Sun'Agri, le pionnier de l'agrivoltaïsme également à l'origine de la création de l'association 'France Agrivoltaïsme', qui fédère les différents acteurs de la filière (agriculteurs, énergéticiens, chercheurs...). Avec d’autres parties prenantes, l’association a d'ailleurs lancé en début d'année le tout premier référentiel du secteur avec le label 'Projet Agrivoltai?que de Classe A sur culture', avec la caution d’Afnor certification. Mais ce partenariat n'est pas le seul. En région, on peut aussi citer le rapprochement entre la Société du canal de Provence et Ombréa, ou bien encore la création d'une nouvelle association nationale, Alliance Eva, montée par Reden Solar et qui vise à regrouper des producteurs "qui ont fait le choix de développer et d'optimiser leur culture sous serre agricole photovoltaïque" peut-on lire sur le site de l'association. On murmure déjà que ces sujets seront d'ailleurs au cœur du prochain Med'Agri, en octobre au parc des expositions d'Avignon, mais aussi lors du prochain congrès de Légumes de France, qui se tiendra dans le cadre du salon des cultures méditerranéennes.

Qair s'ouvre au monde agricole

Pour mieux comprendre les problématiques liées à l'agrivoltaïsme, les équipes de Qair France et de Sun'Agri se sont retrouvées le 7 avril dernier, dans le Vaucluse et la Drôme, pour visiter respectivement la serre du domaine 'La Comtesse', à Uchaux, puis le site expérimental de Piolenc avec sa serre agrivoltaïque installée depuis cinq ans, avant de remonter dans la Drôme découvrir la nouvelle structure expérimentale installée à La Sefra, sur une parcelle arboricole de plus de quatre hectares. "Notre métier est de produire des kilowatts d'électricité, puis de les vendre sur le marché. Nous ne sommes pas des spécialistes de l'agrivoltaïsme, mais nous souhaitons nous ouvrir au monde agricole. D'où notre partenariat sur l'agrivoltaïsme dynamique piloté avec Sun'Agri, qui apporte son savoir-faire sur le pilotage et ses solutions modulaires", explique Jérôme Billerey, directeur général France de Qair. L'entreprise est actuellement en pourparlers pour lancer deux projets sur le grand pourtour méditerranéen, en vignes et vergers. Et d'autres devraient suivre.

L'objectif des deux partenaires est d'apporter des éléments permettant à la profession agricole de se positionner sur ces projets, en trouvant le bon équilibre entre production agricole et production d'énergie. "Nous sommes persuadés que les énergéticiens arrivant dans le monde agricole sont aussi un moyen de pérenniser l'agriculture. Mais il faut que les solutions s'adaptent aux problématiques agricoles, ce qui sous-entend un niveau d'innovation élevée et à construire.", poursuit Philippe Rollet, responsable 'Agrivoltaïque' chez Qair France. "La guerre en Ukraine a relancé l'importance de développer une souveraineté énergétique. Or, les énergies renouvelables sont un des leviers, un levier propre et durable, que l'on doit proposer à la filière agricole dans des conditions économiques satisfaisantes", relance Jérôme Billerey. La France s'est dotée d'une Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui prévoit, d'ici 2050, 200 MW en énergie renouvelable : "100 000 mégawatts, c'est 100 000 hectares. Ramenés à la surface agricole utile France, c'est très peu. Et c'est donc là où il faut trouver le bon équilibre" poursuit le directeur général France. "Et le bon équilibre se fera autour de projets intelligents au niveau de l'emprise foncière, en adéquation avec la production agricole et la rentabilité économique des exploitations", complète Philippe Rollet. Il faudra pour cela que la réglementation s'adapte pour, d'une part, notamment trouver un modèle de serre agrivoltaïque qui puisse être aidé, via les aides Pac notamment ; et d'autre part, lever les blocages administratifs qui considèrent par exemple, qu'une serre est de l'artificialisation des sols, donc irréversible (voir encadré).

Céline Zambujo


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